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En débat : passer du printemps arabe à l'été de la jeunesse ?


La Semaine Economique de la Méditerranée s'est close sur un débat entre acteurs européens et arabes du développement.


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EUROPE / MÉDITERRANÉE. Une fois lancées les révolutions du « printemps arabe », comment transformer ces fleurs en fruits dont pourraient profiter les jeunes des pays concernés ? Chacun a bien senti lors de la Semaine Economique de la Méditerranée , que l'enjeu fondamental résidait sur ce point. Les réponses globales seront difficiles à faire émerger.
 
La manifestation marseillaise a consacré sa huitième édition à ce défi. La séance plénière qui a clos ces journées d'échange s'en est faite l'écho persistant. Des attentes de la jeunesse de Marrakech, étudiées par l'Ocemo, à la création d'un réseau d'écoles de la seconde chance au Maghreb, annoncée par Philippe de Fontaine Vive (Banque Européenne d'Investissement) et par l'Universitaire Jean-Louis Reiffers (Institut de la Méditerranée), les initiatives ne manquent pourtant pas.
 
Wafa Makhlouk Sayadi, du Centre des Jeunes Dirigeants de Tunisie donne le ton : beaucoup de diplômés de l'enseignement supérieur et peu d'emplois pour eux dans le pays, un grand besoin d'artisans ici, et là une pénurie de main-d'œuvre. Un discours confirmé par Najet Fakhfakh, une responsable tunisienne de structures culturelles.
 
Le CJD a donc monté une campagne de communication pour essayer d'inverser la tendance : une convention avec le ministère du Travail, et des clips quotidiens de promotion des métiers manuels à la TV nationale en constituent les principaux moyens. La plomberie et l'électricité au secours du plein emploi ? 

La société a besoin d'artisans

Le Palais de la Bourse de Marseille faisait salle comble pour le débat (photo MN)
Le Palais de la Bourse de Marseille faisait salle comble pour le débat (photo MN)
« Les chômeurs doivent trouver une issue, et un prof de maths peut devenir créateur d'entreprise. »  En tout cas, Wafa Makhlouk Sayadi témoigne d'une conscience des entrepreneurs tunisiens et de leur rôle face à la crise ouverte : « il est nécessaire de valoriser le créateur d'entreprise » estime-t-elle, car beaucoup reposera sur ses épaules.
 
Le blogueur activiste Slim Jerbia   regrette la « confiscation de la Révolution. Les jeunes, qui ont fait cette Révolution, ne veulent plus participer aux élections, à cause de la quantité d'argent sale qui circule dans le monde politique. » Pour lui, une jeunesse « écartée, déçue, en mal de reconnaissance » se place en situation de retrait. L'Europe y a sa part de responsabilité, souligne-t-il.
 
 « La Tunisie a vu affluer beaucoup d'argent, mais comme le système de corruption n'a pas disparu avec l'ancien régime, cet argent n'est pas allé là où il aurait été utile à la jeunesse ». Les activistes ne savent pas comment lever des fonds, et les appels à projets administrativement compliqués leur échappent. « La mobilité contrariée empêche ceux à qui profiteraient vos moyens de s'informer à la source ».
 
L'Europe acceptera-t-elle d'assouplir sa politique de délivrance des visas pour faciliter cette mobilité que les jeunes maghrébins appellent de leurs vœux ?  Un accroissement –limité en période de décrue budgétaire européenne- des bourses Erasmus Mundus, semble envisagé. Mais peu sera fait au-delà. En tout cas, personne, sur la rive Nord, ne s'y engage vraiment.

Penser vert, penser emploi

Blogeur activiste déçu et jeune entrepreneur agissante, un peu d'humour sur une situation difficile avec Slim Jerbia et Wafa Makhlouk Sayadi (photo MN)
Blogeur activiste déçu et jeune entrepreneur agissante, un peu d'humour sur une situation difficile avec Slim Jerbia et Wafa Makhlouk Sayadi (photo MN)
Mats Karlsson, le directeur du Centre de Marseille pour l'Intégration en Méditerranée constate ce besoin de reconnaissance et d'avenir. « Les jeunes ont besoin d'être socialement assurés, de pouvoir se loger, se soigner…longtemps les gouvernements ont subventionné les carburants. Ils pourraient désormais subventionner de préférence la satisfaction de ces besoins, penser vert, penser emploi. »
 

Invité de cette Semaine Économique de la Méditerranée, le maire de Tripoli (Liban), Nader Gazhal, estime qu'il revient aux collectivités locales de coopérer face à ce défi. « La coopération entre gouvernements a trouvé ses limites ».
 

Au Maroc, la politique de réformes produit des résultats selon Khalid Beladi. Le délégué communal à la Jeunesse de Marrakech, propose à l'Union Européenne de créer avec les pays du Sud et de l'Est méditerranéen « une entité gérant plusieurs volets d'une politique de la jeunesse qui prépare une génération à l'emploi en faisant œuvre de prospective, notamment sur les besoins. Mais », souligne-t-il « une politique de financement doit aller de pair ».
 

Mais comment une Europe en prise avec la crise économique pourra-t-elle aider un sud méditerranéen qui cherche, lui, à éviter une gravissime crise générationnelle ?

Lundi 22 Octobre 2012




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