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Israël se prononce pour la solution à deux États pour régler son conflit avec la Palestine


Rédigé par , le Vendredi 23 Septembre 2022 - Lu 1674 fois


Yaïr Lapid veut la paix avec la solution à deux États (photo : Avi Ohayon - GPO)
Yaïr Lapid veut la paix avec la solution à deux États (photo : Avi Ohayon - GPO)
ISRAËL / PALESTINE. Intervenant à la tribune de l'Onu à New York, jeudi 22 septembre 2022 lors de la 77e session de l'Assemblée générale des Nations unies (20 au 26 septembre 2022), Yair Lapid s'est prononcé pour "un accord avec les Palestiniens, basé sur deux États pour deux peuples ". Le premier ministre israélien affirme qu'il s'agit "de la bonne chose à faire pour la sécurité d'Israël, pour l'économie d'Israël et pour l'avenir de nos enfants. La paix, ce n'est pas un compromis ". Il prévient néanmoins que " tout accord serait conditionné à un État palestinien pacifique qui ne menacerait pas Israël. Baissez vos armes, et prouvez que le Hamas et le Jihad islamiste ne vont pas prendre l'État palestinien que vous voulez créer. Baissez vos armes et il y aura la paix" , lançait-il à l'adresse des Palestiniens.

Ce discours représente une formidable avancée depuis l'échec en 2014 des pourparlers de paix israélo-palestiniens menés sous l'égide des États-Unis. Reste que Yair Lapid est un Premier ministre en sursis, car de transition depuis la dissolution du Parlement israélien en juin 2022. Des élections législatives vont se dérouler le 1er novembre 2022 en Israël. Leurs résultats pourraient se traduire par une retour au pouvoir de Benjamin Netanyahou. Ceci changerait complètement la donne et ferait reculer de plusieurs cases cette option. Le président du Likoud (droite), Premier ministre de mars 2009 à juin 2021, s'est toujours opposé à la solution à deux États.

A la même tribune, la veille, Aziz Akhannouch a aussi plaidé pour " la solution à deux États convenue au niveau international ". Selon le Premier ministre marocain, " s'accrocher aux négociations entre les parties palestinienne et israélienne est le seul moyen de parvenir à une solution définitive, durable et globale au conflit ". Son pays a normalisé en décembre 2020 ses relations avec Israël.

Un conflit datant de 1967

Après la guerre israélo-arabe, dite des Six jours (5 au 10 juin 1967) contre l'Égypte, la Syrie, la Jordanie, l'Irak et le Liban, l'armée israélienne s'est rendue maître de Jérusalem-Est, de la Cisjordanie (Jordanie), de Gaza, du Sinaï (Égypte) et du plateau du Golan (Syrie). Le 22 novembre 1967, la résolution 242 du Conseil de sécurité des Nations unies exigeait " l'instauration d'une paix juste et durable au Proche-Orient " et le retrait d'Israël des territoires occupés. Depuis, ce texte est devenu la référence pour la résolution du conflit israélo-palestinien.

Un traité de paix avec l'Égypte a permis le retrait d'Israël de la zone du Sinaï. Mais les autres territoires arabes gagnés en 1967 demeurent occupés par Israël. Les années passant, avec la construction de très nombreuses colonies et le mitage de la Cisjordanie, plus fragmentée de semaines en semaines avec l'édification incessante de nouveaux logements autorisés par le gouvernement israélien, il apparaît de plus en plus difficile de définir les futures frontières entre les deux pays. Les colonies israéliennes regroupent aujourd'hui quelque 700 000 habitants dont plus de la moitié vivent en Cisjordanie et le reste à Jérusalem-Est et sa banlieue ainsi que sur le plateau du Golan (pris à la Syrie). Toutes ces implantations, selon le terme utilisé par les Israéliens, sont jugées illégales par le droit international. Sous la présidence de Donald Trump, les États-Unis ont changé de doctrine en novembre 2019. Mike Pompeo, chef de la diplomatie américaine, jugeait alors que " l'établissement d'implantations civiles israéliennes en Cisjordanie n'est pas en soi incompatible avec le droit international ". En mars 2019 déjà, Donald Trump reconnaissait la souveraineté d'Israël sur le plateau du Golan, annexé en 1981. Il y gagnait de voir baptiser, en juin 2019, de son nom une colonie située sur ce territoire syrien.

Lors des élections législatives d'avril 2019, Benyamin Netanyahou avait promis d'amplifier le rattachement de certains colonies à Israël. Fin janvier 2020, les Américains présentaient d'ailleurs un "plan de paix" adoubé par Israël et rejeté par l'Autorité palestinienne . Ce document prévoyait effectivement l'annexion d'une partie de la Cisjordanie au 1er juillet 2020 où vivent 450 000 Israéliens au milieu de 2,7 millions de Palestinien, ainsi que celle de la vallée du Jourdain. Le président français Emmanuel Macron avait officiellement demandé à Benyamin Netanyahou, en juillet 2020, de " s'abstenir de prendre toute mesure d'annexion de territoires palestiniens ". Il suivait en cela une position déjà rendue publique de plusieurs pays et un collectif français le mois précédent.

" Une paix juste, globale et durable "

Ce jeudi 22 septembre 2022, les représentants de la France, l'Égypte, la Jordanie et l'Allemagne se sont réunis à New York, en marge de l'Assemblé générale des Nations unies pour évoquer le conflit israélo-palestinien en la présence de Josep Borrell, Haut représentant de l'Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, et Tor Wennesland, Coordonnateur spécial des Nations unies pour le processus de paix au Moyen-Orient. Les quatre pays ont publié un communiqué commun appelant à " une paix juste, globale et durable fondée sur la solution des deux États ".

Dans la droite ligne des réunions à Munich (15 février 2020 et 19 février 2022), Amman (24 septembre 2020), Le Caire (11 janvier 2021) et Paris (11 mars 2021), les participants ont souligné à nouveau que " le règlement du conflit israélo-palestinien en s'appuyant sur la solution des deux États est indispensable à l'instauration d'une paix globale dans la région ". Ils réaffirment donc leur " conviction que seule une solution des deux États négociée fondée sur les frontières du 4 juin 1967 garantissant un État palestinien indépendant, contigu et viable vivant côte à côte avec Israël en paix et en sécurité, est susceptible de répondre aux aspirations légitimes des Israéliens comme des Palestiniens ".

Appel à un changement fondamental de la situation à Gaza

La France, l'Égypte, la Jordanie et l'Allemagne réclament la reprise " dès que possible des négociations directes, sérieuses, concrètes et véritables entre les parties. En l'absence de telles négociations, nous soulignons combien il est important de créer rapidement des perspectives politiques et économiques afin de préserver la perspective de la solution des deux États, notamment en étudiant la possibilité d'une approche régionale globale de la paix. Nous encourageons l'adoption de nouvelles mesures de confiance mutuelles fondées sur des engagements réciproques, afin d'améliorer les conditions de vie du peuple palestinien, en tenant compte des effets positifs de l'amélioration des conditions économiques sur la sécurité ".

Les participants à cette réunion expriment leur " vive préoccupation concernant la montée récente des tensions à Jérusalem ". Ils soulignent " la nécessité de respecter et de faire respecter le statu quo des lieux saints de Jérusalem " tout en rappelant " le rôle important de gardien des lieux saints à Jérusalem dévolu à la monarchie hachémite. En outre, les fêtes religieuses ne doivent en aucun cas être instrumentalisées à des fins politiques ".

Le communiqué juge " indispensable de prendre les mesures nécessaires à un changement fondamental de la situation politique, économique et de sécurité dans la bande de Gaza ". Les quatre pays signataires demandent " à mettre un terme au dernier épisode de tensions à l'intérieur et autour de la ville de Gaza ", tout en prônant le " plein respect du cessez-le-feu par toutes les parties ".




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