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L’Algérie renonce aux privatisations


Rédigé par Acia Kaci, à ALGER, le Jeudi 26 Mars 2015 - Lu 3839 fois

Le gouvernement algérien a définitivement retiré le terme de "privatisation" du projet de loi relatif à l’investissement soumis au vote des députés en cette session de printemps.


Le projet de loi relatif à l’investissement  sera bientôt soumis au vote des députés (photo CC-Magharebia)
Le projet de loi relatif à l’investissement sera bientôt soumis au vote des députés (photo CC-Magharebia)
ALGÉRIE. La nouvelle loi sur l'investissement déposé à l’Assemblée populaire nationale (APN) par le ministère de l’Industrie et des mines privilégie le soutien aux grands groupes industriels nationaux et bannit toute idée de privatiser les entreprises publiques a affirmé dernièrement le ministre du secteur Abdessalem Bouchouareb. Il entendait ainsi apaiser les esprits suite à une nouvelle controverse sur le sujet sensible des privatisations.

Le nouveau président du Forum des chefs d’entreprise (FCE), Ali Haddad avait récemment réclamé au gouvernement l’ouverture de tous les secteurs à l’initiative privée, y compris le secteur stratégique de l’énergie.

Tirant un bilan négatif de la politique de privatisation, les syndicalistes de la grande zone industrielle de Rouiba (30 km à l’Est d’Alger) avaient réagi à ces propos en organisant un grand rassemblement local et en menaçant de paralyser toutes les usines de la zone.

Abdessalem Bouchouareb, ministre de l'Industrie
Abdessalem Bouchouareb, ministre de l'Industrie

Controverse politique

Ils ont été soutenus par le Parti des travailleurs (PT) de Louisa Hanoune accusant Abdessalem Bouchouareb d’avoir bradé l’entreprise publique des Cycles et des Motocycles et Applications (CYCMA) située à Guelma (493 km à l’Est d’Alger) en ouvrant son capital à une petite entreprise d’importation de scooters asiatiques.

Député PT de Guelma, Smaïn Kouadria a affirmé que " le bradage des entreprises publiques a commencé sous l’ère de Bouchouareb et Ali Haddad dans le cadre de la nouvelle configuration de création des nouveaux groupes industriels."

Le ministre a rétorqué en affirmant ne pas avoir ouvert le capital d’une seule entreprise publique. Il a toutefois précisé que lorsque l’ouverture du capital des entreprises serait entamée, "nous le ferons sans le cacher."

Changement de méthode

Au-delà de la volonté immédiate du gouvernement d’éviter l’ouverture d’un terrain de confrontation avec la base syndicale, le pouvoir algérien s'engage dans un changement de méthode sur la question depuis, notamment, la conférence nationale sur le développement économique et social tenue en octobre 2014.

En matière de privatisation, le passage en force mené dès 1994 dans le cadre de l’application du plan d’ajustement structurel (PAS) du FMI a échoué. Seules 300 entreprises publiques ont été privatisées au profit d’entrepreneurs algériens ou étrangers. Le président Abdelaziz Bouteflika a tiré publiquement un bilan négatif de cette méthode en juillet 2007. Les syndicalistes et de nombreux partis d’opposition qualifiaient alors ces privatisations de bradage.

Tirant les leçons de cette expérience, le gouvernement a choisi d’associer le secteur privé algérien ou étranger aux entreprises du secteur public en ouvrant progressivement leur capital. Il espère ainsi créer un climat de confiance et amener les patrons privés à passer à une gestion rigoureuse du secteur industriel.

Cette démarche sera-t-elle couronnée de succès ? Personne ne peut l’assurer tant la question de la propriété juridique du secteur d’Etat reste sensible en Algérie.




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