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Human Rights Watch publie un rapport 2018 mitigé sur les pays méditerranéens


L'ONG Human Rights Watch passe au crible plus de 90 pays dans son rapport mondial 2018 et épingle plusieurs pays méditerranéens notamment sur la liberté d'expression.



MEDITERRANEE. Dans son rapport mondial 2018, Human Rights Watch (HRW) se félicite de l'action de "dirigeants politiques disposés à défendre les principes des droits humains (...) une mobilisation populaire et des acteurs multilatéraux efficaces ont démontré que la montée de gouvernements hostiles aux droits n'est pas inéluctable".

Plus de quatre-vingt dix pays sont passés au crible par l'ONG dans ce document de 643 pages (pour la version anglaise), publié mercredi 18 janvier 2018.

Pour Kenneth Roth, directeur exécutif de HRW, "les démagogues se sont servis des bouleversements et des inégalités économiques causées par la mondialisation et les avancées technologiques, de la peur du changement culturel dans un monde de plus en plus mouvant et de la menace d'attaques terroristes, pour alimenter xénophobie et islamophobie". Le rapport 2018 cite notamment les présidents turcs et égyptiens : "Le président Recep Tayyip Erdoğan a démantelé le système démocratique de la Turquie pendant que l'UE se préoccupait plutôt de s'assurer de son aide pour endiguer le flux de réfugiés vers l'Europe et de sa coopération dans le domaine de la sécurité. Le président Abdel Fattah al-Sissi a écrasé la dissidence populaire en Égypte, sans que les États-Unis ou l’UE ne s’expriment publiquement sur la répression, acceptant ainsi l’argument d’al-Sissi selon lequel il assurait la stabilité de son pays". Le texte critique également "les tergiversations (de certains pays) créant un vide favorable à la poursuite, souvent incontrôlée, d'atrocités massives dans des pays comme le Yémen, la Syrie, la Birmanie et le Soudan du Sud" et vise "Les États-Unis, un Royaume-Uni préoccupé par le Brexit et d'autres pays européens aux prises avec l'influence des populistes xénophobes ".

L'Algérie épinglée sur la liberté d'expression

HRW rend hommage à Emmanuel Macron comme "l'exemple le plus frappant du succès de la résistance au populisme xénophobe." Kenneth Roth affirme que le président de la République française "a vraiment mené sa campagne en défendant la démocratie et a gagné largement face à une adversaire (NDLR : Marine Le Pen, candidate d'extrême droite) beaucoup plus intolérante et haineuse." Mais les compliments s'arrêtent là et Kenneth Roth juge "mitigé" le bilan de ses premiers mois évoquant notamment les "pouvoirs antiterroristes abusifs", sa "visite en Chine, où il a été très discret sur les droits humains" mais aussi sa volonté de "chercher à durcir la loi" dans le dossier des migrants.

Le rapport est peu amène envers l'Algérie accusée de "continuer en 2017 de recourir aux poursuites pénales pour réprimer l'exercice pacifique de la liberté d'expression, utilisant des articles du code pénal qui criminalisent le fait d'"injurier le président", d'"insulter les agents de l'Etat" et de "discréditer l'Islam"". Mais aussi de violer régulièrement le droit à la liberté de réunion ou de punir "l'organisation ou la participation à des manifestations non autorisée sur la voie publique, peine pouvant aller jusqu'à un an de prison".

HRW souffle le chaud et le froid sur la Tunisie : "En 2011, les autorités transitoires ont libéralisé le Code de la presse et les lois relatives aux médias audiovisuels, éliminant la plupart des sanctions pénales que ces lois prévoyaient pour les délits d’expression. Néanmoins, les autorités ont continué à recourir au Code pénal et au Code de justice militaire pour poursuivre les personnes accusés de délits d’expression".

Le texte épingle aussi le Maroc qui a "répondu aux manifestations en cours dans la région troublée du Rif tout au long de l'année 2017 avec son alternance caractéristique entre la tolérance et la répression". Rabat est visé également pour "le processus politique d'autodétermination du Sahara occidental, territoire sous contrôle marocain (qui) est resté bloqué et a bénéficié de peu de médiation ni d'attention internationale". HRW regrette que "Le Maroc propose l'autonomie sous le maintien de son autorité, mais rejette un référendum sur l'indépendance. Le gouvernement a systématiquement empêché les rassemblements au Sahara occidental soutenant l'autodétermination sahraouie".

Satisfecit sur les droits des femmes

Sur les droits des femmes, HRW loue la France et ses nouvelles mesures pour lutter contre les violences sexistes et le harcèlement sexuel, la Tunisie, la Jordanie et le Liban qui "ont abrogé des dispositions législatives qui permettaient à des auteurs de viol d'échapper à une condamnation en épousant leur victime".

Selon Kenneth Roth, "la principale leçon à tirer des événements de l'année écoulée est que les droits humains peuvent être protégés face au défi populiste. Ce dont nous avons besoin, c'est une défense vigoureuse des principes, plutôt qu'un renoncement, un appel à l'action plutôt qu'un cri de désespoir."

Voir la version en Anglais du rapport 2018 de Human Rights Watch

Voir la version abrégée en Français du rapport 2018 de Human Rights Watch




Jeudi 18 Janvier 2018



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Roland Lombardi, consultant indépendant, associé au groupe d'analyse de JFC Conseil

 









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