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"Il sera encore plus difficile de réussir la COP22 que la COP21"

SPECIAL COP22


Rupert Joy, ambassadeur, chef de la Délégation de l'Union européenne au Maroc, espère du concret de la COP22. Le Britannique en poste à Rabat veut continuer à financer les projets de complexes solaires mais aussi éoliens dans lesquels le Maroc se trouve à la pointe de la technologie.


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L'ambassadeur recense 8,5 M€ d'aide à la COP22 de la part de l'Union européenne (photo F.Dubessy)
L'ambassadeur recense 8,5 M€ d'aide à la COP22 de la part de l'Union européenne (photo F.Dubessy)

Lire aussi notre dossier spécial  COP22

econostrum.info : Le Maroc organise en ce moment la COP22 à Marrakech. Comment participe l'Union européenne à cet événement annuel ?

Rupert Joy : Nous soutenons la COP22 à hauteur de 8,5 M€. Cette somme se décompose en une participation budgétaire d'environ 7 M€ pour son organisation dont plus de 2 M€ de subventions logistiques à travers le Pnud (ndlr : Programme des Nations Unies pour le Développement). Et plus d'1 M€ pour soutenir les acteurs non étatiques que sont la société civile et le secteur privé. Un accord a été signé avec le Conseil national des droits de l'homme (CNDH), le Conseil économique, social et environnementale (CESE) et la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM). Ceci a permis d'organiser, avec plusieurs associations marocaines, quelques événements tels que le Sommet des conscience à Fez, la Conférence des jeunes à Marrakech, mais aussi la création d'un lexique trilingue anglais-français-arabe sur les droits de l'homme et le changement climatique.

Nous avons aussi aidé une organisation marocaine, l'Agence de développement des énergies renouvelables et de l'efficacité énergétique à inviter à la COP des start-ups africaines dans le domaine de l'énergie verte. C'est bien de monter que des entreprises africaines sont capables de telles choses.

Qu'attendez-vous de la COP22 ?

R.J. : Il est important que la COP soit un succès. Arriver à l'Accord de Paris en 2015 n'était pas facile mais il sera encore plus difficile de réussir la COP22.

Nous attendons de cette édition du concret sur la mise en oeuvre de cet Accord. Je pense que les discussions vont surtout se focaliser sur les questions de financement des actions sur le climat. 100 mrds$ reste à trouver selon les objectifs fixés à Paris. Il faut faire des progrès sur cet aspect, renforcer nos capacités.
Marrakech va être une COP d'actions donc très différente de la COP21.

"Nous étudions avec beaucoup d'intérêt les projets solaires et éoliens"

Ruper Joy en visite sur le site de Noor Ouarzazate (photo F.Dubessy)
Ruper Joy en visite sur le site de Noor Ouarzazate (photo F.Dubessy)
L'Europe a financé plusieurs projets au Maroc, et notamment le complexe de Noor Ouarzazate, irez-vous plus loin ?

R.J. : Les énergies renouvelables représentent une priorité pour l'Union européenne à l'intérieur de l'Union comme à l'extérieur. Il est logique que nous soyons présents sur ce type de projets au Maroc. Notre partenariat avec ce pays existe depuis très longtemps. Le Maroc est un partenaire très fiable dans le voisinage et stratégiquement très important de par sa proximité. Il n'a pas ses propres ressources énergétiques donc il a besoin d'importer jusqu'à 97% de ses besoins énergétiques.
Ces projets permettent de réduire les émissions de gaz à effet de serre, mais assurent aussi une stabilité et un développement du pays.

Actuellement, cinq différents lieux vont accueillir des centrales solaires comme à Ouarzazate. La prochaine verra le jour à Midelt, un peu plus au Nord. Nous allons étudier ce projet avec beaucoup d'intérêt. Nous sommes déjà impliqués dans le programme éolien mis en oeuvre par le Maroc.
En s'appuyant sur la Facilité d'investissement pour le voisinage (FIV), l'Union européenne a investi plus de 106 M€ sur les phases 1,2 et 3 de la centrale solaire de Noor Ouarzazate un projet qui a coûté au total 1,2 mrd€. Nous avons hâte de voir cette centrale complètement opérationnelle.

Nous finançons aussi des instituts de formation sur les métiers des énergies renouvelables qui se mettent en place à Ouarzazate, Oujda et Tanger. Nous travaillons donc aussi sur l'amont du problème car les Marocains ont décidé de se positionner sur les énergies renouvelables non seulement dans leur pays mais aussi au niveau du continent africain. Ce qui est une bonne chose.

"Des engagements de 200 à 250 M€ annuels avec le Maroc"

Comment évoluent les relations entre l'Union européenne et le Maroc alors que Bruxelles se tourne moins vers la Méditerranée ?

R.J. : Je ne dirais pas que l'Union européenne regarde moins la Méditerranée. Elle est confrontée à différents défis qui nécessitent son attention et son attention financière et...

C'est une réponse de diplomate ?

R.J. : Non ! Franchement je n'ai pas remarqué une grande différence ici au Maroc. Nous maintenons le même budget depuis toujours et nous dépensons même plus. En bilatéral, nos engagements chaque année vont de 200 à 250 M€. Il existe aussi des programmes régionaux plus ce que fait la Banque européenne d'investissement. 
Je ne fais donc pas ce constat, même s'il est vrai que la crise des réfugiés mobilise beaucoup d'argent de l'Union européenne mais ceci n'affecte pas les montants consacrés au Maroc.


Notre dossier spécial COP22

Propos recueillis par Frédéric Dubessy, à OUARZAZATE

Lundi 7 Novembre 2016

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