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Jean-Claude Trichet veut renforcer le caractère préventif du pacte de stabilité



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Jean-Claude Trichet regrette l'affaiblissement du pacte de stabilité (photo F.Dubessy)
Jean-Claude Trichet regrette l'affaiblissement du pacte de stabilité (photo F.Dubessy)
EUROPE. Lors d'un discours prononcé le 5 septembre 2011 à l'Institut Montaigne à Paris, Jean-Claude Trichet, président de la Banque centrale européenne (BCE), a affirmé que la crise "aurait été résolue plus tôt si des réponses rapides avaient été apportées à des faiblesses majeures dans les sphères financière et budgétaire."

Poursuivant son exposé sur le thème "Trois ans après la chute de Lehman Brothers : leçons et défis de la crise", le Français a insisté sur une nécessité : " les leçons tirées de la crise devront être affinées, complétées et de nouvelles leçons s’imposeront probablement... La principale conclusion que je tire à ce stade est que les réformes récentes visant à renforcer la gouvernance économique dans trois domaines ‑ réglementation financière, soutenabilité des finances publiques et surveillance macroéconomique ‑ vont dans la bonne direction. Il convient toutefois de faire davantage en vue de corriger les déséquilibres le plus tôt possible grâce à l’activation automatique de mécanismes de correction. Il revient aux gouvernements de mettre en œuvre les nouvelles mesures rapidement et résolument, dans leur lettre et dans leur esprit."

Le président de la BCE a regretté que l'affaiblissement du pacte de stabilité et de croissance des pays de la zone euro. "Je tiens à rappeler ici que, dès le départ, les États avaient adopté le Pacte de stabilité de croissance, qui avait précisément pour objectif de prévenir les déséquilibres des finances publiques dans la zone euro. Hélas, en 2004 et 2005, les pays participant à la zone euro ont procédé à une réforme de ce pacte. Sous l’impulsion des grands pays de la zone, en particulier de l’Allemagne, de la France et de l’Italie, la dimension discrétionnaire et la flexibilité des procédures de surveillance ont été élargies. Le Pacte de stabilité et de croissance s’en est trouvé considérablement affaibli dans sa lettre. Il a été encore plus gravement affaibli dans son esprit puisqu’il apparaissait clairement que les grands pays s’en dispensaient, notamment dans sa fonction visant à garantir le respect des règles budgétaires. La BCE a exprimé à cette époque ses plus vives préoccupations quant aux retombées négatives de cette réforme sur le fonctionnement de l’Union économique et monétaire (UEM). Elle a constamment insisté auprès des gouvernements pour l’application la plus rigoureuse du Pacte, comme chacun sait."

La négociation sur le pacte de stabilité n'est pas terminée

Pour l'avenir, Jean-Claude Trichet semble confiant mais restera attentif : "Sur la pression de la crise les gouvernements ont désormais admis la nécessité de renforcer le Pacte de stabilité et de croissance. C’est un premier pas dans la bonne direction. Mais la négociation n’est pas encore terminée. Et dans le « trialogue » entre le Parlement, le Conseil et la Commission, la BCE est très clairement du côté du Parlement qui veut renforcer encore plus, à juste titre, le caractère préventif du Pacte."

"Les dix-sept pays de la zone euro appartiennent à une économie unifiée qui repose sur un marché unique avec une monnaie unique. Dans cet immense espace économique continental de 332 millions d’habitants, la stabilité des prix est assurée, conformément à la définition du Conseil des gouverneurs, - moins de 2%, proche de 2% -. Elle l’a été au cours des douze premières années de l’euro et nos concitoyens européens s’attendent à ce qu’elle le soit au cours des années à venir. (Je note que notre définition de la stabilité des prix est exactement la même que celle qu’avait la Banque de France avant l’euro). Chacune des économies des économies composantes doit être extrêmement attentive à ses propres évolutions de prix et de coûts nationales. Car, dans un espace avec une monnaie unique, les différences par rapport à la moyenne de la zone ne peuvent être persistantes sans raison économique profonde. Toutes choses égales d’ailleurs, des évolutions de coûts supérieures à la moyenne de manière persistante signifient des pertes de compétitivité et donc des résultats décevants en matière de croissance et d’emploi. L’inverse étant également vrai" constate le président de la BCE.

Lire l'ensemble du discours prononcé par Jean-Claude Trichet

Lundi 5 Septembre 2011

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