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Emerging Valley œuvre au rapprochement entre start-up françaises et africaines


La seconde édition d'Emerging Valley à Marseille et Aix-en-Provence a permis aux start-up et aux écosystèmes français et africains de renforcer leurs réseaux.


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Emerging Valley devient le rendez-vous des start-up africaines (photo : F.Dubessy)
Emerging Valley devient le rendez-vous des start-up africaines (photo : F.Dubessy)
MEDITERRANEE / AFRIQUE. "Rapprocher les deux continents grâce à la jeunesse qui innove." Voici le credo de Samir Abdelkrim, fondateur et organisateur d'Emerging Valley (Marseille et Aix-en-Provence les 21 et 22 novembre 2018). Ce baroudeur, spécialiste incontesté des start-up africaines, récidive après une première édition en 2017.

Premier événement labellisé "Digital Africa ", cette manifestation a permis une nouvelle fois de renforcer les réseaux entre acteurs de l'innovation et start-up françaises et africaines. A l'image du rapprochement entre l'incubateur marseillais P.Factory et son homologue africain Jokkolabs signé sur place. Ou encore de Cédric Atangana, basé dans la cité phocéenne et qui créé de la valeur en Afrique. "Je suis un produit de l'association entre l'Afrique et l'Europe", confie le CEO et cofondateur de WeCashUp âgé de vingt-sept ans. Ingénieur en informatique, diplômé de Polytech Marseille, il a d'abord développé sa plate-forme universelle de paiement au Cameroun avant de conquérir trente-six pays. WeCashUp agrège les 165 solutions de paiements différentes existantes dans les cinquante-quatre pays africains. Air France, Amazon ou encore Google constituent le haut du panier de son portefeuille clients.

"50% des transactions par mobile viennent d'Afrique"

Africains et Provençaux réunis pour consolider les réseaux entre ecosystèmes de start-up en France et en Afrique (photo : F.Dubessy)
Africains et Provençaux réunis pour consolider les réseaux entre ecosystèmes de start-up en France et en Afrique (photo : F.Dubessy)
"Marseille est en train de devenir la capitale de l'innovation en Afrique", assure Jérémie Pellet. Pour le directeur général délégué de l'Agence française de développement (AFD), "il est temps de changer de regard sur l'Afrique qui connaît un bond technologique (...) Le numérique peut être un facteur clivant, créateur d'inégalités entre ceux qui disposent de la technologies et les autres. Mais, sur ce continent africain, il devient inclusif", se félicite-t-il.

La plupart des intervenants ont insisté sur la fragmentation du continent africain. "La population va être multipliée par trois, il faut massifier les défis", comme le souligne Fatoumata Ba, CEO et fondatrice de Djaango en Côte d'Ivoire. Mais aussi sur "l'entreprenariat plus important que sur les autres continents, notamment chez les femmes", indique Othman El Ferdaous, secrétaire d'Etat chargé de l'investissement auprès du ministre marocain de l'Industrie, de l'Investissement, du Commerce et de l'Economie numérique.

"L'Afrique est une terre de contraste. Le taux de bancarisation reste très faible, de 16 à 10%, alors qu'elle recense 700 millions de comptes de mobiles avec solution de paiement. Aujourd'hui, le continent représente plus de 50% des transactions financières par mobile dans le monde avec 500 M$ de transactions par jour. De nos contraintes naissent beaucoup d'opportunités", lance Omar Cissé. Un million de transactions passent par son application InTouch. Le CEO et fondateur au Sénégal a pour ambition de couvrir trente-huit pays dans les trois à quatre ans à venir. "Pour faire du business en Afrique, il faut du paiement mobile", assure Cédric Atangana.

"Quel problème je vais résoudre ?"

Le financement pose problème aux start-up mais les solutions se développent (photo : F.Dubessy)
Le financement pose problème aux start-up mais les solutions se développent (photo : F.Dubessy)
Selon Cédric Atangana, "l'innovation du monde se passe en Afrique." Othman El Ferdaous le rejoint volontiers lorsqu'il évoque "la culture de la start-up en Afrique. Même si l'entrepreneur africain doit faire trois fois plus d'efforts pour réussir. Ici il n'existe pas de Nasdaq et la sortie de l'investisseur se pose." Le secrétaire d'Etat marocain demande d'ailleurs "aux grandes entreprises d'aider les start-up. Car, seule une grande entreprise peut voir le potentiel d'une start-up et lui offrir une voie de sortie."

Peu nombreux, les investisseurs existent pourtant. Kenza Lahlou s'intéresse aux start-up fintech, agritech, logistique...avec des tickets compris entre 50 000 et 500 000 $. "Celles qui vont aller vers la technologie pour résoudre un problème", indique la cofondatrice d'Outlierz Ventures. Basé au Maroc, elle avoue "regarder toute l'Afrique et notamment celle francophone qui obtient moins de financement." Kenza Lahlou insiste sur le premier différenciateur des start-up africaine. "Ici, quand vous pensez start-up, vous pensez, quel problème je vais résoudre ? Vous devez vous orienter sur du mass-market et du B to B, à cause du marché spécifique."

L'opérateur Orange a créé un véhicule pour financer les start-up technologiques, Orange Digital Ventures. Son manager, Grégoire De Padirac, regrette qu'à population égale, "l'Inde lève quatre fois plus d'argent que l'Afrique." Son entreprise a lancé un fonds de 50 M€ dédié à l'Afrique avec des tickets de 1 à 3 M€. "Nous voulons être connectés aux futurs champions africains", affirme-t-il.

Jérémy Hajdenberg, dirigeant d'Investisseurs & Partenaires et membre du Conseil présidentiel pour l'Afrique (initié par Emmanuel Macron), précise qu"en 2017, 124 start-up africaines ont levée 565 M$."

"Sur les 100 000 mrds$ de fonds investis dans le monde, 380 mrds le sont en Afrique", soulève Yves Delafon. Président d'Africalink, réseau de chefs d'entreprises provençaux et africains, il a cofondé la BCI en Mauritanie et se refuse à toute langue de bois. "Notre banque ne finance pas les Pme, car nous ne disposons pas des fonds suffisants. 80% des Pme africaines n'ont d'ailleurs pas accès au crédit bancaire. Sur ce continent, le risque de crédit des Pme est énorme." Il évoque un "trou dans la raquette, majeur et anormal, entre la lovemoney autour de 50 000 € et le niveau minimum d'investissement des institutions financières de 2 M€."

Une des solutions pourrait être le financement participatif (crowdfunding). Avec sa plate-forme, Thameur Hamdane, le créateur d'Afriqwity en Tunisie, ne source que des start-up digitale africaines. Il permet d'investir en capital à partir de 100 €. Selon lui, "le premier enjeu reste l'identification des start-up notamment pour la diaspora africaine évaluée à 30 millions de personnes et qui disposerait de 50 mrds€ d'épargne alors que 80% d'entre-eux chercheraient des opportunités d'investissement."


Mercredi 21 Novembre 2018

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