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France-Algérie : pour un partenariat d’exception

Par Jean-Louis Levet, haut responsable à la coopération industrielle et technologique franco-algérienne



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Jean-Louis Levet, haut responsable à la coopération industrielle et technologique franco-algérienne (photo : DR)
Jean-Louis Levet, haut responsable à la coopération industrielle et technologique franco-algérienne (photo : DR)
France-Algérie, un duo unique sur l’échiquier mondial des États nations, car ces deux pays, en plus de liens humains très denses, ont en commun : des intérêts vitaux avec une Méditerranée qui constitue un espace vital pour leurs avenirs respectifs ; des défis de grande ampleur à relever autour de la double question de la nécessaire réindustrialisation et de la transition écologique et énergétique ; des atouts complémentaires : une offre côté français scientifique et technique, de formation et industrielle qui correspond aux grands besoins actuels et futurs de l’économie algérienne dans les domaines de l’agriculture, de l’énergie, de la ville durable/environnement, de la santé, du numérique et de l’énergie.

Pour autant, la coopération entre les deux pays demeure très insuffisante au regard des enjeux communs et les relations commerciales  sont dominées encore par des échanges fondés sur un modèle du XXe siècle entre pays développés et pays en voie de développement : la France importe principalement de l’Algérie des hydrocarbures et l’Algérie importe de France des équipements mécaniques, du matériel électrique et électronique, des matériels de transport, des produits agricoles et agro-alimentaires.

6 200 entreprises françaises exportent en Algérie quant à peine 400 y sont implantées. Une économie administrée et de la rente côté algérien,  des capacités stratégiques insuffisantes de déploiement hors du marché national d’une large partie des PME côté français : chacun des deux pays a une mutation considérable à réaliser et s’y emploie depuis une période récente. Ils doivent réinventer dans le même temps un nouveau modèle de relations en passant du commerce à la coopération effective et dans tous les domaines clés de la prospérité des nations : recherche, enseignement supérieur, formation, technologie, industrie et services aux entreprises. Tel est le sens de la déclaration d’Alger sur l’amitié et la coopération, signée en décembre 2012 par les deux présidents François Hollande et Abdelaziz Bouteflika, dans laquelle s’inscrit la mission qui m’a été confiée par le gouvernement français, il y a bientôt un an.

Un nouveau mode d’action, des priorités, des projets de partenariats d’exemplarité

Renouveler profondément notre approche à l’égard de l’Algérie signifie la considérer comme un partenaire à part entière, et donc partir de ses attentes, de ses besoins, de ses projets, et non pas la percevoir comme un simple marché d’exportation. Il nous faut aussi dans le même temps accélérer la mise en mouvement des acteurs français, tout en nous appuyant  sur l’existant (les grands groupes français implantés en Algérie, les jumelages entre agglomérations, les liens de qualité entre chercheurs et universitaires des deux pays, etc.).

Après un dialogue approfondi avec les acteurs algériens, tant publics que privés, trois priorités ont été retenues, dans un climat de confiance authentique : monter en qualité la formation professionnelle en lien avec le développement industriel ; développer les infrastructures technologiques et techniques au service des entreprises ; favoriser des partenariats de co-production entre PMI/ETI des deux pays. A titre d’exemple, parmi les premiers projets initiés et qui commencent à se mettre en œuvre, citons pour la première priorité la création d’une école nationale des métiers de l’industrie avec Mines Paris Tech et un institut national de formation à la logistique avec l’AVITEM installée à Marseille ; dans le cadre de la seconde priorité une coopération triennale entre l’AFNOR et l’IANOR en matière de normalisation et de certification ; un partenariat de co-production de bateaux de pêche mobilisant l’ETI française Piriou et l’entreprise algérienne Ecorep.

Tout en menant à bien ces projets et en en initiant d’autres, il s’agit aussi de travailler sur les perspectives considérables qui existent entre la France et l’Algérie : mobiliser les acteurs autour du triptyque Université/entreprise/territoire ; mettre à profit la transition énergétique pour créer des partenariats de haut niveau ; investir ensemble dans des projets exemplaires au plan environnemental, social et technologique, en Algérie, en France, en Afrique, dans le monde.

Lundi 26 Mai 2014