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L'Italie souffre d'une croissance en panne


La politique d’austérité budgétaire a permis une baisse du déficit en 2010, mais l’économie italienne, faute d’un véritable plan de relance, peine à renouer avec la croissance malgré la sortie de crise.



Palazzo Koch, siège de la Banque d'Italie à Rome (photo DR)
Palazzo Koch, siège de la Banque d'Italie à Rome (photo DR)
ITALIE. Avec un déficit de 4,6% du PIB pour 2010, en baisse  par rapport à 2009 (5,4%), l’Italie fait partie des bons élèves de la zone euro. Mais son talon d’Achille reste un endettement très élevé, qui a encore progressé en 2010 pour atteindre 1843 mrds€ en décembre, soit 119% du PIB, un niveau record depuis 1997, selon les dernières estimations publiées par la Banque d’Italie.

Le plan d’austérité pour maîtriser les dépenses publiques, défendu par le ministre de l’économie, Giulio Tremonti, porte ses fruits. L’inflation à 1,88 % est contenue sous les 2% mais le pays fait partie des lanternes rouges pour ce qui est de la croissance, pourtant corrigée à la hausse à 1,3% pour 2010. Et, cette croissance faible pèse sur l’emploi.

Le taux de chômage, 8,6 % de la population active, reste stable, mais plus inquiétant, le nombre de jeunes sans emploi continue à croître pour atteindre les 29%. Et les perspectives pour 2011 et 2012, avec une croissance qui devrait demeurer faible, autour de 1,1%, inférieure en tous cas à la moyenne de la zone euro, estimée pour la même période à 1,6%, ne favorisera pas la création d’emplois.

Portée par une nette amélioration des exportations en 2010 (+ 15,7%), l’économie italienne sort de la crise, mais la consommation domestique, atone, ne contribue pas à la relance de l’activité et les ménages privilégient l’épargne faisant de l’Italie, l’un des pays de la zone euro présentant l’un des plus faibles endettements privés.

Dans l'attente d'un véritable plan de relance

Chiffres exprimés en pourcentage par rapport au produit intérieur brut.
Chiffres exprimés en pourcentage par rapport au produit intérieur brut.
A la différence d’autres pays de la zone euro, déplore Emma Marcegaglia, présidente de la Confindustria, le Medef italien, l’Italie n’a pas accompagné ses efforts pour maîtriser les dépenses publiques des nécessaires réformes structurelles et d’un véritable plan de relance pour renouer avec la croissance, «la priorité» aujourd’hui pour l’économie italienne.

Pour 2011 et 2012, le plan de réduction des dépenses atteint les 25 milliards d’euros pour ramener le déficit à 3,9% puis 2,7% du PIB. Les coupes budgétaires pèsent pour l’essentiel sur les budgets de fonctionnement et d’investissement des régions et collectivités locales dans des secteurs clé comme l’éducation, la santé ou encore les transports entraînant des mouvements sociaux à répétition.

Dans un climat politique délétère avec une majorité gouvernementale éclatée, une opposition à la recherche d’un nouveau souffle, une montée du populisme exploitée par la Ligue du Nord, l’adoption de toute réforme au parlement fait l’objet d’âpres négociations.

Face à un président du conseil, Silvio Berlusconi, compromis dans des affaires de mœurs, d’abus de pouvoir et de corruption, seul le président de la république, Giorgio Napolitano, fait rempart pour imposer le respect de la constitution.

Des syndicats affaiblis

Chiffres exprimés en pourcentage par rapport au produit intérieur brut.
Chiffres exprimés en pourcentage par rapport au produit intérieur brut.
Le printemps arabe, qui ouvre de nouvelles perspectives au sud de la Méditerranée, dans l’immédiat, compte tenu des relations privilégiées de l’Italie avec la Libye et la Tunisie, fragilise les entreprises qui ont investi dans ces pays.   

Dans la Péninsule, les syndicats, affaiblis par la crise et par la crainte des salariés de perdre leur emploi, ont du mal à mobiliser leurs troupes. Fiat a réussi à imposer par référendum, dans ses usines de Pomigliano et de Turin, une sortie de la convention collective nationale de la métallurgie. Un échec pour la CGIL (CGT italienne) qui craint que d’autres groupes industriels ne fassent de même, d’où l’appel de Susanna Camusso, secrétaire général du syndicat, à une grève générale au printemps.
 
Mais le sursaut tant attendu des acteurs socio-économiques pourrait venir de la société civile italienne. Le 13 février 2011, plus d’un million de manifestants, femmes en tête, est descendu dans les rues des principales villes italiennes, pour réclamer la démission de Silvio Berlusconi.


Jeudi 31 Mars 2011

Christiane Navas

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