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L'Algérie change de ministres des Finances et de l'Energie


Rédigé le Jeudi 25 Juin 2020 à 11:03 | Lu 1279 commentaire(s)


Abdelmadjid Tebboune change déjà son gouvernement, moins de six mois parès sa nomination (photo : DR)
Abdelmadjid Tebboune change déjà son gouvernement, moins de six mois parès sa nomination (photo : DR)
ALGÉRIE. Le remaniement ministériel décidé, mardi 23 juin 2020 tard dans la soirée, par le président algérien Abdelmadjid Tebboune touche principalement deux portefeuilles essentiels pour le pays : les Finances et l'Énergie. Deux hommes clefs ont été propulsés à leur tête alors que l'Algérie s'empêtre dans des difficultés économiques (chute du prix du pétrole qui représente plus de 90% de ses recettes extérieures et crise sanitaire) et sociales.

Abdelmadjid Attar, ancien Pdg de Sonatrach (de 1997 à 2000), l'entreprise publique des hydrocarbures, devient ministre de l'Énergie. Il remplace à ce poste Mohamed Arkab, lui-même nommé au ministère des Mines, portefeuille nouvellement créé et auparavant rattaché à l'Industrie. Abdelmadjid Attar devra faire "oublier la rente énergétique et travailler sur le production de nouvelles richesses à moyen terme", comme il l'a indiqué. Parmi ses tâches essentielles figure aussi l'accompagnement du fleuron algérien Sonatrach qui va baisser son budget 2020 de 50%, soit de 7 mrds$ (6,5 mrds€). Un nouveau ministère de la Transition énergétique et des Energies renouvelables a été créé et confié à Chems Eddine Chitour (ex-ministre de l'Enseignement supérieur).

Aymen Ben Abderrahmane, gouverneur de la Banque centrale, succède à Abderrahmane Raouya aux Finances. Il devra composer avec les décisions présidentielles de réduire de moitié le budget de fonctionnement de l'Etat et de diminuer la facture des importations de 41 à 31 mrds$ (38 à 28 mrds€). L'Etat algérien va également renoncer à recourir aux cabinets d'expertise étrangers pour ses grands projets. Ceci devrait lui permettre d'économiser 7 mrds$ (6,5 mrds€) par an. Selon le Fonds monétaire international (FMI), l'Algérie devrait voir son PIB chuté de 5,2% en 2020. Comme son prédécesseur, Abdelmadjid Tebboune refuse de recourir aux organismes financiers internationaux (comme le FMI) pour obtenir des prêts. Le président algérien invoque "la souveraineté nationale" pour appuyer cette décision.

Le président algérien parle de "vulnérabilité" de son économie

Ce changement, moins de six mois après l'annonce de la formation du deuxième gouvernement d'Abdelaziz Djerad, touche aussi, notamment, le tourisme (Mohamed Hamidou), l'agriculture (arrivée d'Abdelhamid Hamdane), les transports (Lazhar Hani, ex-numéro un de CMA-Algérie) et l'enseignement supérieur (Abdelbaqi Benziane). Le secrétariat d'Etat chargé de la Diaspora passe de Rachid Bladehane à Samir Chaabna, élu sur la circonscription de Marseille. Abdelmadjid Tebboune conserve son poste de ministre de la Défense.

Le remaniement se justifie par "la vulnérabilité" de l'économie algérienne, selon les propres mots du président qui précise "en raison de notre négligence pendant des décennies à la libérer de la rente pétrolière." Selon la banque centrale, les réserves de change sont tombées sous les 60 mrds$ (55 mrds€) contre 79,88 mrds$ (73 mrds€) fin 2018 et 97,22 mrds$ (88,8 mrds€) fin 2017.

Le gouvernement Djerad I comprenait trente-neuf membres dont vingt-huit ministres, sept ministres délégués et quatre secrétaires d'Etat. Djerad II est composé de quarante-et-un membres dont trente-deux ministres, six ministres délégués et deux secrétaires d'Etat.




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