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En chute en 2009, le tourisme euro-méditerranéen doit s'adapter


EUROPE / MEDITERRANEE. L'association méditerranéenne du tourisme publie un rapport sur les "éléments de vision pour un tourisme euro-méditerranéen ". L'objectif est de dresser un état des lieux et de proposer des pistes de redynamisation.


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Le tourisme euro-méditerranéen doit s'adapter (photo F.DUBESSY)
Le tourisme euro-méditerranéen doit s'adapter (photo F.DUBESSY)
EUROPE / MEDITERRANEE. Suite au traité de Lisbonne ratifié en octobre 2009, la Commission de l'Union européenne a une compétence directe sur le tourisme depuis le 1er décembre 2009. Ses membres se sont donc penchés, lors de la réunion Euromed à Bruxelles le 16 décembre 2009, sur le sujet du tourisme euro-méditerranéen.

Réunis à l'initiative de la Chambre Belgique - Luxembourg Pays arabes et de la Commission européenne, cette manifestation a permis de tracer les enjeux d'un tourisme méditerranéen pesant 200 mds€ de recettes, selon l'OMT (Organisation Mondiale du Tourisme), mais qui connaît un recul de sa part de marché mondiale qui passe de 34,65% des arrivées internationales à 32% entre 2000 et 2009. Et surtout d'élargir son champ d'action à l'Europe entière.

Cet écart de parts de marché s'expliquerait par une forte diminution de la part de marché mondiale dans les pays méditerranéens du nord non encore compensée par l'augmentation constatée dans les pays de l'est méditerranéen, du sud et des Balkans.

Le nombre d'arrivées internationales dans les dix-neuf états membres non méditerranéens de l'Union européenne est estimé à 254 millions (chiffres 2008).

Les huit Etats membres méditerranéens (du Portugal à la Grèce) en recensent 217 millions de plus.

 

Avec les seize pays méditerranéens non membres de l'UE, ce sont 82 millions de touristes supplémentaires qui sont accueillis.

 

Ce sont ainsi plus de 550 millions d'arrivées sur les 43 marchés (de l'Union pour la Méditerranée) (UpM) qui sont concernées par le tourisme euro-méditerranéen. Soit 60% des arrivées mondiales et 450 mds€ de dépenses (hors transport et équipements).


Le tourisme euro-méditerranéen en baisse

La Commission européenne va devoir réfléchir au moyen de faire fructifier ce chiffre alors que les indicateurs montrent une baisse continue depuis le début du siècle. Un Commissaire au tourisme sera d'ailleurs désigné dans les prochaines semaines.


META (Mediterranean Travel Association), qui participait à la réunion bruxelloise et entend porter sa contribution à la prochaine, publie indépendamment un rapport sur les "éléments de vision pour un tourisme euro-méditerranéen ", pour trouver de pistes de redynamisation.

Association internationale sans but lucratif, META regroupe les professionnels publics et privés du tourisme concernés par les destinations euro-méditerranéennes et leurs administrations.

 

Pour son président, Etienne Pauchant, "ce nouvel élan dans le tourisme euro-méditerranéen ne pourra s’établir que par une action utile vis-à-vis des citoyens, en travaillant avec tous les acteurs, au premier chef les professionnels, mais également les acteurs publics et les activités touristiques régionales et locales dans des partenariats public/privé."
 


Dans son document, META  évalue à 279 millions les arrivées internationales en Méditerranée en 2009 contre 300 millions en 2008. La baisse la plus importante depuis 2000. Force de l'euro, succession de crises financières, économiques et sociales expliquent cette désaffection.


Les flux financiers profitent bien plus aux pays du Nord que du Sud

Les nouveaux pays touristiques, ici la Croatie, devront prendre garde à mieux répartir les flux financiers (photo F.DUBESSY)
Les nouveaux pays touristiques, ici la Croatie, devront prendre garde à mieux répartir les flux financiers (photo F.DUBESSY)
La prochaine réunion ministérielle consacrée au tourisme des pays regroupés dans l'UPM se déroulera le 20 mai 2010 à Barcelone en Espagne. L'Union Pour la Méditerranée peut jouer un rôle majeur dans l'émergence d'un tourisme euro-méditerranéen.

"La Commission de l’U.E. dispose dès à présent d’un cadre juridique moins contraignant pour entrer le tourisme dans les objectifs prioritaires de l’Union Européenne. Il en est de même pour l’Union pour la Méditerranée. Ces sujets seront abordés dans l’observation stricte des règles du nouveau traité de Lisbonne : co-décision, système de vote à majorité qualifiée" souligne Etienne Pauchant.

Ce secteur ne pourra pas faire l'impasse sur le dossier du changement climatique. Le Mediterranean Action Plan (MAP) identifie neuf actions pour limiter l'impact du tourisme sur l'environnement qui se regroupent dans trois chapitres : d'abord réduire les impacts territoriaux et environnementaux négatifs du tourisme (meilleure répartition des flux touristiques dans l'espace et dans le temps par exemple), ensuite promouvoir les produits et les offres de tourisme durable et augmenter la valeur ajoutée de l'économie touristique pour les populations locales, enfin améliorer la gouvernance pour un tourisme durable.

META plaide pour une réduction des inégalités nord-sud dans les flux financiers issus du tourisme. Les pays accueillant les touristes se voient ainsi "amputés" par les pays qui envoient leurs clients de recettes importantes. Les émetteurs maîtrisent en effet la distribution, le transport et l'hébergement sur le lieu de destination. "Les sommes dépensées dans le pays de destination se limitent aux versements des salaires et des charges payées localement, aux taxes, à l'achat des denrées alimentaire, à la maintenance technique des locaux et des matériels et aux achats de souvenirs ou d'activités de réceptif par les clients" note ainsi le rapport.

Et Meta de mettre en garde pour que ces schémas ne se reproduisent dans les nouveaux pays touristiques comme le Montenegro, la Bosnie-Herzégovine, le Kosovo, la Serbie, la Macédoine, la Mauritanie, l'Algérie, la Libye et les Territoires palestiniens.

Une première piste pourrait être d'inciter les agents de voyages à investir le tourisme réceptif pour développer les achats sur place. Cette profession se trouve d'ailleurs en pleine restructuration avec la directive de libération des services qui sera intégralement transposée dans les droits nationaux des Etats membres d'ici le 28 décembre 2009.

Le ciel européen n'est pas assez ouvert aux compagnies du Sud

Pour accompagner le développement des croisières, de nouveaux ports de tête de ligne doivent voir le jour (photo F.DUBESSY)
Pour accompagner le développement des croisières, de nouveaux ports de tête de ligne doivent voir le jour (photo F.DUBESSY)
Autre frein à la circulation entre le sud et le nord de la Méditerranée, les visas. META met ainsi en lumière les difficultés pour les habitants d'Afrique du nord et du Moyen-Orient à se rendre sur des destinations comme l'Andalousie sur des produits shopping ou culturel.

Prévu pour la fin de l'année 2010, le programme VIS (Visa Information System) devrait faciliter tout cela en accordant les mêmes conditions aux ressortissants non européens que celles accordées aux ressortissants de l'Union européenne.

META prône également "l'ouverture du ciel européen aux cieux méditerranéens". Le projet EuroMed Aviation, qui bénéficie depuis 2007 d'un budget MEDA de 5M€,  devrait livrer ces conclusions en 2010 et permettre aux pays partenaires que sont l'Algérie, l'Egypte, Israël, la Jordanie, le Liban, le Maroc, les Territoires palestiniens, la Syrie, la Tunisie et la Turquie de bénéficier pleinement de cette ouverture.
Malgré quelques accords dits de "ciel ouvert" signés par ces pays avec l'Union européenne, leurs compagnies aériennes ont toujours du mal à trouver des créneaux horaires (slots) disponibles dans les aéroports européens.

Mais, la Méditerranée est d'abord une mer et META n'oublie pas d'encourager le développement des croisières. 2,6 millions de passagers par an naviguent actuellement en Méditerranée. 150 ports peuvent accueillir ces navires qui jouent de plus en plus la surenchère en terme de capacité. "Compte tenu de la forte évolution du parc des paquebots, et la tendance au gigantisme, il sera rapidement nécessaire que le nombre de ports méditerranéens accessibles aux forts tonnages soient plus nombreux qu'ils ne le sont jusqu'à présent" commente le rapport. D'autant plus que les ports  de tête de lignes se concentrent au nord de la Méditerranée (Italie, Espagne, France et Grèce).


Voir l'étude complète de META sur les "éléments de vision pour un tourisme euro-méditerranéen"

Lire aussi : Le tourisme méditerranéen souffre plus au nord qu'au sud
France, Italie et Espagne s'unissent pour attirer en Méditerranée les touristes lointains 


Lundi 21 Décembre 2009

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