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L'OCDE constate un recul des dépenses pour l'aide publique au développement


L'aide publique au développement des pays de l'OCDE a accusé un repli en 2018. Cette baisse s'explique principalement, notamment en Europe (Grèce, Italie, Portugal), par la chute du nombre d'arrivées de réfugiés.


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L'Agence des Nations unies pour les réfugiés a lancé, en janvier 2019, une campagne mondiale pour appeler le grand public à un meilleur accueil des réfugiés (photo : HCR/Roger Arnold),
L'Agence des Nations unies pour les réfugiés a lancé, en janvier 2019, une campagne mondiale pour appeler le grand public à un meilleur accueil des réfugiés (photo : HCR/Roger Arnold),
MONDE. "Les pays donateurs ne tiennent pas leurs engagements en faveur d'une augmentation du financement au développement pris en 2015, ce qui augure mal de notre capacité à concrétiser les Objectifs de développement durable à l'horizon 2030." En commentant les dernières données de son organisme sur l'aide au développement en 2018, Angel Gurria, secrétaire général de l'OCDE (Organisation de Coopération et de Développement Économique), s'alarme d'un repli des dons, en particulier vers les pays qui en ont le plus besoin.

L'aide extérieure consentie par les donneurs du secteur public, l'aide publique au développement (APD), aurait ainsi baissé de 2,7% par rapport à l'année 2017. Ce recul s'explique, selon le rapport de l'OCDE, "en grande partie par une diminution de l'aide affectée à l'accueil des réfugiés, du fait du reflux du nombre d'arrivées et du durcissement des règles permettant de décompter des budgets d'aide publique certaines des dépenses relatives aux réfugiés".

L'étude se base sur les trente membres du Comité d'aide au développement (CAD) de l'OCDE qui ont consacré 153 mrds$ (135 mrds€) à l'APD en 2018. Cette somme intègre pour la première fois la méthodologie de l'"équivalent-don" permettant une comparaison plus fidèle à la réalité entre les dons (83% de l'APD bilatérale en 2018) et les prêts (17%).

Selon l'ancien calcul, cette aide s'élèverait à 149,3 mrds$ (132 mrds€) et c'est sur ce chiffre que l'OCDE se base pour déterminer les 2,7% de baisse. En revanche, en excluant le traitement et l'accueil de réfugiés, l'aide est restée stable entre 2017 et 2018.

La France parmi les cinq premiers donneurs

Part des prêts dans l'APD bilatérale brute pour des pays du CAD fournisseurs de prêts (Graphique : OCDE)
Part des prêts dans l'APD bilatérale brute pour des pays du CAD fournisseurs de prêts (Graphique : OCDE)
C'est bien sur le paramètre des réfugiés qui influe sur les résultats. Dix-sept pays donneurs ont augmenté leur contribution. Sur le podium se trouvent la Nouvelle-Zélande (+25,6%), l'Islande (+17,4%) et la Corée du Sud (+6,1%). La France occupe la huitième place ex-aequo avec la République slovaque et une progression de 4,4%.

Douze autres l'ont réduite dont, parmi les plus significatifs : L'Italie (-21,3%, le record de baisse), le Portugal (-15,6%), la Grèce (-14,5%), la Finlande (-14,6%) ainsi que l'Autriche (-11,7%). Pour l'ensemble des ces pays (sauf le Portugal) et bien d'autres, le recul se justifierait justement par une baisse du nombre d'arrivées de réfugiés et/ou un financement réduit du coût des réfugiés sur leur territoire.

Les États-Unis restent le principal donneur (34,3 mrds$ - 30,29 mrds€) suivis par l'Allemagne (25 mrds$ - 22 mrds€), le Royaume-Uni (19,4 mrds$ - 17,13 mrds€), le Japon (14,2 mrds$ - 12,54 mrds€) et la France (12,2 mrds$ - 10,77 mrds€). Les pays du G7 ont fourni les trois quarts de l'APD totale, sur la base de l'équivalent-don. Ceux de l'Union européenne apportant 56,5% du total.

La Turquie en tête de l'aide par rapport à son Revenu national brut

Les pays du Sud de l'Europe se trouve mal classés pour les APD en pourcentage de RNB (graphique : OCDE)
Les pays du Sud de l'Europe se trouve mal classés pour les APD en pourcentage de RNB (graphique : OCDE)
Les aides bilatérales au développement accusent une baisse au total de 3% en termes réels, l'aide à l'Afrique de 4% et l'aide humanitaire de 8%. "Moins d'APD va aux pays les moins avancés et aux pays africains où elle est la plus nécessaire. C'est inquiétant", souligne Susanna Moorehead, présidente du CAD. D'autant plus que l'APD apporte plus des deux tiers du financement extérieur total reçu par les pays les moins développés.

Plusieurs pays de l'OCDE ont dépassé le niveau de 0,7% pour le rapport entre l'APD et le RNB (revenu national brut) dont principalement les pays du Nord de l'Europe (Suède en tête à 1,04%). La Turquie, non membre de l'OCDE mais où l'Organisation dispose depuis mai 2018 d'un bureau, communique également ses chiffres et affiche le record de 1,10%. En 2018, ce pays a enregistré une augmentation de son APD de 20,5%, "en raison d'une augmentation de son aide bilatérale", précise l'OCDE.

A titre de comparaison, L'APD représente seulement 0,47% du RNB combiné des Etats membres de l'Union européenne.

L'OCDE propose sur son site un outil interactif permettant de comparer les données de tous les pays en terme d'APD.


 


Vendredi 12 Avril 2019

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