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Donald Trump défie le monde musulman avec le transfert de son ambassade à Jérusalem




L'ambassade des Etats-Unis à Tel Aviv promise à un transfert à Jérusalem (photo : DR)
L'ambassade des Etats-Unis à Tel Aviv promise à un transfert à Jérusalem (photo : DR)
ISRAËL / ETATS-UNIS. Il l'a fait ! Donald Trump a décidé, mercredi 6 décembre 2017 en début de soirée, de transférer l'ambassade des États-Unis de Tel Aviv à Jérusalem. "Mon annonce marque le début d'une nouvelle approche étape dans le conflit entre les Israélien et les Palestiniens... Il est temps d'officiellement reconnaître Jérusalem comme capitale d'Israël", a déclaré le président américain. "Israël est un État souverain et comme toutes les nations souveraines, Israël a le droit de déterminer sa propre capitale... C'était la condition nécessaire pour conclure la paix.... Notre nouvelle ambassade à Jérusalem sera une contribution pour la paix. Les États-Unis veulent un accord qui soit acceptable par les deux parties."

Tous les six mois depuis novembre 1995, ses prédécesseurs signent une dérogation pour repousser l'application d'un décret (le Jerusalem Embassy Act) prévoyant le transfert de leur ambassade à Jérusalem. Cette fois-ci, le locataire de la Maison Blanche a bien aussi parapher ce document, comme il l'avait fait le 1er juin 2017. Mais il a demandé dans le même temps au département d'État de préparer le déménagement qui devrait prendre plusieurs années.

Voici quelques jours pourtant, les pays musulmans, Ligue arabe en tête qui a demandé mercredi 6 décembre 2017 une réunion urgente de ses ministres des affaires étrangères, exhortaient le président américain de ne pas aller au bout de sa promesse électorale et de ne pas attiser les tensions entre Israéliens et Palestiniens. Le président turc Recep Tayyip Erdogan a prévenu : "M.Trump, Jérusalem est une ligne rouge pour les Musulmans." et d'ajouter le lendemain "une telle mesure ne servira qu'à faire le jeu des groupes terroristes." C'est aussi l'avis Abdallah de Jordanie pour qui "ignorer le droit des Musulmans, des Palestiniens et des Chrétiens de Jérusalem ne fera que nourrir l'extrémisme et saper la guerre contre le terrorisme."
Le roi Salman d'Arabie saoudite parle d'un "pas dangereux", risquant de provoquer "la colère des Musulmans" et la Jordanie d'"une démarche aux conséquences graves" tout en alertant sur les risques d'escalade. Mohammed VI, roi du Maroc, avoue sa "profonde préoccupation" et la "grande inquiétude des États et peuples arabes et musulmans", soulignant "l'impact négatif sur les perspectives d'une solution juste et globale au conflit palestino-israélien." Benjamin Netanyahu s'est lui contenté de déclarer que "Jérusalem a été la capitale d'Israël pendant 3 000 ans."

Même le pape François a pris la parole adressant "un appel vibrant pour que tous s'engagent à respecter le statu quo de la ville, en conformité avec les résolutions pertinentes de l'Onu. Jérusalem est une ville unique, sacrée pour les Juifs, les Chrétiens et les Musulmans."

Abu Dis comme capitale palestinienne ?

Donald Trump a averti la veille de sa déclaration Mahmoud Abbas, président de l'Autorité palestinienne, le roi Abdallah II de Jordanie,
le président égyptien Abdel Fattah Al Sissi, le roi d'Arabie saoudite et le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu de l'annonce de ce transfert. Pour les Palestiniens - qui réclament Jérusalem-Est comme capitale de leur futur État, position soutenue par la quasi-totalité des pays musulmans -, la décision américaine vient jeter un pavé dans la mare des négociations actuelles. Elles sont conduites par le gendre et conseiller du président Trump, Jared Kushner, pour relancer le dialogue israélo-palestinien.Dans une déclaration au siège de l'Otan à Bruxelles,  mercredi 6 décembre 2017, Rex Tillerson, ministre américain des Affaires étrangères, indique "continuer à croire qu'il existe une très bonne opportunité de faire la paix et le président a une équipe totalement dédiée à cela."
L'Autorité palestinienne estime, elle, que le sort de Jérusalem ne peut être résolu que par un accord de paix.

Après l'annexion de Jérusalem-Est par les Israéliens en juin 1967 (condamnée internationalement) au sortir de la guerre des Six Jours, une trentaine de pays disposant d'une ambassade à Jérusalem avaient plié bagages pour se rapatrier à Tel Aviv. Les États-Unis vont donc être le seul Etat au monde à implanter sa représentation diplomatique à Jérusalem.

A noter que le roi d'Arabie saoudite aurait proposé aux Palestiniens, dans le cadre des négociations avec les États-Unis sur le plan de paix, de revendiquer Abu Dis comme capitale. Cette petite ville de banlieue au Sud-Est de Jérusalem est située à l'extérieur de l'actuelle barrière de sécurité israélienne et se trouve même en dehors du futur périmètre d'extension de cette dernière.




Mercredi 6 Décembre 2017



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Roland Lombardi, consultant indépendant, associé au groupe d'analyse de JFC Conseil

 









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