Econostrum | Toute l'actualité économique en Méditerranée


Emerging Valley fait briller les start-up africaines sous le soleil provençal


La troisième édition d'Emerging Valley a permis des échanges entre les start-up digitales européennes, méditerranéennes et africaines, leur écosystème et les institutions. L'événement s'installe comme le hub de réflexion dans ce domaine entre les deux continents.


            Partager Partager

Les élus des deux continents étaient présents pour soutenir l'initiative d'Emerging Valley (photo : F.Dubessy)
Les élus des deux continents étaient présents pour soutenir l'initiative d'Emerging Valley (photo : F.Dubessy)
FRANCE / AFRIQUE. Nouvelle commissaire européenne à l'innovation, la recherche, la culture et la jeunesse, Mariya Gabriel a réservé sa première déclaration publique lors d'un message vidéo adressé au public d'Emerging Valley, mercredi 4 décembre 2019. "Le numérique est notre futur, et ni l'Europe, ni l'Afrique ne peuvent louper ce rendez-vous ", son affirmation pouvait lancer les débats, même si elle prêchait uniquement des convertis.

Comme l'organisateur et maître de cérémonie de cette troisième édition, Samir Abdelkrim pour qui "les grandes disruptions de demain ne sortiront pas des visions froides et désincarnées de l'utopie transhumaniste et du techno-progressisme qui font florès dans la Silicon Valley. Non. Elles émergeront du Sud de la Méditerranée, en bâtissant chaque jour davantage une "Tech for Good" qui, grâce à l'innovation organique, met la technologie au service de l'humain et non l'humain au service de la technologie."

Après la tenue du Sommet des deux rives, puis le troisième acte de la Méditerranée du Futur, Emerging Valley, implanté pendant deux jours à The Camp (Aix-en-Provence), prouvait encore une fois la vocation méditerranéenne et africaine de la région Aix-Marseille. "Le lieu en Europe du Sud, trait d'union entre l'Europe et l'Afrique, c'est ici, sur ce territoire", clame Jean-Luc Chauvin. Pour le président de la Chambre de commerce et d'industrie Marseille-Provence (CCIMP), "c'est l'économie qui crée la richesse, le rapprochement entre les peuples, le développement."

150 start-up et incubateurs

Avec Emerging Valley, Samir Abdelkrim veut renforcer les liens entre start-up africaines et françaises (photo : F.Dubessy)
Avec Emerging Valley, Samir Abdelkrim veut renforcer les liens entre start-up africaines et françaises (photo : F.Dubessy)
"Notre expérience peut se mettre au profit des pays d'Afrique et des décideurs africains. Aujourd'hui, les talents de ce territoire rencontrent les talents d'Afrique", indique également Laure-Agnès Caradec, tout juste reconduite au poste de présidente de l'Etablissement public d'aménagement Euroméditerranée. Alors que Didier Parakian, adjoint au maire de Marseille, délégué à l'économie et aux relations avec les entreprises, souligne la présence "de quatorze câbles sous-marins" dans la cité phocéenne pour la relier au monde.
Pour Christophe Itier, Haut-commissaire français à l'Economie sociale et solidaire et à l'innovation sociale, "aujourd'hui, notre histoire collective entre l'Europe et l'Afrique se trouve sur la tranche de la pièce. A nous de la faire tomber du bon côté."

Au cours de ses deux journées, entre séances plénières, ateliers et rencontres informelles, les participants ont évoqué le financement des start-up, l'innovation technologique, le renforcement des éco-systèmes africains, l'agrotech, l'industrie 4.0, les sciences et l'entrepreneuriat... Quelque 150 start-up et incubateurs africains, méditerranéens et européens se trouvaient réunis pour échanger.

Déficit de compétences

Sessions plénières et ateliers se sont succédés pour cette troisième édition (photo : F.Dubessy)
Sessions plénières et ateliers se sont succédés pour cette troisième édition (photo : F.Dubessy)
"Le digital offre une réponse extraordinaire aux différents défis climatique ou des migrations. Mais, la plupart des initiatives restent du saupoudrage. Il faut rentrer dans le concret, passer plus vite de l'incubation à l'accélération", demande Sarah Toumi, entrepreneuse franco-tunisiennne (Acacias for all) et membre du Conseil présidentiel pour l'Afrique créé par Emmanuel Macron. Taleb Sid Ahmed, ministre mauritanien de la Jeunesse, regrette lui la difficulté à développer le digital. "Il existe beaucoup de discours, mais nous ne constatons pas de transformation profonde et nous n'atteignons pas le niveau attendu." Il attribue ce manque de concret à "des carences dans l'éducation et un véritable déficit de compétences qui empêche de profiter des nouvelles technologies. Les politiques n'ont pas su soutenir les start-up", analyse Taleb Sid Ahmed qui lance une politique d'incubateurs dans son pays.

"Il existe tellement d'opportunités en Afrique, mais ceci demande une assistance technique", reconnaît Bosun Tijani. Co-fondateur et CEO au Nigeria de Co-Creation Hub, qui justement apporte son expertise aux start-up. "Le système de soutien reste très faible. Ce qui est le, plus important en Afrique, ce sont les partenariats", relève-t-il. C'est l'avis également de Fatimah Nasser, CEO de Yummy en Libye : "Nous avons besoin de l'expertise et de réseaux. Il ne faut pas chercher de l'argent avant d'avoir prouvé."

"L'Afrique doit faire confiance à sa jeunesse"

Emmanuel Noutary (Anima Investment Network) et Mehdi Alaoui (La Factory) ne pensent pas qu'au financement (photo : F.Dubessy)
Emmanuel Noutary (Anima Investment Network) et Mehdi Alaoui (La Factory) ne pensent pas qu'au financement (photo : F.Dubessy)
L'argent se présente comme le nerf de la guerre dans le développement de entreprises. "Il faut mettre fin à la vallée de la mort", insiste Samir Abdelkrim. L'Agence française de développement a dévoilé à Emerging Valley - "Quand on a une annonce à faire dans le cadre du lien entre nos deux continents, c'est maintenant ici qu'on le fait", se plait à indiquer Samir Abdelkrim - le lancement d'un fonds de 15 M€ dédié aux start-up africaines.

Creadev, fonds de la Famille Mulliez, accompagne les entrepreneurs du continent sur le long terme, "pour qu'ils deviennent des champions subafricains", indique Pierre Fauvet. "Nous accompagnons avec du capital, et des tickets de 1 à 10 M€ mais aussi une boîte à outil", poursuit le directeur des participations de Creadev. Il sélectionne des start-up africaine développant un post-revenu d'1 M$ avec un enjeu de croissance. "Il faut des talents, une vision et un plan pour aller vers cette vision", résume-t-il.

Mehdi Alaoui, fondateur de la Factory au Maroc, ose le contre-pied. "Aujourd'hui, les start-up ont davantage besoin de contrat client que de financement. Nous mettons donc en contact les start-up du numérique avec les grands groupes qui ont une stratégie digitale", souligne-t-il. A ce jour, il enregistre une centaine de contrats signés pour 3,5 M€. "L'Afrique doit faire confiance à sa jeunesse, et ceci passera par les entreprises. Ce que peuvent faire la France et l'Europe, ce n'est pas forcément des financements mais signer des contrats", note Mehdi Alaoui. "Il ne faut pas réduire le débat à juste aller chercher un investisseur", pense Emmanuel Noutary.
Selon le délégué général d'Anima Invest Network, "le leader est l'une des données de l'équation mais il faut peut-être déconnecter la recherche de leaders de la recherche de projets. Si nous avons de bons projets, nous trouverons à y connecter des leaders."

Jeudi 5 Décembre 2019

Lu 2505 fois




Droits d'auteur et/ou Droits sur les Dessins et Modèles
Le présent site constitue une œuvre dont Econostrum.info est l'auteur au sens des articles L. 111.1 et suivants du Code de la propriété intellectuelle. La conception et le développement dudit site ont été assurés par la société Econostrum.info. Les photographies, textes, slogans, dessins, images, vidéos, séquences animées sonores ou non ainsi que toutes œuvres intégrées dans le site sont la propriété d'Econostrum.info. Les reproductions, sur un support papier ou informatique, du dit site et des œuvres qui y sont reproduits sont interdites sauf autorisation expresse d'Econostrum.info.




À propos d'Econostrum.info


Econostrum.info est un média indépendant qui traite au quotidien l'actualité économique des pays riverains de la Méditerranée. Coopération économique, actualité des entreprises par secteur (Industrie, Services, Transport, Environnement, Finances), dossiers thématiques, actualité des aéroports, compagnies aériennes et maritimes (nouvelles destinations)... sont traités et analysés par une équipe de journalistes présents dans le bassin méditerranéen.