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L'Algérie confrontée à la double crise de la Covid et de la chute du prix du pétrole



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L'Algérie n'a pas su s'affranchir du pétrole et en paie aujourd'hui le prix. Photo FD
L'Algérie n'a pas su s'affranchir du pétrole et en paie aujourd'hui le prix. Photo FD
ALGÉRIE. La crise de la Covid et ses implications économiques ont fait perdre plus de la moitié de sa valeur à la principale, pour ne pas dire la seule, ressource de l'Algérie. Alors que les économistes prévoyaient un cours du pétrole évoluant aux alentours de 70 $ du baril sur les trente prochaines années, il se traîne péniblement entre 30 et 40 $. Et cela devrait durer en raison de la récession attendue partout dans le monde. Parallèlement, le prix du carbone va grimper.
 
Cet effet ciseaux est en train de ruiner l'Algérie. Selon la Banque d'Algérie, les établissements financiers du pays ont perdu plus de 40% de leurs liquidités, pour passer sous la barre de 7 mrds€ en mai 2020. Et encore, cet effondrement est calculé au taux officiel de change du dinar. Car sur le marché parallèle, la monnaie algérienne ne vaut presque plus rien. Alors que le dinar algérien s’échangeait sous le manteau contre un dirham marocain (MAD) à la fin du siècle dernier, il ne vaut plus dans la rue que deux centimes de MAD. Il faut aujourd'hui 200 dinars pour obtenir un euro au marché noir.
 
Les réserves officielles de change fondent comme neige au soleil. Elles ont baissé de 3,8 mrds$ entre décembre 2019 et mars 2020. Ce recul s'inscrit sur la durée, car déjà au premier trimestre 2019 l'Algérie voyait s'évaporer 7,3 mrds$ de réserves. La chute vertigineuse de l'Algérie ne date donc pas d'hier. Mais le pays ne semble pas en mesure de la ralentir, et encore moins de la stopper. Car la dégringolade du prix de l'or noir n'est pas seulement conjoncturelle. Total, Shell et plus récemment BP sont d'ailleurs en train de changer leur fusil d'épaule en misant sur l'électricité et provisionnent des pertes sur leurs activités pétrole.
 
Pour lutter contre un déficit de la balance commerciale sans cesse plus important, l'Algérie multiplie les barrières aux importations et les mesures d'austérité, ce qui paralyse certains secteurs et fait fuir les investisseurs étrangers.
 
La Banque d'Algérie table sur une baisse de -2,6% du PIB en 2020. Mais la Banque Mondiale prévoit elle pour 2020 un recul de -6,4% du PIB algérien, puis une croissance de 1,9% en 2021. Des chiffres nettement inférieurs aux prévisions pour les autres pays de la région Mena (Moyen-Orient et Afrique du Nord ). Les voisins marocains et tunisiens devraient ainsi afficher en moyenne 2% de croissance de plus que l'Algérie.

Gérard Tur
Mardi 16 Juin 2020

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