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Fin provisoire d’un stupéfiant imbroglio à ArcelorMittal Algérie


La production a repris dans la soirée du 13 juin 2012 au complexe sidérurgique ArcelorMittal d’El Hadjar à Annaba (600 km à l’Est d’Alger) à la suite du redémarrage du haut fourneau mis en veille dans la matinée du même jour du fait du blocage des portes d’accès au complexe par quelques dizaines de travailleurs suspendus à la suite d’un imbroglio dont on ne saisit pas jusqu’à présent les tenants et aboutissants.



ArcelorMittal Algérie reste dans l'incertitude
ArcelorMittal Algérie reste dans l'incertitude
ALGÉRIE. L’intervention des forces de la Gendarmerie nationale a finalement permis de rouvrir les portes du complexe sidérurgique d’El Hadjar fermées durant une trentaine d’heures par des travailleurs suspendus par la direction générale du complexe qui les auditionnait dans le but « d’établir le degré de la faute professionnelle commise par chacun d’eux

Des mesures disciplinaires pourraient être prises à leur égard.

Le fonctionnement du complexe sidérurgique d’Annaba, qui emploie plus de 6 500 salariés, est perturbé depuis plusieurs semaines mais ce n’est que le 13 juin 2012 que la décision de justice a pu être exécutée.

Tout avait commencé le 20 mai 2012 lorsque quelques dizaines de travailleurs bloquent les entrées du complexe afin d’empêcher les dirigeants et les employés de la filiale locale du géant mondial de l’acier de se rendre à leur travail.

Ils interviennent à l’instigation de Aïssa Menadi, un ancien secrétaire général du syndicat d’entreprise affilié à l’Union générale des travailleurs algériens (UGTA), député non réélu aux dernières législatives du 10 mai 2012, président démissionnaire du club de football phare de la ville de Annaba et ancien vice-président de la commune de Sidi Amar.

Il est actuellement poursuivi dans plusieurs affaires de corruption à Annaba.

La majorité des salariés refuse de céder à la provocation

Aïssa Menadi avait occupé de force le siège du syndicat d’ArcelorMittal, entreprise dont il ne faisait pourtant plus partie. L’ancien député, muni d’un mégaphone, était passé dans tous les ateliers du complexe pour appeler à la tenue d’une Assemblée générale.

Il menaçait de « chasser les expatriés d’Algérie », en référence au staff dirigeant. Saisi par la direction du complexe, le tribunal d’El Hadjar avait alors sommé l’ancien syndicaliste et ses partisans de libérer le siège du syndicat, mais après un refus d'obtempérer, ils lançaient une grève de la faim.

La majorité des travailleurs du complexe qui se reconnaissent dans la section syndicale dirigée par Smail Kouadria ont refusé la logique d’affrontement des partisans de Menadi. Les responsables du syndicat ont saisi la Gendarmerie nationale et la Justice.

Elu député de Guelma (ville proche de Annaba) le 10 mai 2012 sur la liste du Parti des travailleurs (PT), Smail Kouadria a démissionné de son poste. M. Mourad Difallah assure la continuité de l’action syndicale en tant que Secrétaire général par intérim, avant la tenue d’élections qui devraient intervenir dans quelques semaines.

L’avenir incertain du complexe

Le contrat de partenariat signé en 2001 entre MittalSteel – devenue depuis ArcelorMittal – et l’État algérien cédait 70% du complexe d’El Hadjar au géant mondial de l’acier, le groupe public Sider conservant pour sa part 30% des actions. Ce contrat a été reconduit en 2011.

En mars 2012, à la suite de plusieurs grèves déclenchées par les travailleurs du complexe, le Conseil d’administration d’ArcelorMittal Algérie a validé un plan d’investissement 2012-2017 d’un montant de 200 M€.

ArcelorMittal n’a pas encore réussi à atteindre la production d’un million de tonnes que le complexe avait réalisée du temps où le groupe public Sider était son unique propriétaire.

La multiplication des conflits sociaux au sein de l’entreprise, la gestion d’ArceloMittal qui n’a pas suffisamment investi et qui préfère importer certains produits de ses autres filiales plutôt que de continuer à les produire localement et l’intrusion intempestive de Aïssa Menadi qui semble disposer d’appuis aussi occultes qu’importants font planer un doute sur l’avenir du complexe.


A. Belkessam, à ALGER


Vendredi 15 Juin 2012



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