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L'Europe, championne dans l'art de l'esquive sur la Grèce et les fonds spéculatifs


Accord de principe pour aider la Grèce, mais pas d'explications sur les instruments qui seront utilisés. Report du débat sur le contrôle des fonds spéculatifs à une date ultérieure... Les ministres des Finances de l'Union Européenne ont évité les sujets qui fâchent cette semaine à Bruxelles et tout fait pour ne pas irriter les marchés financiers.


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Pour J-C Juncker, tout est clair désormais (photo DR)
Pour J-C Juncker, tout est clair désormais (photo DR)
EUROPE. Les Grecs attendaient une réponse à leur besoin de trouver 50 mds€ cette année ; les Allemands ne voulaient surtout pas d'une aide européenne pour un pays dont ils critiquent la mauvaise gestion ; enfin les habitants des autres pays européens, eux-mêmes largement touchés par la crise, n'auraient jamais accepté de payer pour renflouer la Grèce….

L'Europe a trouvé de quoi contenter tout le monde. "Toutes les questions politiques ont trouvé une réponse et nous avons clarifié les modalités techniques d'une action coordonnée qui pourra être activée rapidement ", a déclaré Jean-Claude Juncker le 15 mars 2010, à l'issue de la réunion de l'Eurogroupe (rassemblant les ministres des Finances de la zone Euro) qu'il préside.

 "La Grèce n'a demandé aucune aide à ce jour, mais en cas de besoin, nous avons affiné les mécanismes dont l'application potentielle sera décidée par le Conseil européen", a complété le lendemain la présidente espagnole des Affaires économiques et financières du Conseil européen ("Ecofin"), Elena Salgado.

En clair, les pays de la zone Euro, mais aussi les 27 membres de l'Union européenne, ont trouvé un accord pour aider la Grèce en cas de besoin mais le flou reste de rigueur, tant sur le montant de l'aide que sur ses modalités, afin d'éviter toute spéculation.

Tout au plus sait-on que cette aide ne se fera pas sous forme de prêt garanti par l'Europe mais par le biais de prêts accordés dans le cadre d'accords bilatéraux. Quant à son montant, il dépendra du résultat de la levée des fonds que la Grèce va lancer sur les marchés financiers.

Un risque, les fonds spéculatifs attendent l'aide européenne

Et l'UE est prête à aider la Grèce ajoute Elena Salgado (photo DR)
Et l'UE est prête à aider la Grèce ajoute Elena Salgado (photo DR)
L'Europe a donc choisi d'envoyer aux marchés un message rassurant, en saluant les mesures "courageuses" engagées par le gouvernement grec qui devraient lui permettre d'atteindre l'objectif de réduire son déficit public de 4% fin 2010, mais aussi en affirmant haut et fort sa volonté de ne pas laisser tomber un état membre de la zone euro et sa capacité à le faire très vite.

La Grèce reste toutefois sous surveillance très étroite. Bruxelles attend un prochain état des lieux mi mai, ainsi que les prévisions d'Athènes pour 2011 et les réformes du régime de retraite qui seront engagées.

A Bruxelles, les ministres des Finances des 24 ont aussi botté en touche sur le sujet sensible du contrôle des fonds spéculatifs, les fameux Hedge Funds.

Alors qu'on attendait une décision ce mardi 16 mars 2010 pour introduire des règles harmonisées au sein de l'Union Européenne (UE), la présidence espagnole a retiré ce sujet de l'agenda, au grand dam de pays comme la France. "Nous avions compris que 25 pays étaient d'accord pour trouver un compromis. L'Espagne dit qu'il faut encore travailler tout simplement parce qu'un Etat bloque le sujet face à l'ensemble des membres du Conseil. C'est un bien mauvais signal", remarque un porte parole français.

L'objectif serait en fait de ne pas mettre le Royaume-Uni en minorité à l'approche des élections britanniques, alors que le gouvernement de Gordon Brown plaide pour une ouverture assez large des marchés européens aux Hedge Funds étrangers, ce que craignent la majorité des autres pays.

Recherche d'unanimité

Mais les Hedge Funds représentent un risque spéculatif (photo DR)
Mais les Hedge Funds représentent un risque spéculatif (photo DR)
Elena Salgado a beau assurer que le sujet reste une priorité pour la présidence espagnole et sera voté avant la fin du semestre, cet épisode montre bien les difficultés des sociétés occidentales à organiser un contrôle des marchés financiers après les avoir libéralisés dans les années 80.

"Nous avons une obligation de résultat sur ce sujet qui est l'une des décisions du G20. La compétitivité de l'Europe passe par des fondations saines, des services financiers au service de l'économie réelle et pas le contraire", martèle Michel Barnier, le commissaire européen chargé des services financiers en rappelant que certains jours, les Hedge Funds représentent plus de la moitié des transactions "avec des risques systémiques importants".

En vigueur depuis fin 2009, le traité de Lisbonne permet désormais au Conseil européen de voter des décisions sans l'unanimité de ses membres. L'Espagne n'a pas voulu créer un précédent avec ce dossier au risque de faire une nouvelle fois accuser les institutions européennes d'impuissance.

Lire aussi :
La Grèce coincée entre l'Europe et la rue

Brigitte Challiol à BRUXELLES
Mardi 16 Mars 2010

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