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L'Espagne brade ses « actifs toxiques »


Rédigé par , le Mercredi 5 Septembre 2012 - Lu 1059 fois

L'épuration bancaire s’organise en Espagne, avec le transfert prévu des actifs les plus toxiques des banques vers une structure sous contrôle d’État, baptisée « banco malo » (« mauvaise banque »).


Manifestation devant une agence bancaire à Barcelone (photo : FM)
Manifestation devant une agence bancaire à Barcelone (photo : FM)
ESPAGNE. Des appartements financés à 100% par les banques, avec des taux d'intérêt très attractifs 0,5 à 1,25% au dessus de l'indicateur Euribor, là où les taux classiques dépassent 3%, et avec des délais de remboursement pouvant atteindre 40 ans. Le tableau rappelle les temps flamboyants de l'immobilier espagnol. Une époque pas si éloignée qui s'est achevée de manière fracassante en 2008... avec l'éclatement de la bulle immobilière.

Entre décembre 2007 et aujourd'hui, les valeurs immobilières ont chuté de 31% en moyenne en Espagne. Et a contrario, le nombre d'emprunteurs incapables de faire face à leur hypothèque est monté en flèche.

Comment justifier ces soudaines largesses bancaires ? Par la nouvelle réforme financière du gouvernement de Mariano Rajoy. Car les facilités accordées par les banques concernent des biens immobiliers qui leur appartiennent, issus de sociétés immobilières en faillite ou de candidats à la propriété qui n'ont pu faire face à leurs échéances justement. Il s'agit d'assainir les portefeuilles encombrés par ces actifs toxiques, quitte à revoir les prix de ces biens immobiliers à la baisse, avec des « soldes » représentant jusqu'à 60% du prix d'origine !

« Banque toxique »

Il y a urgence. Les banques se préparent en effet à transférer leurs actifs les plus problématiques au sein de la nouvelle structure qui sera créée d'ici la fin de l'année 2012, appelée « banco malo ». Traduisez : « banque mauvaise », « banque malsaine » ou « banque toxique », conformément à la nature des actifs que cette structure devra assumer, pour l'essentiel des biens immobiliers qui n’auront pas trouvé preneur.

Le ministre espagnol de l’Économie, Luis de Guindons, dévoilera les détails du fonctionnement de cette « banque toxique » en novembre prochain. Selon les éléments que le ministère a laissé filtrer, la Banque d'Espagne (par l'intermédiaire du Fonds de Restructuration Ordonnée bancaire), possèderait 50% de son capital. Cette structure bancaire devra écouler ou liquider les « actifs toxiques » qui polluent encore aujourd’hui le fonctionnement du système financier espagnol.

Au final, les pertes seraient donc assumées à parts égales par les banques concernées et l’État.




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