L’Initiative PME de l'UPM est encore dans le flou

Rédigé le Jeudi 8 Octobre 2009 à 15:37 | Lu 2091 fois


Les contours de la future Initiative PME, l'outil de financement des PME prévue par l’Union pour la Méditerranée (UPM), peinent à émerger. C'est ce qui ressort d'une table ronde organisée par Anima à Marseille. Les participants semblent plutôt favorables à une mise en réseau des acteurs existants pour répondre aux besoins.


Les PME constituent le premier réservoir d’emploi pour demain en Méditerranée (photo DR)
Les PME constituent le premier réservoir d’emploi pour demain en Méditerranée (photo DR)
FRANCE / MEDITERRANEE. « L’Initiative PME », l’outil de financement des PME de la Méditerranée promis par l’Union pour la Méditerranée (UPM) en octobre 2008, tarde à se concrétiser. L’Italie, qui est chargée avec l’Espagne et l’assistance technique de la FEMIP (Banque Européenne d’Investissement), d’en étudier la faisabilité et les contours, était finalement absente du débat organisé à Marseille, par  Anima, dans le cadre de la 3e Semaine économique de la Méditerranée, jeudi 8 octobre 2009.

Un représentant devait pourtant intervenir lors de cette  table ronde consacrée au financement et l’accompagnement des entreprises en Méditerranée. Une absence étonnante alors que l'Italie revendique l’installation de cette nouvelle structure à Milan.

Surliquidités

« Mais qu’allaient-ils faire dans cette galère ? », s’est demandé Julien Aubert, responsable des affaires économiques et des financements de projets à la mission Union pour la Méditerranée de la présidence de la République française.

« L’Italie a répété qu’elle souhaitait un secrétariat économique à Milan, mais la déclaration de Marseille ne le prévoit pas », a souligné Julien Aubert selon lequel, « en réalité, il s’agit de l’agence PME ». Ce dernier souligne toutefois la multiplicité d’intervenants et d’initiatives dans ce domaine du financement des PME. Pour lui, ce serait une erreur de créer une structure pour résoudre le problème. « Une agence pourquoi pas ? Mais il ne faut pas réduire l’"Initiative PME"  à cette agence. Il faut se concentrer sur les missions ».  

L’étude en cours doit montrer à quels besoins l’Initiative PME doit répondre. Mais sans attendre la fin de l’étude, Philippe de Fontaine Vive, vice président de la BEI, en a révélé les premiers enseignements. D’abord, les liquidités pour financer les entreprises sont abondantes. « Certains disent même qu’il y a surliquidité dans la région », a-t-il souligné en notant que « c’est la façon de l’apporter aux PME qui pose problème ».

Vers un système confédéral ?

Autre difficulté : les garanties. « Chacun des Etats essaie de faire en sorte que les banques acceptent de prendre plus de risques mais c’est insuffisant ».

Par ailleurs, les dispositifs européens sont en euros alors qu’il faudrait qu’ils soient en monnaies locales. « Les autorités locales sont-elles prêtes à autoriser les prêts en monnaie locales ? », ce qui suppose de pouvoir lever des capitaux en monnaie locale, demande Philippe de Fontaine-Vive.

Ce dernier souligne également la difficulté pour les fonds à prendre des participations dans les entreprises. « Ce que fait la BIRD à l’Est, pourquoi ce n’est pas possible en Méditerranée ? ». L’AFD (Agence française de développement) a lancé un fonds expérimental de 250 M€. Enfin, le vice-président de la BEI note la nécessité de créer un outil de micro-finance à destination des très petites entreprises.

Fort de ces premiers enseignements, Philippe de Fontaine Vive estime qu’« il faut éviter de se focaliser sur l’agence, sur un lieu précis, les Etats ne sont pas d’accord. Les chefs d’entreprises, en revanche, veulent des financements. Il faut donc aller vers un système confédéral. Il faut que tout le monde se mobilise sans trop de rivalité ».

Les instruments existent

« Il existe plus de 200 instruments et 22 mds$ disponibles pour la région », a renchéri l’Egyptien Alaa Ezz, administrateur de Business Med, la fédération des organisations patronales de Méditerranée. Pour ce dernier, « cela représente 113 sources de financement, dont 43 ouvertes à toutes les entreprises de l’Europe et de la Méditerranée, et 17 aux seules entreprises de la Méditerranée».

Or, souligne Alaa Ezz, « tous les instruments nécessaires existent, mais leur utilisation n’est pas au niveau attendu, les PME ne sachant pas comment y accéder ». C’est pourquoi le consortium MedAlliance, qui rassemble la majorité des forces du développement économique en Méditerranée avec plus d’un millier d’organisations publiques et privées des deux rives, a édité un CDRom recensant toutes ces informations pratiques. Il sera bientôt téléchargeable sur le site internet de MedAlliance.

Le chemin vers l’agence PME semble encore long. Et finalement, ce sera peut-être plutôt un réseau d’acteurs existant avec un secrétariat général adjoint en charge de l’économie et des PME qui pourrait être italien.

Les structures du secrétariat permanent de l’UPM sont achevées. Les Etats doivent les avaliser. Ce pourrait être fait d’ici la fin de l’année 2009 pour une mise en place en juillet 2010 lors de la passation de coprésidence de la France à l’Espagne. 


Dans la même rubrique :
< >

© Copyright Econostrum.info
Conformément au code sur la propriété intellectuelle, toute reproduction ou transmission de cet article est strictement interdite, sauf accord formel d'Econostrum.info


RÉFLEXION

Israël, Iran et Russie : que veut vraiment Donald Trump ?

Roland Lombardi, consultant indépendant, associé au groupe d’analyse de JFC Conseil
avis d'expert


Suivez-nous
Facebook
Twitter
Rss
YouTube



Actus par zones

Algérie Bosnie-Herzégovine Égypte Espagne France Grèce Israël Italie Jordanie Liban Libye Maroc Portugal Syrie Tunisie Turquie Europe MENA





À propos d'Econostrum.info


Econostrum.info est un média indépendant qui traite au quotidien l'actualité économique des pays riverains de la Méditerranée. Coopération économique, actualité des entreprises par secteur (Industrie, Services, Transport, Environnement, Finances), dossiers thématiques, actualité des aéroports, compagnies aériennes et maritimes (nouvelles destinations)... sont traités et analysés par une équipe de journalistes présents dans le bassin méditerranéen.