Econostrum | Toute l'actualité économique en Méditerranée


"L'Algérie devra renoncer au tout hydrocarbure"


Président de l'association Ecomed 21 qui oeuvre en faveur du développement durable dans l'aire méditerranéenne, Farid Yaker livre, pour econostrum.info, et à l'occasion des 7e Rencontres internationales de Cybèle (9 juin 2016 à Marseille), sa vision sur le frein au développement des énergies renouvelables en Algérie. Cet économiste algérien spécialisé sur les questions de développement durable des pays du Sud et la coopération Nord-Sud, administre également un programme PNUD (programme des Nations Unies pour l'environnement) en charge des achats publics durables.


            Partager Partager

Avec le contexte économique, tout devient plus difficile selon Farid Yaker (photo F.Dubessy)
Avec le contexte économique, tout devient plus difficile selon Farid Yaker (photo F.Dubessy)
econostrum.info : Votre pays l'Algérie arrivera-t-il à renoncer un jour à la place prédominante des hydrocarbures dans son économie ?

Farid Yaker : L'Algérie sera forcée de le faire comme nous le montrent les récents événements et notamment la baisse du prix du pétrole. Il a fallu en arriver là pour prendre conscience de la nécessité de diversifier et de rééquilibrer l'économie.
Contrairement à d'autres pays comme l'Équateur qui a opéré une transition depuis dix ans. Les gouvernants de ce pays ont compris que les hydrocarbures étaient une ressource non renouvelable et que s'ils voulaient garantir la prospérité future, il fallait mettre en place des réformes structurelles pour réorienter l'économie. Malheureusement, l'Algérie commence juste cette réflexion mais, à un moment où elle dispose de beaucoup moins de disponibilités financières à utiliser pour réussir cette transition. Tout devient plus difficile dans ce contexte. Ceci va donc prendre du temps, mais nous n'avons pas le choix.

La découverte de gaz de schiste ne va-t-elle pas renforcer la tentation du tout hydrocarbures ?

F.Y. : C'est plus complexe que cela. En Algérie, le gaz de schiste en dessous de 80$ n'est pas rentable. Nous sommes actuellement à 50$, donc nous n'en parlons plus. Ajoutons à cela la vulnérabilité, les conditions de l'éco-système saharien avec les risques sur les nappes phréatiques, la mobilisation des populations contre une simple tentative d'exploration à In Salah qui a fait, il faut le reconnaître, reculer le gouvernement, je pense que cette option n'est plus du tout étudiée.

En plus, une exploitation supposerait des investissements énormes et, comme je le disais précédemment, nous ne sommes pas en mesure en ce moment de les engager. 
Les Américains ont déjà fait ces investissements et disposent de coûts de revient à 40 ou 50 $ mais la situation en Algérie apparait différente. Nous en reparlerons peut être dans dix ans, mais alors, les Américains arriveront à un niveau tel que ce ne sera sans doute pas plus d'actualité.

"Rien ne se fera sans une politique publique"

Farid Yaker réclame une politique publique pour développer les énergies renouvelables (photo F.Dubessy)
Farid Yaker réclame une politique publique pour développer les énergies renouvelables (photo F.Dubessy)
Pour en venir aux énergies non renouvelables, Sonelgaz vient de repousser son programme de financement consacré à ce secteur. Pensez-vous qu'ils le feront un jour ?

F.Y. : Effectivement, j'ai noté ce report. Pourtant, les énergies renouvelables sont appelées à se développer si nous voulons exploiter ce potentiel, exporter plus de pétrole et donc en consommer moins sur le marché intérieur. En plus, cette option deviendra rentable dans le futur. Sonelgaz vient de faire appel au marché international pour financer ses investissements. Ceci pourrait bien profiter aussi au secteur des énergies renouvelables.

Mais, encore une fois, il faut que l'économie algérienne soit capable de se mettre en ordre de marche. Que les entreprises qui le souhaitent puissent investir dans ce domaine tout en bénéficiant d'un climat des affaires propice.

Sur l'éolien, le photovoltaïque, où se situe l'Algérie ?

F.Y. : Nous comptons très peu d'éolien alors que dans une dizaine d'années cette énergie deviendra moins chère que les hydrocarbures. Le photovoltaïque se développe par contre. Il existe même des fabricants algériens de panneaux solaires qui émergent. Mais, rien ne se fera sans une politique publique d'incitation dans ce domaine et la mise à disposition de moyens financiers. Y compris ceux en provenance de la coopération internationale.

Propos recueillis par Frédéric Dubessy

Mardi 14 Juin 2016

Lu 4884 fois




Droits d'auteur et/ou Droits sur les Dessins et Modèles
Le présent site constitue une œuvre dont Econostrum.info est l'auteur au sens des articles L. 111.1 et suivants du Code de la propriété intellectuelle. La conception et le développement dudit site ont été assurés par la société Econostrum.info. Les photographies, textes, slogans, dessins, images, vidéos, séquences animées sonores ou non ainsi que toutes œuvres intégrées dans le site sont la propriété d'Econostrum.info. Les reproductions, sur un support papier ou informatique, du dit site et des œuvres qui y sont reproduits sont interdites sauf autorisation expresse d'Econostrum.info.

Publireportage


Le climatiseur mobile, le bien-être à portée de main


Publireportage
Publireportage Castorama




Suivez-nous
Facebook
Twitter
Rss
YouTube

RÉFLEXION

Concentration industrielle en Europe : une nécessité autant qu'une opportunité pour la Défense

Frédéric Dubois, ingénieur, diplômé en relations internationales (en disponibilité de la fonction publique)
avis d'expert


Actus par zones

Algérie Bosnie-Herzégovine Égypte Espagne France Grèce Israël Italie Jordanie Liban Libye Maroc Portugal Syrie Tunisie Turquie Europe MENA




LE Guide euroméditerranéen des financements et de la coopération 2019
Guide euroméditerranéen des financements et de la coopération
 30,00 € 
  Prix Spécial | 19,00 €
FICHES FINANCEMENT - FICHES PAYS - ANNUAIRE











À propos d'Econostrum.info


Econostrum.info est un média indépendant qui traite au quotidien l'actualité économique des pays riverains de la Méditerranée. Coopération économique, actualité des entreprises par secteur (Industrie, Services, Transport, Environnement, Finances), dossiers thématiques, actualité des aéroports, compagnies aériennes et maritimes (nouvelles destinations)... sont traités et analysés par une équipe de journalistes présents dans le bassin méditerranéen.