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Italie : les vins piémontais touchés par la surproduction

Dossier "Vins en Méditerranée"


Production vinicole en hausse mais prix orientés à la baisse, le Piémont, malgré des cépages et des crus de qualité, n’échappe pas à la tendance générale observée sur les marchés dans le monde.


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La production de Barolo, l'un des plus prestigieux vins piémontais, a été plus que multipliée par deux en dix ans (photothèque de la province de Cuneo)
La production de Barolo, l'un des plus prestigieux vins piémontais, a été plus que multipliée par deux en dix ans (photothèque de la province de Cuneo)
ITALIE. Le vignoble piémontais couvre 50 737 hectares, soit environ 6% du vignoble italien pour une production annuelle de près de 3 millions d’hectolitres de vin. En 2009, la production s’est élevée à 2 858 154 hectolitres (+ 15% par rapport à 2008) sur 44,5 millions d’hectolitres pour l’ensemble de l’Italie (- 4% par rapport à 2008).

«Le dynamisme du marché vitivinicole a attiré, ces dernières années, de nouveaux acteurs, des industriels ou financiers. Ils ont investi dans des vignobles avec pour résultat une augmentation significative du nombre d’hectares plantés et de bouteilles produites. Pour le seul Barolo, l’un des plus réputés parmi les vins piémontais, le nombre de bouteilles est ainsi passé en dix ans de 5 à 11 millions d’unités » explique Federico Piemonte, directeur de la Banque du vin à Pollenzo di Bra.

Contrairement à la Toscane qui, comme le Bordelais en France, attire les investisseurs étrangers, le vignoble piémontais demeure pourtant très majoritairement aux mains de petits propriétaires régionaux que la baisse des prix commence à fragiliser même s’il n’est pas encore question de prime à l’arrachage des vignes.

Les chiffres publiés par la région Piémont .it font état de quelque 28 000 propriétés et domaines viticoles dont 18 000 poursuivent effectivement une activité. S’y ajoutent une cinquantaine de coopératives fédérant quelque 14 000 vignerons, et enfin 280 entreprises industrielles spécialisées dans la production de vins et alcools. Le tout représente, en valeur, 10% environ de la production agricole régionale et 18% de l’activité vitivinicole nationale.

Une production commercialisée à 60% à l’export

L’export absorbe 60% de la production vinicole piémontaise, réputée pour sa qualité avec 14 DOCG (dénomination d’origine contrôlée et garantie) sur 40 au niveau national et 46 DOC (dénomination d’origine contrôlée) sur 316 au niveau national.

En 2008 le chiffre d’affaires boissons à l’export (composé essentiellement de la vente de vins et alcools) a atteint 1,156 mds d’euros (+ 5% en 2008 par rapport à 2007), ce qui représente 20% du chiffre d’affaires export des vins et alcools au niveau national et 32 % des exportations agroalimentaires du Piémont.

Des exportations destinées pour 70% aux pays de l’Union européenne (avec deux gros marchés : Allemagne et Grande-Bretagne) et pour 30% aux Etats-Unis (10,4%), Russie (5,4%) ou encore la Suisse (4,5%), le Japon (2,1%) etc.

La concurrence des vins sud africains, chiliens ou californiens, avec une montée en gamme et des prix plus abordables, dénoncée par certains viticulteurs français mis en difficulté sur les marchés étrangers, ne suffit pas à expliquer les ajustements de prix qui touchent les vins piémontais selon le directeur de la Banque du Vin.

« Confrontés à la surproduction, certains petits vignerons préfèrent vendre leur vin en vrac » constate Federico Piemonte, « c’est une production de qualité, souvent rachetée par des embouteilleurs. Sa commercialisation tire les prix à la baisse ».

Autre facteur pénalisant à l’export, la hausse de l’euro depuis deux à trois ans, et enfin la crise économique qui a affecté le marché nord américain, qui jusqu’à présent permettait d’absorber l’augmentation de la production au Piémont.

Slow Food : promouvoir vin, culture et terroir

La région Piémont (ici vignes des Langhe)  a déposé un dossier pour l'inscription de son vignoble au patrimoine mondial de l'Unesco (photothèque de la province de Cuneo)
La région Piémont (ici vignes des Langhe) a déposé un dossier pour l'inscription de son vignoble au patrimoine mondial de l'Unesco (photothèque de la province de Cuneo)
Ce n’est pas un hasard si le mouvement Slow Food, lancé en réaction contre la multiplication des fast food dans le monde, est né au Piémont. L’association, fondée par Carlo Petrini en 1989, revendique aujourd’hui quelque 100 000 adhérents dans le monde et poursuit sa croisade pour défendre qualité et produits du terroir.

Elle est à l’origine de la création à Pollenzo di Bra, dans la province de Cuneo, de la Banque du vin. Cette coopérative, est hébergée dans l’ancienne Agenzia di Pollenzo, cave historique construite à la demande du roi Charles Albert de Savoie au début du dix-neuvième siècle, qui accueille également la première université des sciences gastronomiques, fondée au début des années 2000 par Slow Food.

A la fois musée et vitrine des meilleurs vins italiens (100 000 bouteilles déposées par quelque 300 des domaines les plus prestigieux d’Italie), la Banque du vin a pour vocation de « cultiver la mémoire du vin » et de raconter l’histoire des différents terroirs et cépages.

La Région Piémont a fait de la viticulture un élément fort de l’attractivité de son territoire, plus de 700 000 touristes étrangers suivent chaque année les différentes routes des vins (Asti, Barbera, Barolo …) Un dossier a été déposé auprès de l’Unesco pour une inscription des paysages viticoles piémontais au patrimoine mondial.

Lire aussi dans notre dossier "Vins méditerranéens" :
Le rosé de Provence ne connaît pas la crise
Montée en gamme des vins marocains
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Christiane Navas

Mercredi 24 Février 2010

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