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Korres mise et gagne sur la cosmétique naturelle


Avoir un bénéfice annuel à deux chiffres, conquérir de nouveaux marchés, faire des produits bio, du social, et avoir une marque synonyme de qualité, c‘est possible et le groupe Korres, spécialisé dans les cosmétiques vendus en pharmacie, en est la preuve vivante.


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Le produit phare de Korres, la ligne de crèmes de soins "pin noir" (photo Korres)
Le produit phare de Korres, la ligne de crèmes de soins "pin noir" (photo Korres)
GRÈCE. Avec une augmentation de 29% de ses ventes en 2014 à 50,6 M€, le groupe grec Korres surfe sur le marché de la cosmétique bio. Korres, c'est l'histoire d'un jeune pharmacien d'Athènes, George Korres, qui crée un jour de 1996, dans le fond de son officine homéopathique, un sirop contre la toux et une première crème de soins à base de plantes. Depuis, ces produits, et bien d'autres, se distribuent en pharmacie mais se trouvent également comme produits d'accueil dans les hôtels de luxe et dans les duty free.

Clé de la réussite, ses parts de marché ne cessent de se développer et pas seulement en Grèce. «Notre groupe a doublé ses ventes à l’étranger» confie Dimitris Vidakis, vice-président de Korres. «Essentiellement vers les États-Unis, en Amérique latine, mais aussi dans les marchés comme l’Allemagne et l’Espagne, mais depuis deux ans la priorité des ventes en Europe est donnée à la France. »

Dans le même temps, malgré la crise qui sévit dans le pays, les ventes en Grèce ont augmenté de 2%. Dimitris Vidakis y voit le résultat d’une politique de prix particulièrement adaptée au pays et d’une implantation très étendue. Le groupe Korres travaille avec 6 500 pharmacies dans tout le pays, quotidiennement visitées par une équipe de cinquante personnes qui vérifient les besoins des points de vente.

En fait, le secteur de la cosmétique écologique non seulement ne connaît pas la crise en Grèce, mais en plus permet au pays d’exporter des produits à forte valeur ajoutée grâce à une flore unique de 6 500 plantes utilisées depuis Hippocrate dans tout le pays, dont 1 250 ne poussent qu’en Grèce.

Le  groupe Korres, lui, met un point d’honneur à traiter avec des coopératives ou des villages éparpillés dans tout le pays faisant ainsi vivre 5 000 familles. «Si une plante se trouve dans deux régions différentes du pays, nous travaillerons avec celle qui est le plus touchée par le chômage» explique fièrement Dimitris Vidakis. Son groupe a également fait le choix, malgré la crise, d’investir, chaque année depuis trois ans, 5% de ses gains dans la recherche.

Une flore unique, source de richesses insoupçonnées

Dimitris Vidakis, vice-président de Korres, donne la priorité en Europe au développement en France (photo Korres)
Dimitris Vidakis, vice-président de Korres, donne la priorité en Europe au développement en France (photo Korres)
A partir de matières premières brutes comme la verveine, la lavande, l’ortie, la camomille et les dérives de l’apiculture, Korres extrait des huiles essentielles et des essences puis conçoit des cosmétiques et produits pharmaceutiques, exclus de silicone ou parabène.
«Nous lançons, chaque année, de nouveaux produits» souligne Katerina Traka, cadre de la société.

Présent sur trente marchés, Korres a commencé à pénétrer l’Amérique latine en 2014 via le Brésil, grâce à une alliance stratégique avec la société américaine Avon. «Au Brésil les ventes de cosmétiques se font essentiellement  au porte à porte. Dans ce type d’implantation les meilleurs c’est Avon, explique Dimitris Vidakis, alors qu’aux États-Unis c’est plus conventionnel.»

Une filiale a été d’ailleurs inaugurée en 2014 en Amérique du Nord, alors que bientôt une partie des produits Korres à destination des Amériques sera produit au Brésil. Cependant, les plantes qui ne poussent qu’en Grèce seront envoyées sur place. «D’ailleurs, 90% des nos exportations sont fabriquées en Grèce actuellement» renchérit Katerina Traka.

Cette année, son produit-phare, la ligne de crème de soins aux aiguilles de pin noir qui a raflé toute une série de prix, a été proclamée «produit de l’année» par le magazine féminin Marie Claire Grèce.

Les cosmétiques naturels ne représentent que 3% de l'industrie mondiale du secteur. Mais, c’est un marché croissant entre 15 et 20%, chaque année, dans lequel les Grecs, avec leur flore unique, disposent de toute leur chance.

Vendredi 24 Avril 2015


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