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Explusion vers le Maroc des 116 migrants entrés clandestinement à Ceuta


Rédigé par le Vendredi 24 Août 2018 | Lu 3001 commentaire(s)


Frontex pointe la politique timorée des Etats membres en matière d'éloignement des clandestins (photo : Frontex)
Frontex pointe la politique timorée des Etats membres en matière d'éloignement des clandestins (photo : Frontex)
MAROC / ESPAGNE. Ils ne seront pas restés longtemps sur le sol européen si convoité. Les 116 migrants entrés illégalement, mercredi 22 août 2018, dans l'enclave espagnole de Ceuta ont été renvoyés au Maroc. Seuls deux mineurs isolés sont restés en Espagne.

Face à la fronde contre ces expulsions collectives immédiates - orchestrée notamment par l'ONG Caminando Fronteras qui parle d'"énorme violation des droits humains par le gouvernement espagnol" -, le ministère espagnol de l'Intérieur souligne la légalité de l'opération. " Les migrants ont été transférées à un commissariat, identifiés - avec nom, nationalité, empreintes digitales - et toutes ont eu un avocat, un interprète et une aide médicale", commente le ministère.

"Il a été proposé à tous la possibilité de solliciter l'asile et ils ne l'ont pas fait", précise le communiqué. La préfecture de Ceuta indique dans un communiqué que l'expulsion a été permise par la réactivation d'un accord bilatéral entre l'Espagne et le Maroc.

Frontex réclame plus de mesures d'éloignements des clandestins

Cette nouvelle intervient alors que le directeur de l'agence Frontex préconise d'expulser plus d'étrangers en situation irrégulière. "Les Etats membres doivent prendre davantage de décisions effectives d'éloignement, qui soient mieux mises en oeuvre", souligne Fabrice Leggeri, dans un entretien accordé, jeudi 24 août 2018, au groupe de presse quotidienne régionale Ebra (Est Bourgogne Rhône-Alpes).

L'agence européenne des garde-frontières et garde-côtes évalue à "environ 75 000" les entrées irrégulières dans l'Union européenne en 2018 contre 1,2 million en 2015. Mais le nombre de migrants restant illégalement sur le sol européen "ne cesse d'augmenter", assure Fabrice Leggeri. En 2017, les Etats membres auraient procédé à 151 000 éloignements pour 204 700 entrées régulières.

"Si on continue ainsi, on envoie un message implicite aux migrants potentiels: tenter à tout prix de passer en Europe, car même si on est pris, on a toutes les chances d'y rester", insiste le patron de Frontex qui craint de voir "des clandestins créer dans certains quartiers une forme de société parallèle, fonctionnant sur une économie noire, comme des '"bulles'" où la loi ne s'applique pas ."