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EDF explore la voie du charbon vert


Dans la centrale électrique de Cordemais, en Loire-Atlantique, les ingénieurs d'EDF tentent de remplacer une partie du charbon utilisé comme carburant par de la biomasse issue de déchets verts.


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La centrale de Cordemais est l'une des dernières centrales thermiques d'EDF. Photo EDF.
La centrale de Cordemais est l'une des dernières centrales thermiques d'EDF. Photo EDF.
Nouvelles normes d'émissions atmosphériques obligent, EDF a déjà arrêté une douzaine d'unités de production d'électricité fonctionnant au charbon ou au fioul. En France, EDF ne compte plus que deux sites qui fonctionnent au charbon, la centrale du Havre et celle de Cordemais, en Loire-Atlantique. La centrale thermique de Cordemais emploie 426 personnes, mais est condamnée à moyen terme en dépit de 350 M€ d'investissements consacrés depuis cinq ans à la réduction de ses émissions atmosphériques.
 
Mais EDF a peut-être trouvé une solution pour donner une seconde vie aux centrales à charbon. Depuis 2015, les ingénieurs d'EDF tentent en effet de remplacer une partie du charbon par de la biomasse issue de déchets verts.
 
Ce programme expérimental de co-combustion de biomasse conduit dans le cadre du programme de recherche international CEATI (Center for Energy Advancement Technological Innovation) a permis de réduire de 80% les émissions d'oxyde d'azote, de 90% celles de soufre, et d'absorber 99% des poussières crachées par les cheminées des deux unités à charbon. 

Des pellets trop chers

Les déchets verts peuvent servir de carburant pour les centrales à charbon. Photo EDF.
Les déchets verts peuvent servir de carburant pour les centrales à charbon. Photo EDF.
EDF teste comme carburant depuis 2016 des granulés de sciure de bois. Ces pellets sont importés de Norvège subissent un vapocraquage pour présenter une valeur énergétique comparable au charbon.
 
Avec un mélange de 20% de pellets pour 80% de charbon, le test conduit à Cordemais s'avère concluant d'un point de vue technique. Beaucoup moins au niveau économique. Les pellets coûtent en effet trois fois plus cher que le charbon.
 
EDF poursuit ses études, car la solution thermique est idéale pour faire face aux pics de consommation. Contrairement au vent ou au soleil, le carburant (charbon et pellets) peut être stocké et rendu très vite disponible au niveau demandé pour produire de l'électricité.
 
Reste à résoudre le problème du coût de l'approvisionnement avec comme objectif un approvisionnement local et une transformation in situ.
 
Concernant la transformation, les chercheurs de l'université de Nancy ont traité fin 2016 des déchets verts par explosion de vapeur, leur permettant ainsi de dégager une valeur énergétique inférieure de seulement 25% à celle du charbon. Une production locale alternative aux pellets norvégiens semble donc envisageable. La transformation à un coût compétitif ne représente pas un obstacle insurmontable car la centrale de Cordemais possède des générateurs de vapeur d'une puissance suffisante pour « doper » les déchets verts.

Enormes enjeux

En matière d'approvisionnement, la direction de la centrale de Cordemais a pris contact avec les collectivités du département de Loire-Atlantique pour évaluer la faisabilité économique du traitement de 15 000 tonnes de déchets verts par an, dans un rayon de 100 kms. Les collectivités concernées payent actuellement le traitement de ce type de déchets 30 € la tonne. La solution proposée par EDF réduirait cette somme de 50% tout en finançant le transport.
 
EDF travaille actuellement à la mise en service d'ici fin 2017 d'un prototype d'unité de densification. Cet investissement de 400 000 € permettra de savoir si le procédé arrive à produire de l'électricité à un coût compétitif.
 
Une réponse affirmative ouvrirait des perspectives considérables, car de nombreux pays utilisent encore des centrales à charbon. Plus de quart de l'électricité mondial est produite avec du charbon.
 
EDF évalue le coût de la construction d'une unité de densification à 15 M€. Il faudra alors passer à l'échelon supérieur, les besoins en biomasse étant évalués à un peu moins de 5 millions de tonnes par an.

Mardi 2 Mai 2017

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