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"Donner plus de pouvoir aux femmes conditionne le développement économique"



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"Donner plus de pouvoir aux femmes conditionne le développement économique"

Patricia Augier et Layla Al-Qasim intervenait dans l'atelier Femise/Institut de la Méditerranée dans le cadre d'Emerging Valley (photo : F.Dubessy)
Patricia Augier et Layla Al-Qasim intervenait dans l'atelier Femise/Institut de la Méditerranée dans le cadre d'Emerging Valley (photo : F.Dubessy)
Alors que 75% des diplômés sont des femmes, seules 25% d'entre elles travaillent ou recherchent un emploi au Sud et à l'Est du bassin méditerranéen. Patricia Augier relève que "ce niveau d'exclusion des femmes est non seulement incroyable et le plus bas de toutes les régions, mais insoutenable du point de vue économique." D'autant plus que le travail rémunéré et à l'extérieur du foyer constitue le principal facteur d'émancipation des femmes. "Ces pays se privent d’une force de travail bien formée et d’un capital humain", constate la présidente des comités scientifiques du Femise et de l'Institut de la Méditerranée (IM).

"Il faut agir sur plusieurs plans, macro d'abord mais aussi sur la mise en relation des jeunes femmes avec les acteurs de la finance et en écoutant les priorités des entrepreneurs", souligne Constantin Tsakas, secrétaire général du Femise, délégué général de l'IM et à l'origine de cet atelier "Change Makers". Ce dernier a été organisé dans le cadre d'Emerging Valley (Aix-en-Provence 4/5 décembre 2019), consacré au renforcement du pouvoir des femmes et des jeunes en Méditerranée et en Afrique avec la mise en valeur de plusieurs initiatives en ce sens.

Afin d'encourager les Jordaniennes à venir travailler dans l'hôtellerie, Layla Al-Qasim (17 Asset Management) développe des services gratuits dans un hôtel cinq étoiles à Amman (Landmark hotel Continental) comme la création d'une crèche, des transports, des cours... La Libanaise A'Laa Chbaro veut "redonner de l'ambition aux femmes qui possèdent de très bonnes idées mais ont peur de se lancer." La directrice de la branche Mena de l'association internationale Impact the world qui soutient l'entrepreneuriat social.

"S'entraider et disséminer les success stories"

Constantin Tsakas interroge Samah Ben Dhia d'Altafemina (photo : F.Dubessy)
Constantin Tsakas interroge Samah Ben Dhia d'Altafemina (photo : F.Dubessy)
Pour Karine Moukkadem, chercheuse rattachée au Femise étudiant l'inclusivité et l'autonomisation des femmes par l'entrepreneuriat social, "il faut s'entraider et disséminer les success stories. L'égalité des genres doit être la priorité." La jeune libanaise a notamment contribué en 2019 à la stratégie jeunesse de l'Union pour la Méditerranée.
C'est bien l'avis aussi de Samah Ben Dhia. "La société est composée à 50% d'hommes et à 50% de femmes, il n'existe aucune raison pour ne pas retrouver cette parité dans toutes les strates de la société", commente la présidente de l'association Alta Femina. Elle veut "permettre aux femmes d'accéder à des postes de direction en prônant des valeurs de mixité et de solidarité."
 
Présidente du Mediterranean Youth Climate Network (MYCN - Maroc), Hajar Khamlichi note que "les femmes manquent de confiance en elles et sont ainsi peu crédibles auprès des bailleurs de fonds." Pour relacher ce frein, elle en appelle au lobbying et au réseautage, tout en offrant une aide technique, afin de faciliter l'accès au financement de leurs projets. Constat partagé par Chiraz Karoui, avocate tunisienne avec un passage à la Banque européenne d'investissement (BEI), qui souligne le besoin de donner plus de visibilité aux outils financiers pour l'égalité des genres.

Les nouvelles technologies pourraient aussi contribuer à changer la donne. C'est ce que semble croire Ammar Nada, président du conseil consultatif de Sunbox, groupe d'entrepreneurs à Gaza. Ammar Nada est passionné par la façon dont le Machine Learning et la Block Chain pourraient contribuer à l'autonomisation économique.

"Donner plus de pouvoir aux femmes se traduit par une meilleure éducation et une meilleure santé des enfants et en particulier des filles. Ceci conditionne le développement économique", note Patricia Augier. "Les exemples de jeunes et de femmes qui dirigent, accompagnent et financent des projets à fort impact économique et social en Méditerranée sont nombreux. Ces "Change Makers" soutiennent leurs communautés, leurs entreprises, leurs industries et créent des émules... Elles méritent tout le soutien que  l'on peut leur offrir", conclut Constantin Tsakas.

Vendredi 20 Décembre 2019


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