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Joute verbale entre le président français et le chef du Hezbollah alors que le Liban reste dans l'impasse



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Hassan Nasralah a rejeté les accusations d'Emmanuel Macron lors d'une intervention télévisée (capture d'écran)
Hassan Nasralah a rejeté les accusations d'Emmanuel Macron lors d'une intervention télévisée (capture d'écran)
LIBAN / FRANCE. La violente diatribe d'Emmanuel Macron, après la décision de Moustapha Adib de renoncer à constituer un gouvernement de mission constitué de technocrates, continue à faire des remous.

Dimanche 27 septembre 2020 au soir, le président français avait violemment critiqué les partis politiques libanais, parlant même de "trahison collective" et indiquant avoir "honte" pour leurs dirigeants. Il les accusent de ne pas avoir permis au président du Conseil des ministres désigné le 31 août 2020 de réunir un cabinet d'experts "compétents" et "indépendants", comme le souhaitait Paris et malgré leurs promesses lors de son déplacement à Beyrouth, début septembre 2020. Emmanuel Macron pointait notamment du doigt l'attitude hostile des islamistes chiite du Hezbollah et de leurs alliés d'Amal (dirigé par le chef du Parlement Nabih Berri). "Vous avez un système de terreur qui s'est mis en place et que le Hezbollah a imposé", lançait le président français. Tout en clamant que ce parti ne pouvait pas "en même temps être une armée en guerre contre Israël, une milice déchaînée contre les civils en Syrie et un parti respectable au Liban. Il ne doit pas se croire plus fort qu'il ne l'est."

Le Hezbollah entend nommer des ministres chiites dans le gouvernement, notamment celui des Finances. Il refuse que les décisions sur la composition du nouveau cabinet soient prises par ce qu'il désigne comme "le club des anciens Premiers ministres" - soit Saad Hariri, Tammam Salam, Fouad Siniora et Nagib Mikati - sans tenir compte de l'avis des blocs parlementaires représentant les diverses confessions.

Des réformes indispensables pour débloquer l'aide internationale

Mardi 29 septembre 2020 au soir, lors d'un entretien télévisé, Hassan Nasrallah, chef du Hezbollah, a tenu à lui répondre en employant deux tons. Le premier conciliant : "Nous saluons toujours l'initiative française et nous sommes prêts au dialogue et à la coopération (...) Nous espérons qu'elle réussira."

Le second plus agressif : "Nous n'acceptons pas que vous nous accusiez de trahison (...) Nous rejetons et condamnons catégoriquement ce comportement condescendant à notre égard et à l'égard de toutes les forces politiques au Liban."
Hassan Nasrallah ajoute, "le président Macron, qui nous a accusés d'intimidation, est celui qui a pratiqué une politique d'intimidation à l'égard des chefs de partis" pour qu'ils forment un gouvernement de consensus. Et conclu par un "nous avons salué le président Macron lors de sa visite au Liban, mais pas sur la base qu'il soit le procureur, l'enquêteur, le juge (...), le dirigeant et le gouverneur du Liban !"

La mise en place de réformes dans le pays, qui passe nécessairement par un nouveau cabinet ministériel, mais aussi une entente entre les différents partis pour les faire voter, demeure une condition préalable pour le déblocage d'une aide internationale promise depuis avril 2018 indispensable à la survie même du Liban. Le pays se trouve en cessation de paiement depuis mars 2020. Avec une dette à l'époque de 166% de son Produit intérieur brut (PIB) de 92 mrds$ (80,37 mrds€), il est le troisième pays le plus endetté au monde derrière le Japon et la Grèce.

Réaffirmant, lundi 28 septembre 2020, son "attachement à l'initiative d'Emmanuel Macron", le président libanais Michel Aoun doit désormais engager de nouvelles consultations auprès des parlementaires pour s'accorder sur le nom d'un nouveau premier ministre

Mercredi 30 Septembre 2020

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Sami Bibi, universitaire et chercheur auprès du réseau international Politique Economique et Pauvreté (PEP) de l'Université Laval (Québec-Canada)
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