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Finance islamique : l’Algérie dans les starting blocks

Par Ezzedine Ghlamallah, fondateur et directeur du cabinet de conseil Saafi




(photo : F.Dubessy)
(photo : F.Dubessy)
En dépit de l’introduction de la banque Al Baraka d’Algérie au début des années 1990 et en l’absence d’un cadre juridique et règlementaire, la finance islamique est restée relativement peu développée en Algérie, la guerre civile n’ayant également pas facilité son développement. Seules certaines banques privées disposant de capitaux étrangers, telles que les banques Al Baraka d’Algérie, Algeria Gulf Bank, Al Salam Bank Algeria et Trust Bank Algeria proposent actuellement des produits financiers islamiques.

Dans le but de combler son déficit budgétaire causé par la baisse du prix du baril et la faiblesse des exportations, le gouvernement algérien souhaite dans les prochains mois faire évoluer rapidement ce secteur. Dans un premier temps, et d’ici la fin de l’année, une offre financière conforme à la jurisprudence musulmane sera offerte par deux banques publiques (dont les noms n’ont pas encore été dévoilés), puis par quatre autres en 2018. Le gouvernement algérien prévoit également d’avoir recours à plusieurs émissions souveraines de Sukuk entre 2018 et 2022 dont la première devrait avoir lieu l’année prochaine.

Se financer sur les marchés financiers islamiques et capter les ressources des marchés informels

A ce jour, l’Algérie dispose encore de réserves de changes pour un montant de 103 milliards de dollars et des réserves en or estimées par le chef du gouvernement à 6 milliards de dollars. Mais avec un déficit budgétaire de 12,9 % du PIB en 2016 d’après le Fonds Monétaire International, c’est 18 milliards de dollars qu’il faudrait encore aller chercher sur les marchés financiers, ou dans l’économie informelle qui d’après le gouverneur de la Banque d’Algérie représenterait 20 milliards de dollars en circulation.
L’offre financière islamique proposée par les banques publiques doit permettre de mobiliser les ressources se trouvant en dehors du circuit bancaire alors que les émissions souveraines de Sukuk doivent permettre à l’Algérie de financer son déficit sur les marchés financiers islamiques.

En parallèle, la Banque d’Algérie souhaite avoir recours aux techniques de financement non conventionnelles (politique de taux bas et assouplissements quantitatifs) mises en place après la crise de 2008 par la Banque Centrale Européenne et la Réserve Fédérale Américaine. L’injection massive de liquidités créées ex-nihilo permettra certes de payer les salaires des fonctionnaires algériens mais aura pour conséquence immédiate de renforcer l’inflation. Avec la dépréciation du dinar algérien, ce palliatif aura pour effet secondaire d’alourdir la facture des importations qui contribuera à la détérioration de la balance commerciale et donc in fine à l’aggravation du déficit, engendrant un cercle vicieux ne permettant pas de s’en extraire.
Le développement de la finance islamique s’annonce donc de bon augure pour les finances publiques algériennes.


Mercredi 27 Septembre 2017




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Commentaires

1.Posté par Yacine le 02/10/2017 17:30
Bonsoir,
Je suis désolé mais la finance islamique en Algérie sera un fiasco comme l'a été le projet de l'industrie automobile et cela pour au moins six raisons.
Passez une bonne fin de journée.

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