Econostrum | Toute l'actualité économique en Méditerranée


L'Onu confirme l'utilisation de gaz sarin par le gouvernement syrien


SYRIE. Selon une Commission d'enquête de l'Onu, le gouvernement syrien est bien responsable de l'attaque au gaz sarin sur la localité de Khan Cheikhoun.


            Partager Partager

Le bombardement au gaz sarin par les forces gouvernementales syriennes est établit par l'Onu (photo : OSDH)
Le bombardement au gaz sarin par les forces gouvernementales syriennes est établit par l'Onu (photo : OSDH)
SYRIE. Selon le 14e rapport de la Commission d'enquête de l'Onu sur la situation des droits de l'homme en Syrie, le gouvernement syrien est bien responsable de l'attaque au gaz sarin sur la localité de Khan Cheikhoun perpétré le 4 avril 2017. C'est la première fois que les Nations Unies sont aussi formelles sur le sujet. Paulo Sergio Pinheiro, président de cette commission, évoque "des preuves, des sources matérielles, des témoignages de victimes, des images satellitaires, des photos, des analyses techniques militaires" pour étayer ses dires.

Publié mercredi 6 septembre 2017, ce texte d'une trentaine de pages vient en confirmer un autre émanant de l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC) qui arrivait aux mêmes conclusions - sans désigner un coupable - et sur lequel s'est appuyé la Commission mise en place par les Nations Unies. L'OIAC précisait, en juin 2017 - suite à des prélèvements effectués sur dix victimes - que "les résultats d'analyses déjà disponibles sont irréfutables.... et témoignent d'une exposition au gaz sarin ou à une substance similaire".

Selon le rapport de l'Onu, trente-trois attaques à l'arme chimique se sont déroulées en Syrie entre mars 2013 et juillet 2017 dont sept sur la seule période du 1er mars au 7 juillet 2017 visées par la 14e édition de la commission onusienne. Les enquêteurs en imputent vingt-sept au forces gouvernementales syriennes et/ou russes.

Crime de guerre

Les gouvernements turcs et français avaient également affirmé que du gaz sarin avait bien été utilisé ce jour. Paris avait même brandit un rapport démontrant que ce gaz était identique à celui récupéré par la France dans une munition non explosée lors d'un bombardement en avril 2013 à Saraqeb également dans le Nord-Ouest du pays et attribué au gouvernement syrien. Un produit que seul le Centre de recherches et d'études scientifiques de Syrie (CERS) est capable de fabriquer.

La Russie, alors fortement soupçonnée de complicité avec le régime de Bachar el-Assad pour avoir facilité l'attaque au gaz sarin contre Khan Cheikhoun , avait défendu le gouvernement syrien en émettant, par la voix de son président Vladimir Poutine, deux hypothèses : l'explosion d'un entrepôt de stockage de ce gaz mortel appartenant aux rebelles et l'invention pure et simple de ce raid pour justifier une riposte. Moscou réclamait alors "une enquête internationale et impartiale".

C'est bien ce que vient de réaliser la Commission d'enquête de l'Onu sur la situation des droits de l'homme en Syrie qui dément dans son rapport la première explication russe reprise également par le gouvernement syrien : "Au contraire, toutes les preuves disponibles permettent de conclure qu'il existe des motifs raisonnables de croire que les forces aériennes ont lancé une bombe dispersant du gaz sarin".

Le gouvernement syrien - signataire en 2013 d'un accord avec les Etats-Unis et la Russie pour se débarrasser de ces armes chimiques - avait également formellement démenti l'utilisation de gaz sarin. Les armes chimiques sont interdites par le droit international et leur utilisation constitue un crime de guerre comme le rappelle le rapport de l'Onu de ce jour.

Ligne rouge

Ces éléments devraient théoriquement alimenter les travaux du Mécanisme d'enquête international pour la Syrie (MIII), organisme parallèle mis en place par l'Onu le 21 décembre 2016 pour collecter toute information sur les violations de droits de l'homme, les crimes de guerre ou les crimes contre l'humanité. Présidé depuis juillet 2017 par la Française Catherine Marchi-Uhel, le MIII a vocation à accumuler des preuves et monter des dossiers juridiques qui serviront lors des futurs procès concernant ce conflit.

L'attaque aérienne contre Khan Cheikhoun avait fait quatre-vingt sept morts dont trente enfants ainsi que 120 blessés. Washington avait lancé à l'époque, en représailles et depuis deux navires, une soixantaine de missiles Tomahawk. Sa première frappe contre le régime de Damas.

Le rapport de la Commission de l'Onu, qui confirme le franchissement d'une ligne rouge maintes fois évoquées, vient désormais mettre au pied du mur plusieurs dirigeants dont Emmanuel Macron. En mai 2017, face à Vladimir Poutine, le président de la République française avait souligné que "l'utilisation d'une arme chimique par qui que ce soit" ferait "l'objet de représailles et d'une riposte immédiate de la part des Français." Il avait récidivé, en juin 2017, en lançant lors d'une conférence de presse, "quand vous fixez des lignes rouges, si vous ne savez pas les faire respecter, vous décidez d'être faible. Ce n'est pas mon choix... Je serais intraitable à ce sujet."


Mercredi 6 Septembre 2017

Lu 1909 fois




Droits d'auteur et/ou Droits sur les Dessins et Modèles
Le présent site constitue une œuvre dont Econostrum.info est l'auteur au sens des articles L. 111.1 et suivants du Code de la propriété intellectuelle. La conception et le développement dudit site ont été assurés par la société Econostrum.info. Les photographies, textes, slogans, dessins, images, vidéos, séquences animées sonores ou non ainsi que toutes œuvres intégrées dans le site sont la propriété d'Econostrum.info. Les reproductions, sur un support papier ou informatique, du dit site et des œuvres qui y sont reproduits sont interdites sauf autorisation expresse d'Econostrum.info.



Suivez-nous
Facebook
Twitter
Rss
YouTube


Actus par zones

Algérie Bosnie-Herzégovine Égypte Espagne France Grèce Israël Italie Jordanie Liban Libye Maroc Portugal Syrie Tunisie Turquie Europe MENA



RÉFLEXION

Concentration industrielle en Europe : une nécessité autant qu'une opportunité pour la Défense

Frédéric Dubois, ingénieur, diplômé en relations internationales (en disponibilité de la fonction publique)
avis d'expert


LE Guide euroméditerranéen des financements et de la coopération 2019
Guide euroméditerranéen des financements et de la coopération
 30,00 € 
  Prix Spécial | 19,00 €
FICHES FINANCEMENT - FICHES PAYS - ANNUAIRE











À propos d'Econostrum.info


Econostrum.info est un média indépendant qui traite au quotidien l'actualité économique des pays riverains de la Méditerranée. Coopération économique, actualité des entreprises par secteur (Industrie, Services, Transport, Environnement, Finances), dossiers thématiques, actualité des aéroports, compagnies aériennes et maritimes (nouvelles destinations)... sont traités et analysés par une équipe de journalistes présents dans le bassin méditerranéen.