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Kaïs Saïed élu haut la main président en Tunisie


Rédigé par le Lundi 14 Octobre 2019 | Lu 1439 commentaire(s)


Kaïs Saïed est le nouveau président tunisien (photo : DR)
Kaïs Saïed est le nouveau président tunisien (photo : DR)
TUNISIE. En obtenant 76,9% des voix face à son adversaire Nabil Karoui, selon l'institut Sigma Conseil, Kaïs Saïed emporte la présidentielle tunisienne anticipée de ce dimanche 13 octobre 2019. Une autre société de sondage, Emrhod Consulting, annonce 72,53% pour le vainqueur. Il faudra attendre le verdict officiel de l'Instance supérieure indépendante pour les élections (Isie), et sans doute mardi 15 octobre 2019, pour connaître le taux exact, mais le résultat ne souffre d'aucune contestation. L'Isie a confirmé une participation de 57,8% pour 70% des bureaux alors que pour le premier tour, moins d'un Tunisien sur deux en âge de voter (49%) s'était déplacé aux urnes.

"Aujourd'hui, vous avez entamé une nouvelle page de l'histoire et vous avez fait preuve de votre organisation et votre patriotisme. Que tout le monde soit rassuré, même si la tâche ne sera guère facile, je porterai le message en toute honnêteté", déclare Kaïs Saïed.
Diplômé d'études approfondies en Droit international public de la Faculté de Droit et de Sciences politiques de Tunis et diplômé de l'Académie internationale du Droit constitutionnel de Tunis et de l'Institut international de Droit humanitaire de San Remo en Italie, le nouveau président a été successivement professeur de Droit à Sousse et à Tunis. Il a également travaillé pour le secrétariat général de la Ligue arabe, l'Institut arabe des droits de l'homme et l'association tunisienne du Droit constitutionnel.

Surnommé "Robocop" ou "M.Propre", ce constitutionnaliste de soixante-et-un ans se présentait comme candidat indépendant. Ce conservateur doit désormais désigner un Premier ministre au sein d'un Parlement très fragmenté après les élections législatives du dimanche 6 octobre 2019, aucun parti n'atteignant la majorité de 109 sièges.

Son adversaire malheureux, le fondateur de la chaîne de télévision Nessma, inculpé pour fraude fiscale et blanchiment et incarcéré depuis le 23 août 2019, a déploré "un déni de justice". Nabil Karoui n'avait été libéré que mercredi 9 octobre 2019, soit quatre jours avant le scrutin pour pouvoir faire campagne.