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Gemalto et Thales s'allient pour créer un numéro mondial de la sécurité digitale


Gemalto a dit non à Atos pour mieux dire oui à son autre compatriote Thales qui va donc le racheter et constituer un groupe de 18 mrds€ de chiffre d'affaires et 79 000 salariés. Gemalto maintient par contre son plan de suppression d'emploi.


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FRANCE. Quelques heures seulement après avoir rejeté l'offre de rachat non sollicitée d'Atos, Gemalto annonce, dimanche 17 décembre 2017, ses fiançailles avec Thalès. Ensemble, ils vont créer un numéro un mondial de la sécurité digitale pesant 18 mrds€ de chiffre d'affaires avec 79 000 salariés. Les actifs digitaux de Thales seront regroupés chez Gemalto.

Détenu par l'Etat français (26,4%) et Dassault Aviation (25,3%), Thales a réalisé 14,9 mrds€ de chiffre d'affaires en 2016 avec 64 000 salariés dans cinquante-six pays. Il est l'un des numéro un mondiaux des hautes technologies dans le domaine de l'aérospatial, du transport, de la défense et de la sécurité

Thales offre 51€ par action (Atos proposait 46€), soit une prime de 57% sur le cours de clôture du 8 décembre 2017. Au total, il met donc sur la table 4,8 mrds€ contre 4,5 mrds€ pour Atos. "Conformément à sa discipline financière, le conseil d’administration d’Atos qui s’est réuni dans la soirée, a décidé de ne pas donner suite à sa proposition d’acquérir la société Gemalto", indiquait dans un communiqué, dimanche 17 décembre 2017, le groupe présidé par Thierry Breton, jetant l'éponge face à la surenchère de Thales. Tout en se disant prêt à revenir à la charge si la fusion avec Thales ne s'effectuait finalement pas. Ce qui reste hautement improbable, les deux conseils d'administration ayant validé l'opération.

1 mrd€ par an pour la R&D

Pour Patrice Caine, PDG de Thales, "L'acquisition de Gemalto marque une étape clé dans la mise en oeuvre de la stratégie de Thales. Avec l'équipe de direction de Gemalto, nous avons de grandes ambitions fondées sur une vision partagée de la transformation numérique de nos métiers et de nos clients. Notre projet bénéficiera à l'innovation et à l'emploi tout en respectant les enjeux de souveraineté liés aux technologies stratégiques. Nous avons un immense respect pour les succès technologiques de Gemalto et nos deux groupes partagent un même ADN et une même culture. " Et Philippe Vallée, directeur général de Gemalto de répondre dans un communiqué commun : "Nous partageons les mêmes valeurs et Gemalto, dans cette nouvelle configuration, pourra poursuivre son projet industriel, accélérer son développement et réaliser sa vision de la sécurité numérique." Le nouveau groupe attend des synergies annuelles estimées entre 100  et 150 M€ à partir de 2021. Il s'appuiera sur un service R&D bénéficiant d'un budget autofinancé d'1 mrd€ par an et fort de 28 000 ingénieurs et 3 000 chercheurs.

Né à Gémenos près de Marseille, sous le nom Gemplus, Gemalto (3,1 mrds€ de chiffre d'affaires et 15 000 salariés en 2016) se trouve en grosses difficultés financières. L'entreprise a même déjà programmé, depuis novembre 2017, un plan de suppression de 288 postes dans son activité cartes SIM. Ces réductions d'emplois seront maintenues dans le cadre du rachat par Thalès qui permettra cependant, d'offrir plus de solutions de reclassement interne. Les salariés concernés bénéficieront en effet des bourses de l'emploi et du programme de mobilité interne de Thales. L'acquéreur s'engage par ailleurs à "préserver l'emploi dans les activités françaises de Gemalto au moins jusqu'à fin 2019".

L'offre devrait être bouclée au second semestre 2018. Gemalto deviendra alors le pole mondial de la sécurité digitale de Thales. Avec un chiffre d'affaires de 3,5 mrds€, il sera dirigé par Philippe Vallée, directeur général actuel de Gemalto.

Lundi 18 Décembre 2017

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