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Faire de la transition énergétique le socle fondateur d’une coopération nouvelle en Méditerranée

Par Christophe Madrolle, élu de Marseille, secrétaire national du front démocrate écologique et social



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Remise à François Hollande du rapport sur les enjeux environnementaux en Méditerranée (photo DR)
Remise à François Hollande du rapport sur les enjeux environnementaux en Méditerranée (photo DR)
Si l’on considère la Méditerranée comme une passerelle vers l’Afrique et non comme un fossé qui se creuse avec le continent européen, il existe alors aujourd’hui en Europe un vrai « besoin de Méditerranée ». Pour répondre à ce besoin, il faut imaginer de nouveaux modes de développement et de coopération, en particulier au Maghreb avec lequel la France entretient des rapports souvent complexes et passionnés mais fraternels.
 
À quelques mois de la COP21, alors que les enjeux climatiques vont mobiliser toutes les énergies et les consciences, il est urgent de « construire », selon l’expression du Président Hollande une « Méditerranée des projets, utile aux populations des deux rives ». Parmi ces projets figurent en bonne place toutes les initiatives qui pourront accompagner les transitions auxquelles ces pays émergents sont confrontés : la Méditerranée est en effet la région du monde, où toutes les transitions se croisent, se heurtent et se complètent qu’elles soient démocratiques, économiques, technologiques ou environnementales.
 
Au cours de la dernière décennie, la conscience environnementale et la mobilisation pour le développement durable ont beaucoup progressé en Europe, comme en Méditerranée et en Afrique.

Sur la rive sud le Maroc, la Tunisie et l’Algérie montrent la voie de la transition énergétique et écologique à tout un continent. Le défi est immense, l’objectif est vital si l’on considère la méditerranée comme une des régions du monde les plus vulnérables au changement climatique.
 
Parce que ces pays ont pris du retard, il nous faut leur permettre de sauter des étapes en s’engageant le plus vite possible dans des partenariats efficaces au service d’une coopération « positive » qui privilégie la « croissance verte ». Pour cela, il faut soutenir et favoriser les initiatives positives qui contribuent à répondre aux attentes légitimes exprimées par les populations.
 
Ces partenariats sont d’abord à rechercher à l’échelle européenne, mais l’Union européenne renâcle à franchir ce cap car les vieux réflexes sont tenaces et l’Europe a en effet encore du mal à s’imaginer un avenir en Afrique, comme en Méditerranée.
 
Aujourd’hui, la région sud-méditerranéenne demeure fragmentée économiquement, socialement et politiquement. Elle est sans doute l’une des régions les moins intégrées au monde qui peine à identifier ses points de convergence économiques, sociaux et environnementaux. Accompagner la transition énergétique comme la transition démocratique relève par conséquent d’une même démarche cohérente et audacieuse à laquelle la France doit adhérer.

Car si notre pays aspire à diffuser ailleurs son modèle « d’excellence environnementale » il aspire aussi à reprendre toute sa place en Méditerranée. Cette démarche ne pourra produire ses effets sans une réelle coproduction économique, technologique, sociale, fondée sur la recherche de solutions de fond et de promesses d’avenir. Il faut cesser de proposer des solutions correctives et descendantes comme il faut cesser de multiplier les cadres et les dispositifs de coopération pour proposer à ces pays une stratégie globale de mobilisation des moyens, des intervenants et des objectifs.

François Hollande présent à Medcop21

Les 4 et 5 juin 2015 2015, la Région Provence Alpes Côte d’Azur va accueillir à Marseille une rencontre des acteurs de la méditerranée autour de ces problématiques d’atténuation et d’adaptation aux changements climatiques en Méditerranée. Le Président de la république sera présent à cette Medcop 21, signe que les enjeux de la transition énergétique et écologique en Méditerranée dépassent le seul problème du changement climatique. La présence de François Hollande témoigne en réalité d’un choix politique clair qui consiste à renforcer la présence stratégique et le savoir-faire de la France sur la rive sud de la Méditerranée. Au-delà c’est à l’ensemble du continent africain qu’un message est porté.
 
A cette occasion, l’annonce d’une étude préfigurant la création d’une Agence Française de la transition Energétique et écologique en Méditerranée serait un signe d’un progrès majeur. Cette Agence permettrait à la France de faciliter l’intégration de ses entreprises sur des marchés en forte croissance. Cette agence faciliterait l’identification des projets porteurs d’un réel impact sur la transition énergétique et contribuerait à accompagner les porteurs dans les démarches d’ingénierie et de recherche de financement auprès des bailleurs internationaux. Elle travaillerait surtout à l’émergence d’une économie verte, plus respectueuse de l’environnement et moins créatrice d’inégalité. Nos voisins allemands sont aujourd’hui très présents au Maghreb, notamment par leur agence la GIZ qui est dotée de moyens conséquents. C’est un modèle dont nous devons nous inspirer.

Mais ne nous y trompons pas, Comme nous y invite le rapport du président Vauzelle, la construction d’une Méditerranée de projets autour d’une communauté de destin suppose de construire avec l’ensemble de nos partenaires les fondations d’une coopération plus large qui s’appuie sur tous les leviers du développement économique, technologique et social.
 
Il s’agit désormais de porter un regard neuf sur le co-développement, sur la contribution des collectivités locales, des associations, des entreprises, des réseaux constitués œuvrant en tant que catalyseurs d’une nouvelle coopération fondée sur des relations durables, prospectives, innovantes, au service de l’intérêt général car il s’agit du monde que nous souhaitons demain laisser à nos enfants.
 
En accédant au rang de pays émergents, les pays méditerranéens et africains n’ont pas d’autres choix que de s’engager dans un mode de production et de consommation durable en développant la coopération avec leurs voisins du nord de la Méditerranée mais aussi la coopération entre eux.
 
En assurant d’un soutien sans faille tous les pays qui s’engagent dans cette voie en Méditerranée la France manifestera sa volonté de construire une relation plus sure et plus équilibrée qui propose une autre vision de notre avenir commun.

Vendredi 29 Mai 2015









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