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L'Espagne « fait ses devoirs » et parvient à rassurer


Le vaste plan d'austérité de José Luis Rodriguez Zapatero et l'intervention pour renforcer les capacités financières des caisses d'épargne ont permis de sortir l'économie espagnole de l'ornière. Mais l'avenir reste incertain, à cause notamment d'un taux de chômage record de 20%.


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L'Espagne ralentit ses investissements publics (photo F.Dubessy)
L'Espagne ralentit ses investissements publics (photo F.Dubessy)
ESPAGNE. « La situation économique en Espagne est insoutenable », titrait le journal anglais The Economist, en fin d'année 2010. 

Depuis cette date, il semble que le mauvais élève de la classe européenne ait « fait ses devoirs », selon l'expression employée outre-Pyrénées par tous les médias, après la visite de la « maîtresse » chancelière allemande, Angela Merkel. 

Il faut dire que tout au long de l'année 2010, le gouvernement de José Luis Rodriguez Zapatero a pris des mesures drastiques pour apparaître comme un bon élève au sein de la Communauté européenne avec notamment la baisse de 5% du salaire des fonctionnaire, le ralentissement des investissements publics, et l'obligation pour chaque communauté autonome de limiter ses dépenses de 10 %. 

Un accord a également été trouvé avec les syndicats pour repousser l'âge de la retraite à 67 ans d'ici 2027, moyennant 37 ans de cotisations. Et les grandes manœuvres ont été menées dans le secteur bancaire pour colmater les brèches qui risquaient de conduire à la faillite certaine des opérateurs. 

Cette politique de renforcement du secteur financier espagnol se traduira par la quasi-disparition des caisses d'épargne du pays, qui seront transformées en banques. Le gouvernement espère donc récolter les fruits de cette politique au cours des prochains mois. 

L'emploi se dégrade encore

Chiffres exprimés en pourcentage par rapport au PIB
Chiffres exprimés en pourcentage par rapport au PIB
Malgré une progression de PIB pratiquement nul au cours du troisième trimestre 2010. Malgré aussi une consommation en panne qui affichait une baisse de 4,4 % au cours du quatrième trimestre de 1010, à cause notamment de l'augmentation de TVA appliquée en juillet 2010 par le gouvernement de José Luis Rodriguez Zapatero. 

Mais le grand point noir économique de l'Espagne reste bien évidemment l'emploi, avec une augmentation supplémentaire de 2,3% du nombre de chômeurs en 2010. Le taux de chômage atteint donc désormais 20% de la population active, et une détérioration est encore annoncée pour 2011, avec une progression de 0,4% du nombre de sans-emploi. 

De fait, les perspectives économiques pour les prochains mois sont plutôt négatives en Espagne, même si le PIB, en retrait de 0,2% en 2010 (1.061 mrds €), devrait reprendre la voie de la croissance. selon le cabinet de conjoncture et de statistiques FUNCAS, émanant des caisses d'épargne, le PIB pourrait augmenter de 0,8% en 2011. 

Reste que la dette publique de l'Espagne a progressé pour représenter 60,1% du PIB au dernier trimestre 2010 avec 638,767 mrds€. Alors, certes, ces chiffres sont meilleurs que ceux attendus par le gouvernement espagnol qui tablait sur 62,8% du PIB, mais la dette est la plus importante en proportion depuis 1999.

L'immobilier toujours en crise

Chiffres exprimés en pourcentage par rapport au PIB
Chiffres exprimés en pourcentage par rapport au PIB
Finalement, l'Espagne ne sortira pas des turbulences tant qu'elle n'aura pas réglé le gros problème qui a précipité le pays dans la crise, en 2008. Les investissements dans le secteur de la construction, du bâtiment et des travaux publics continueront de diminuer au cours des prochains trimestres. Le logement n'a pas encore réalisé l'ajustement entre l'offre et la demande, malgré une baisse des prix qui atteint 10,6 % en 2010. 

La diminution devrait se poursuivre au cours de 2011, avec une diminution estimée de 7,3 % des prix de l'immobilier. Cette difficulté à surmonter la crise immobilière révèle aussi la dépendance de l'économie espagnole à ce secteur qui a été le moteur principal de la croissance du pays. 

Elle met aussi en lumière la faiblesse des activités industrielles, essentiellement portée par l'automobile, et par conséquent très dépendante de la consommation interne. 

Un autre problème s'ajoute au fil des mois : l'augmentation inexorable des prix du pétrole, qui a déjà coûté 6 mrds € à l'Espagne en 2010. D'où la politique en faveur du nucléaire qui vient d'être lancée par le ministère de l'Industrie, visant en grande partie à combler un déficit énergétique qui atteint 4% du PIB en Espagne.


Lundi 28 Mars 2011

Francis Mateo, à BARCELONE

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