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Finances et Conseil Méditerranée dédiabolise la finance islamique


La finance islamique intrigue, voire inquiète en Europe. Pour la dédiaboliser, Finances et Conseil Méditerranée a invité des experts afin d'expliquer ses fondamentaux.


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Kader Merbouh, directeur du master Principes et pratiques de la finance islamique de l’Université Paris-Dauphine et Bernard Paranque, économiste et membre de Finances et Conseil Méditerranée (Photo FCM).
Kader Merbouh, directeur du master Principes et pratiques de la finance islamique de l’Université Paris-Dauphine et Bernard Paranque, économiste et membre de Finances et Conseil Méditerranée (Photo FCM).
MEDITERRANEE. Le marché de la finance islamique se développe depuis les années 2000. Entre 2007 et 2014, les actifs islamiques globaux ont augmenté de 17%, passant de 694 à 2094 mrds $. Le secteur reste centré sur une partie du monde, le Moyen-Orient, qui draine 72% des actifs, contre 23% en Asie. Au total, l’industrie financière islamique ne représente que 0,71% du marché mondial de la finance. 
 
Pour Bernard Paranque, économiste et membre de Finances et Conseil Méditerranée, la finance islamique « livre une interpellation positive sur la nécessité de revisiter le cadre éthique. Il faut privilégier la coopération plutôt que les individualités ». Car la finance islamique se base sur la co-propriété et l’équité. Il s’agit d’une participation de type mutualiste, qui écarte la spéculation et la thésaurisation.
 
Kader Merbouh, directeur du master Principes et pratiques de la finance islamique de l’Université Paris-Dauphine estime que « nous faisons tous les jours de la finance islamique sans le savoir ». Cette pratique est d'ailleurs très peu codifiée. Elle repose sur le droit musulman des affaires, et plus précisément, sur le Coran et les Sunnas (agissements et propos du prophète), « nous parlons ici de droits des échanges commerciaux, des affaires. Ce droit reste souple » poursuit Kader Merbouh.

Fonctionnement de la finance islamique

Entre 2007 et 2014, les actifs islamiques globaux ont augmenté de 17% (graphique de Kader Merbouh).
Entre 2007 et 2014, les actifs islamiques globaux ont augmenté de 17% (graphique de Kader Merbouh).
« Pour fonctionner, la finance islamique se base sur quelques principes très simples. Tout d’abord, l’interdiction de l’usure. La rémunération ne dépend pas du facteur temps mais du risque. Ensuite, tous les contrats doivent être le plus clair possible, sans éléments aléatoires, dérivés ou options. Le troisième principe repose sur l’interdiction de financer des secteurs dit illicites comme l’alcool, le jeu ou l’armement. L'interdiction couvre également les secteurs de la banque et des assurances conventionnelles. Ainsi, aucun établissement financier islamique n'est présent dans la capital d'autres banques » détaille Kader Merbouh. En revanche, « tout contrat doit être adossé à un actif réel. Cette tangibilité permet de créer un lien entre économie et finance. De plus, la finance islamique prévoit un taux de partage des pertes et des profits. Il n’existe pas de déséquilibre entre une personne qui investit du capital dans un projet et une autre qui investit son temps ». 
 
La plupart des banques proposent aujourd'hui des produits de finance islamique car le marché prend de l'ampleur. « Les musulmans refusent de mettre leur épargne dans des banques qui ne sont pas en conformité avec leur intégrité religieuse. De plus, les pays veulent attirer des investissements. Nous sommes dans une logique économique et pas seulement religieuse » explique Kader Merbouh.
 
Cette industrie croît rapidement dans le Maghreb, particulièrement en Tunisie et en Algérie. L’Afrique ne représente que 4% (80 mrds$) de la finance islamique mondiale. L’Europe et de pays comme l’Égypte sont considérés comme des marchés d’opportunité.

Aurore Luvi
Vendredi 13 Mai 2016

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