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L'Institut de la Méditerranée appelle à la territorialisation du défi du changement climatique


A côté des grandes messes que sont les COP et les Medcop, l'Institut de la Méditerranée souhaite que les territoires s'emparent du dossier du changement climatique en proposant leurs propres solutions.



L'Institut de la Méditerranée veut décentraliser les enjeux climatiques (photo : F.Dubessy)
L'Institut de la Méditerranée veut décentraliser les enjeux climatiques (photo : F.Dubessy)
MEDITERRANEE. "Nous aimons tous la Méditerranée. Et quand on aime, il faut protéger et je trouve que nous n'allons pas assez vite !" En ouverture de l'atelier "Changement climatique dans une Méditerranée en transition : un moteur pour l'attractivité des territoires", Jean Roatta, adjoint au maire de Marseille en charge des relations internationales et de la coopération euro-méditerranéenne, a voulu pointer l'urgence à lutter contre ce défi. Pour Henry Roux-Alezais, président de l'Institut de la Méditerranée et trésorier du Femise, "le climat n'est pas un thème parmi d'autres, mais un facteur qu'il faut inclure constamment dans les données."

Cette manifestation, organisée mardi 15 mai 2018 au Conseil départemental des Bouches-du-Rhône à Marseille par l'Institut de la Méditerranée avec le Femise (Forum euroméditerranéen des instituts de sciences économiques) et l'ONG Énergies 2050, tenait à mettre l'accent sur la prise en compte de cette problématique à une échelle plus petite, voire plus judicieuse, que les Etats.
Car au-delà des grandes messes que sont les MedCOP (Marseille 2015, Tanger 2016) et les COP proposées par les Nations unies (21 à Paris, 22 à Marrakech et 23 à Bonn), les villes, départements et régions peuvent aussi apporter des solutions.

"Notre génération politique ne pourra plus dire qu'elle ne savait pas"

Constantin Tsakas prône une réflexion sur le climat mutiacteurs et pluridisciplinaire (photo : F.Dubessy)
Constantin Tsakas prône une réflexion sur le climat mutiacteurs et pluridisciplinaire (photo : F.Dubessy)
"Les territoires ne peuvent pas se contenter de gérer les retombées des politiques nationales. En plus de toutes les solutions techniques, il faut des solutions territoriales, humaines, managériales", insiste Jean-Charles Lardic, directeur de la Prospective de la ville de Marseille. Et de citer l'écoquartier Smartseille implanté dans le périmètre de l'opération d'aménagement Euroméditerranée. "La Méditerranée peut être pionnière de ces nouvelles formes de développement local", indique-t-il. Pour Bruno Genzana, vice-président du Conseil départemental des Bouches-du-Rhône - qui présentera d'ici la fin de l'année 2018 un Plan Environnement portant sur le climat et la biodiversité - "les collectivités locales ont un rôle essentiel à jouer dans cette partition." Après avoir financé, avec l'Ademe, des inserts pour les cheminées des Buccorhodaniens afin de lutter contre la pollution de l'air, Le département prévoit d'ailleurs de s'intéresser aux véhicules électriques. "otre génération politique ne pourra plus dire qu'elle ne savait pas", reconnaît-Bruno Genzana. 

"Le changement climatique risque de perturber la cohésion territoriale et la croissance inclusive", souligne Stéphane Quefelec, expert de l'Institut de la Méditerranée. "Les territoires doivent apprendre les uns des autres d'autant plus que les questions climatiques n'ont pas de frontières", poursuit-il. Stéphane Pouffary constate un "déficit d'ambition et de finances." sur ce dossier. Selon le président d'honneur et fondateur de l'ONG Énergies 2050 basée à Biot dans les Alpes-Maritimes, "l'échelon territorial est hyperpertinent car les pays sont préoccupés par la feuille de route et doivent projeter le fractionnement de l'engagement politique dans les territoires." Stéphane Pouffary parle de "challenge colossal à cause d'un manque de données, de projections, de capacités de financement."

Un guide du changement climatique en Méditerranée

Henry Roux-Alezais, président de l'Institut de la Méditerranée, présente le Guide conçu par Energies 2050 avec son soutien et celui du Femise (photo : F.Dubessy)
Henry Roux-Alezais, président de l'Institut de la Méditerranée, présente le Guide conçu par Energies 2050 avec son soutien et celui du Femise (photo : F.Dubessy)
Au centre des débats de cet atelier figurait le guide 2018 consacré aux défis du changement climatique en Méditerranée édité par Énergies 2050 en collaboration avec l'Institut de la Méditerranée et le Femise. Ses 188 pages poursuivent l'ambition d"offrir un éclairage sur la place spécifique du bassin méditerranéen dans le nouvel Agenda climatique international". Le guide montre une "photographie analytique des initiatives portées par les Etats et les acteurs non-étatiques" pour "permettre le renforcement des dynamiques existantes, et contribuer à la réalisation de l'Agenda des solutions et la mise en oeuvre de l'Accord de Paris".

"La Méditerranée a une richesse d'acteurs, il faut les fédérer pour renforcer cette dynamique dans les actions climats et ainsi mieux les rationaliser et bâtir un agenda commun", explique Guillaume De Laboulaye, responsable programme Climat, Énergie, Bâtiments et territoires durables d'Énergies 2050. Tous les intervenants appellent à ce travail collectif. "Notre savoir collectif peut se traduire en changement", note Stéphane Pouffary. "La réflexion doit être multiacteurs et pluridisciplinaire" ajoute Constantin Tsakas, délégué général de l'Institut de la Méditerranée et secrétaire général du Femise.

Guillaume De Laboulaye,  parle de "défis sans précédents dans l'histoire de l'humanité avec une opportunité de définir un modèle de développement qui intègre les problématiques de changement climatique." Selon lui, "les pays aussi volontaires soient-ils font face à des limites. Il faut aller au-delà de l'échelle nationale avec une vision méditerranéenne."
D'ailleurs, pour Constantin Tsakas, "il ne faut pas jeter la pierre aux pays du Sud de la Méditerranée qui se trouvent en retard sur ce dossier. N'oublions pas le contexte économique et social. Le processus doit être accompagné et s'effectuer dans la durée."

A l'occasion de cet atelier "Changement climatique dans une Méditerranée en transition : un moteur pour l'attractivité des territoires",
l'Institut de la Méditerranée a annoncé la création - comme le dévoilait econostrum.info -  d'une Task force provençale pour le climat d'ici à la fin de l'année 2018. "Elle sera un hub territorial pour fédérer les synergies entre les acteurs qui oeuvrent pour l'environnement et les énergies nouvelles dans la région", précise Constantin Tsakas. "Cette Task force est proposée par l'Institut de la Méditerranée mais nous n'avons pas du tout l'ambition d'un pilotage quelconque. Il s'agit justement de fédérer les forces. Énergies 2050 va nous suivre, le Femise également et d'autres acteurs locaux que nous dévoileront plus tard. Nous sommes en train de faire le tour de toutes ses institutions pour ensuite pouvoir formaliser ce lancement", commente le délégué général de l'Institut de la Méditerranée.




Mardi 15 Mai 2018



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