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Gabriel Rebourcet : "Nous allons compter 40 V.I.E. à temps plein"


L'Imed fête ses trente ans. Présidée depuis 2005 par Gabriel Rebourcet et dirigée par Loïc Bonnardel, l'association a permis durant trois décennies d'accompagner 634 Pme à l'international sur 1 326 missions confiées à des Volontaires internationaux en entreprise (V.I.E.).


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Gabriel Rebourcet entend pérénniser l'Imed (photo : F.Dubessy)
Gabriel Rebourcet entend pérénniser l'Imed (photo : F.Dubessy)
econostrum.info : Comment est née l'Imed ?

Gabriel Rebourcet : En 1988, Nicolas Boyadjis, dirigeant et fondateur de la compagnie Sudcargos, veut créer des relais en Méditerranée. Dans un premier temps, il se dit je vais prendre des jeunes et les mettre en poste. Et pour que ça ne lui coûte pas trop cher, il décide de les partager avec d'autres entreprises. L'idée demeure alors très pragmatique. Par contre, ce qu'il "invente", c'est qu'avant leur départ, les jeunes apprennent à connaître les produits des entreprises pour lesquelles ils vont travailler. Ils passent donc par un sas de formation avant de décoller. Et comme cette formation est hyper pratique, au ras de la réalité, ces jeunes sortent employables. C'est très très rare qu'un V.I.E. (NDLR : Volontariat international en entreprise), ou plutôt à l'époque un VSNE ou VSNA (NDLR : Service militaire civil), ne soit pas embauché. Durant sa période en poste, il va démontrer que son poste répond aux besoins d'une entreprise. C'était ça la richesse de l'idée et ça a marché !  

Quelle a été l'évolution de la structure ?

G.R. : Nous avons connu des périodes difficiles car, comme dans tout processus de développement, on arrive parfois à des paliers. L'Imed en a connu un au début des années 2000 avec un peu de fragilité économique, trop de postes ouverts simultanément, quelques petits défauts structurels.... Nous avons corrigé ceci en 2005/2006 en mariant d'ailleurs pendant quelques temps l'Imed avec l'Apex (NDLR : Club provençal des exportateurs). Puis l'Apex s'est liée au World Trade Center (WTC) Marseille Provence et l'Imed a pu reprendre son indépendance. La structure assainie, nous avons redémarré le déploiement des V.I.E. dans les années qui ont suivies avec Solange Poncelet qui a fait un superbe travail et avec constance.   

Ouverture prochaine d'un poste de V.I.E. en Tunisie

Comme le développement de son acronyme l'indique, Ingénierie méditerranéenne pour l'export et le développement, l'Imed ne travaillait au départ qu'avec les pays méditerranéens. Pourquoi cet élargissement ?

G.R. : En 2011, avec les révolutions arabes, la Méditerranée s'est fermée au négoce et au commerce, des secteurs recruteurs en grande partie de nos postes traditionnels. L'Égypte, le Liban, la Tunisie... Tout a fermé et nous avons décidé de nous élargir, tout en gardant l'acronyme Imed, sur les cinq continents.

Mais l'Imed travaille toujours en Méditerranée ?       

G.R. : Oui, aujourd'hui nous avons un poste au Maroc, nous allons incessamment sous peu ouvrir la Tunisie dès que nous aurons l'autorisation. La Turquie reste par trop instable donc nous n'avons pour le moment personne. La situation demeure identique pour le Caire. Quand à l'Algérie, elle ne veut plus accueillir de V.I.E. et pose des conditions tellement difficiles que ce n'est pas possible à gérer.

"Elargir notre champ d'application des aides régionales"

Combien de V.I.E. accompagnez-vous aujourd'hui ?

G.R. : Seize à temps partagé pour quinze postes, car à Dubaï nous disposons de deux V.I.E., et quatorze à temps plein. Nous connaissons une grosse montée en puissance et devrions compter, dans la deuxième partie de l'année, une quarantaine de V.I.E. à temps plein.

Le financement par le Conseil régional Provence-Alpes-Côte d'Azur a beaucoup participé à votre développement ?

G.R. : Le Conseil régional nous a toujours accompagné en aidant les entreprises. Ceci nous a facilité les choses. Aujourd'hui, sur quarante-quatre entreprises, j'en ai vingt-et-une qui se situent en dehors de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur. Ces dernières ne bénéficient pas de ces aides régionales réservées, bien entendu, aux entreprises de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur. Avec le Conseil d'administration nous travaillons à chercher des solutions pour mieux assurer la pérennité de l'Imed. Entamer des dialogues constructifs avec d'autres régions en France s'impose comme l'une de ces solutions. C'est notamment le cas avec la région Auvergne-Rhône-Alpes avec qui nous reprenons la dialogue après quelques difficultés.

Ceci veut dire que d'autres régions pourraient développer le même accord que vous avez signé avec le Conseil régional Paca ?

G.R. : Très exactement ! L'Imed gèrerait une activité dans laquelle les entreprises d'autres régions bénéficieraient du même mécanisme de bonification durant leur première année. Une très bonne nouvelle pour les sociétés voulant aller tâter le terrain à moindre risque sur des zones où elles disposent de quelques contacts. Pour les approfondir, il faut une présence. Et le V.I.E. s'impose.
Sans faire de l'ombre à la région Provence-Alpes-Côte d'Azur, ceci nous permettrait d'élargir notre champ d'application des aides régionales.

Quelle est votre stratégie pour les prochaines années ?

G.R. : En dehors de ce que je viens de mentionner, rester dans une stricte gestion budgétaire sans dépenser l'argent que nous n'avons pas. Nous allons aussi renforcer notre Conseil d'administration.

A combien s'élève votre budget et avec quel effectif ?

G.R. : Nous avons passé le cap des 1,4 M€ de facturation annuelle avec quatre salariés à temps complet dans l'équipe. C'est peu mais notre masse salariale est importante. Les V.I.E. que nous envoyons représentent 680 000 € sur les 1 M€ de masse salariale.

Propos recueillis par Frédéric Dubessy

Lundi 23 Avril 2018

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