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L’Égypte prévoit de vendre pour 24 mrds$ d'actifs publics


Rédigé par , le Lundi 16 Mai 2022 - Lu 583 fois

L’Égypte envisage d'attirer 10 mrds$ d'investissements privés par an sur quatre ans et va donc céder des participations dans les entreprises et les projets détenus par l’État. English version


Le premier ministre égyptien annonce la cession d'actifs publics aux investisseurs privés (photo: Gouvernement égyptien)
Le premier ministre égyptien annonce la cession d'actifs publics aux investisseurs privés (photo: Gouvernement égyptien)
ÉGYPTE. Le gouvernement égyptien a présenté, dimanche 15 mai 2022, un plan comprenant des mesures urgentes pour soutenir le secteur privé égyptien, améliorer le climat des affaires et attirer les investissements directs étrangers.

Moustafa Madbouly, Premier ministre, souhaite que les investissements privés atteignent 65% du total du pays d'ici trois ans, contre environ 30% actuellement. Il va donc ouvrir le capital d'entreprises de différents secteurs détenues aujourd'hui par l'État égyptien. "Nous proposerons au secteur privé des projets dans le domaine des véhicules électriques, des centres de données, des réseaux pour le pétrole et le gaz et l'expansion des usines de liquéfaction du gaz, des tours de communication et de l'énergie éolienne", précise Mousatafa Madbouly. Ceci dans un premier temps.

Car, le Premier ministre entend aller beaucoup plus loin dans la privatisation de l'économie égyptienne en cédant ses participations dans des projets d'énergie renouvelable, d'usines de dessalement de l'eau de mer. Il va jusqu'à évoquer également des actifs éducatifs et bancaires.

Programme de partenariat de l’État avec le secteur privé

Le plan inclut des procédures de licences et d'agréments facilitées pour les projets des investisseurs privés qui disposeront d'une réponse en vingt jours ouvrables. Il propose aussi "l'informatisation des procédures de déclaration d'impôt avec annulation de 60% de la paperasserie et son remplacement par des procédures mécanisées d'enregistrement des documents financiers et d'inspection fiscale".

Cette nouvelle stratégie repose sur un programme de partenariat avec le secteur privé d'une valeur de 10 mrds$ (9,60 mrds€) par an sur quatre ans, incluant la promotion du partage des actifs de l'État avec le secteur privé. Une nouvelle carte des investissements, la troisième version, sera prochainement publiée et permettra de mieux identifier la présence de l'État dans les différents secteurs économiques. Elle facilitera "le retrait total ou partiel de l'État dans un certain nombre de secteurs économiques prioritaires, compte tenu de la contribution de ces secteurs à la production économique, à l'emploi et à la promotion de l'attraction des investissements directs étrangers", précise un communiqué gouvernemental.

De l'argent frais nécessaire pour répondre aux problèmes du pays qui voit ses recettes fondre, accuse un fort déficit budgétaire et n'arrive pas à enrayer la chute de sa monnaie, dévaluée récemment de 17%. Le plan présenté comprend d'ailleurs l'objectif de réduire la dette publique sur quatre ans pour la ramener à 75% du PIB d'ici à la fin juin 2026.

Douze entreprises concernées dans un premier temps

L'Égypte affronte une baisse de la fréquentation touristique, un secteur phare apporteur de devises. Elle doit aussi, à cause de la guerre en Ukraine, payer plus cher ses importations de blé (hausse de 128% de son prix au niveau mondial) alors que sa politique de subventions alourdit encore plus la facture. Producteur, le pays est aussi le premier importateur mondial de cette céréale et ses principaux pays fournisseurs (85% de ses approvisionnement) sont l'Ukraine et la Russie. Elle compte aussi sur eux pour 73% de son huile de tournesol. L'un des points du plan vise à "développer la culture du blé pour couvrir les deux-tiers des besoins du marché local et fournir des biens stratégiques à des prix réduits en augmentant le nombre de points de vente du gouvernement dans les zones rurales et urbaines ainsi qu'en maintenant les subventions sur le pain malgré la hausse du prix".

Voici quelques années, le gouvernement égyptien envisageait la cession de parts minoritaires de vingt-trois entreprises publiques d'ici à 2028. Mais rien n'avait jusqu'à ce jour encore été mis en œuvre, pour y parvenir. Cette annonce du dimanche 15 mai 2022 relance donc ce programme et table, pour le moment, sur la mise en vente d'actions de douze entreprises appartenant au secteur public et à l'Organisation nationale des produits de service pour une valeur totale de 9,14 mrds$ (8,78 mrds€). "En outre, vingt-et-une résolutions seront émises, visant à stimuler le marché boursier et à augmenter sa compétitivité au niveau régional et international", précise le gouvernement. Le Premier ministre a d'ores et déjà indiqué préparer la mise, "rapidement", sur le marché de 15 mrds$ (14,41 mrds€) d'actifs supplémentaires.

Les services de Moustafa Madbouly publieront, fin mai 2022, une liste des secteurs. Elle comprendra trois parties: ceux dans lesquels l'État veut se retirer partiellement, ceux où il cédera des participations minoritaires et ceux dont il restera majoritaire. "L'État égyptien s'engage à respecter les principes de neutralité concurrentielle afin de garantir que les investissements publics n'entrent pas en concurrence déloyale avec le secteur privé", insiste le gouvernement.




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