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L’État espagnol financera le sauvetage de Bankia


Rédigé le Mercredi 9 Mai 2012 à 17:21 | Lu 1182 commentaire(s)


Mariano Rajoy a justifié ses choix cette semaine sur la radio Onda Cero (photo : Moncloa)
Mariano Rajoy a justifié ses choix cette semaine sur la radio Onda Cero (photo : Moncloa)
ESPAGNE. Le président du gouvernement espagnol et son ministre de l’Économie étaient face à la presse cette semaine pour présenter la mise en œuvre du plan de paiement des créances des Communautés autonomes et des mairies. Malgré l'importance de ce dispositif pour les entreprises espagnoles, toute l'assemblée avait d'abord en tête l'avenir de Bankia, dont les comptes laissent craindre la faillite. Les visages fermés de Luis de Guindos et Mariano Rajoy en disaient long sur la gravité d'un problème qui peut contaminer l'ensemble du système financier espagnol.

Le président du gouvernement espagnol a donc estimé qu'il fallait agir vite pour assurer la sauvegarde d'une banque -cotée en bourse- représentant 318 mrds € d'actifs. Mariano Rajoy a ainsi annoncé la possibilité pour l’État d'intervenir directement pour financer la nécessaire restructuration de Bankia. Une décision d'urgence qui oblige à mettre de côté les impératifs d’économies, même si la mesure aura sans doute beaucoup de mal à passer auprès d'une opinion publique qui subit chaque jour davantage les réductions budgétaires, notamment dans les domaines de la Santé et de l’Éducation.

Premier objectif dans le plan de sauvegarde de Bankia : soulager la banque de ses actifs immobiliers toxiques, qui sont la première cause de cette crise. Le gouvernement présentera vendredi 11 mai 2012 le détail de cette mesure dans le cadre du nouveau décret sur la réforme financière qui doit être adopté en conseil des ministres ce même jour.
On saura alors quelle est l'ampleur du soutien apporté par l’État, et le montant des aides publiques qui sont accordées à Bankia. Avec à la clé une possible nationalisation partielle.

Depuis quatre ans, la politique de restructuration du système financier a déjà coûté 15,5 mrds € à l'Espagne. Sans compter la nationalisation, par l'intermédiaire du FROB (Fonds de Restructuration Bancaire), de Novagalicia Banco, Unnim et CatalunyaCaixa. Cette dernière entité doit retourner au secteur privé d'ici le mois de juillet 2012. Et le trouble provoqué par les déboires de Bankia ne participe pas à opérer cette privatisation dans les meilleures conditions.