Econostrum | Toute l'actualité économique en Méditerranée


Ezzedine Kacem : "Je souhaite que la construction du port en eaux profondes d'Enfidha soit confiée aux Français"


Lors d'un entretien accordé à econostrum.info, pendant le salon Euromaritime (Marseille 4 au 6 février 2020), Ezzedine Kacem, président-fondateur du Cluster maritime tunisien, se félicite des avancées sur la création d'un port en eaux profondes d'Enfidha qu'il juge indispensable.


            Partager Partager

Ezzedine Kacem anonce que quatre Français se trouvent parmi les six candidats retenus pour la construction du port d'Enfidha (photo : F.Dubessy)
Ezzedine Kacem anonce que quatre Français se trouvent parmi les six candidats retenus pour la construction du port d'Enfidha (photo : F.Dubessy)
econostrum.info : Que représente aujourd'hui le Cluster maritime tunisien, près de deux ans après sa création ?

Ezzedine Kacem : J'ai créé le Cluster maritime tunisien en collaboration avec le Cluster maritime français lors de la Saison Bleue en Tunisie à Bizerte au mois de juin 2018 (NDLR : Première assemblée du Cluster en avril 2019). C'est le premier cluster maritime dans le continent africain et dans le monde arabe. Il est composé de vingt-trois membres fondateurs, chacun dans une spécialité bien déterminée, pêche, sécurité maritime, protection du littoral, ports de commerce, ports de plaisance, industries nautiques... Nous avons signé des conventions de partenariat bien avancées avec le Cluster maritime français et avec le Pôle Mer Méditerranée en octobre 2019 à Toulon. Nous sommes en train d'essayer de consolider encore plus la relation tuniso-française pour notre cluster, mais aussi notre port en eaux profondes.

Où en est-on justement sur ce dossier ?

E.K. : Nous venons de lancer hier (NDLR : mardi 4 février 2020) un dossier de consultation auprès de six entreprises intéressées dont quatre françaises, une américaine et un consortium turco-chinois. Avec l'ambassade de France en Tunisie, nous appuyons pour que les Français prennent ce marché de construction. Il y aura une autre consultation pour l'exploitation et le matériel d'acconage.

"Seules 30% des marchandises asiatiques s'arrêtent dans un port méditerranéen"

Les projets maritimes se multiplient en Tunisie (photo : F.Dubessy)
Les projets maritimes se multiplient en Tunisie (photo : F.Dubessy)
Pourquoi ce projet ?

E.K. : Aujourd'hui, la majeure partie du trafic ne s'arrête pas en Méditerranée, où il n'existe que douze ports en eau profonde et aucun en Afrique. Les ports méditerranéens ne reçoivent, par exemple, que 30% des marchandises en provenance d'Asie. Avec comme conséquences, davantage de congestion dans le Nord, un réseau de transport déséquilibré et moins de croissance dans le Sud. Il nous faut donc un port en eau profonde pour capter ces trafics.

Quelles seront les caractéristiques de ce port qui s'implantera à Enfidha ?

E.K. : D'une surface de 3 000 hectares dont 2 000 hectares de zone logistique, le port bénéficiera de vingt-cinq mètres de profondeur. Il pourra accueillir vingt millions de conteneurs par an. Situé au centre de la Tunisie, il sera connecté par voies ferrées avec six ports secs en projet à l'intérieur du pays. Ils assureront le dédouanement.

Nous voulons que ce port en eaux profondes soit un "global harbour" (NDLR : Port global) pour tout le continent africain et que la France et la Tunisie oeuvrent ensemble pour cela. La coopération Nord/Sud est très importante, il faut passer à la concrétisation en traçant un axe de coopération entre l'Europe et le Nord du bassin méditerranéen par la France et le continent africain par la Tunisie. Et ainsi ouvrir une porte face aux Chinois qui investissent massivement en Afrique. L'Europe, surtout à travers la France, doit prendre sa place avec ce "global harbour".

De quel montant sera l'investissement et sous quelle forme sera-t-il réalisé ?

E.K.: Nous fonctionnerons en PPP, partenariat public privé, entre la Tunisie et le constructeur étranger retenu et je souhaite qu'il s'agisse d'un Français. Le montant total de l'investissement sera d'environ 8 milliards de dinars tunisiens, soit entre 2,5 et 3 mrds€. La première phase des travaux débutera en septembre 2020 pour une livraison en 2023.

D'autres projets sont-ils prévus ?

E.K. : Nous allons doter le port de Radès, actuellement très congestionné, de deux nouveaux quais pour disposer d'un port régional. Un autre port en eaux profondes se trouve aussi à l'étude à Skhira pour les pétroliers ainsi qu'un projet Ecamed, avec les Français, pour l'électrification des quais des ports et trois ou quatre marinas à Mahdia, à Sfax, à Hergla.

Propos recueillis par Frédéric Dubessy
Mercredi 5 Février 2020

Lu 2023 fois




Droits d'auteur et/ou Droits sur les Dessins et Modèles
Le présent site constitue une œuvre dont Econostrum.info est l'auteur au sens des articles L. 111.1 et suivants du Code de la propriété intellectuelle. La conception et le développement dudit site ont été assurés par la société Econostrum.info. Les photographies, textes, slogans, dessins, images, vidéos, séquences animées sonores ou non ainsi que toutes œuvres intégrées dans le site sont la propriété d'Econostrum.info. Les reproductions, sur un support papier ou informatique, du dit site et des œuvres qui y sont reproduits sont interdites sauf autorisation expresse d'Econostrum.info.






Actus par pays

Voir en plein écran




Suivez-nous
Facebook
Twitter
YouTube
Newsletter


Actus par zones

Algérie Bosnie-Herzégovine Égypte Espagne France Grèce Israël Italie Jordanie Liban Libye Maroc Portugal Syrie Tunisie Turquie Europe MENA








À propos d'Econostrum.info


Econostrum.info est un média indépendant qui traite au quotidien l'actualité économique des pays riverains de la Méditerranée. Coopération économique, actualité des entreprises par secteur (Industrie, Services, Transport, Environnement, Finances), dossiers thématiques, actualité des aéroports, compagnies aériennes et maritimes (nouvelles destinations)... sont traités et analysés par une équipe de journalistes présents dans le bassin méditerranéen.