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Des réseaux sociaux « made in France » pallient les manques de Facebook


FRANCE. Maresidence.fr, mesbonnescopines.com et carenity.com illustrent une nouvelle génération de réseaux sociaux ancrés dans la vie réelle. Basés en France et très créatifs, ils s’appuient sur des modèles économiques originaux.



Charles Berdugo, patron de ma-residence.fr (photo DR)
Charles Berdugo, patron de ma-residence.fr (photo DR)
FRANCE. Pendant longtemps, Charles Berdugo a du convaincre : « Non, Facebook ne pourra pas tout faire ». Aujourd’hui, les limites du modèle américain sont clairement posées, et l’entrepreneur, qui a fondé et dirige ma-residence.fr, un réseau social de proximité, séduit les donneurs d’ordres publics.

« Ce sont les mêmes technologies, mais au service du lien social dans la vie réelle », explique-t-il. Réseau convivial de solidarité entre voisins, ma-residence.fr se positionne aussi comme une plate-forme d’information de proximité. « Tout le monde y participe, les voisins, la ville, les commerçants, les associations, que l’on recherche une information sur son quartier, un échange de service, ou que l’on souhaite simplement partager un projet pour son immeuble », détaille le site.

Testé d’abord à Evry puis à Longjumeau (région parisienne), le réseau a été déployé à Marseille en février 2013 et le sera prochainement à Bordeaux. Les communes, et bientôt les Conseils généraux, payent des abonnements pour pouvoir y diffuser une information très ciblée auprès de leurs administrés. « Pour les Départements, la question n’est plus de savoir si ils vont communiquer sur un réseau social, mais quelles sont les applications –développement durable, maintien des personnes âgées à domicile, qu’il faut commencer par mettre en place », reprend le président de ma-residence.fr. Charles Berdugo souffle avoir également « des contacts très avancés » avec des opérateurs télécom et de la logistique, intéressés pour « adresser à l’échelle d’un immeuble de l’information concernant les habitants. »

Son projet, qui remonte à 2007, a été financé par un tour de table, réalisé dès les débuts auprès de quinze entrepreneurs français, pour un montant non communiqué mais qui « dépasse de beaucoup les 10 M€ ». Si la société reste très discrète sur ses prévisions en terme de chiffre d’affaires, elle annonce dix millions de foyers français utilisateurs dans moins de trois ans. Ses trente salariés se trouvent en région parisienne, où il poursuit les recrutements (consultants seniors actuellement). Ma-résidence.fr va ensuite s’exporter, à la faveur d’une nouvelle levée de fonds, vers la Grande Bretagne et l’Allemagne, l’Europe du Sud faisant partie des cibles à moyen terme.

Un réseau pour les superwomen du quotidien

Florence Haxel et Thierry Rousseau, fondateurs de mescopines.com (photo DR)
Florence Haxel et Thierry Rousseau, fondateurs de mescopines.com (photo DR)
La solidarité, pivot du projet de Charles Berdugo, imprime également le sens du projet mesbonnescopines.com de Florence Haxel et Thierry Rousseau. Leur réseau social, bâti en SAS, s'adresse aux femmes, et plus spécialement à toutes les « superwomen qui jonglent avec le quotidien ».

« Nous avons toutes un ou plusieurs talents, que nous en ayons fait notre job ou pas. Ici, toutes les bonnes copines proposent gratuitement : coaching, expériences, conseils, services…. Pour avoir les conseils d'une déco ou d'une super maman, se faire coacher pour sa boîte, jogger avec une athlète, découvrir la compo florale avec une pro…», expose Florence Haxel. Un service rendu donne droit à une bise, qui pourra être utilisée pour un autre service et ainsi de suite. « C’est une solidarité de plaisir plutôt qu’une solidarité morale », souligne Florence Haxel, puisque les offres de services sont nettement plus nombreuses que les demandes.

Sur son réseau social, pas de bandeau publicitaire, mais des partenariats qui sollicitent les membres, avec par exemple, la participation à des sondages sur la base du volontariat…. Et ça marche ! Partis avec de la love money, mesbonnescopines.com a lancé une levée de fonds sur www.anaxago.com , une plateforme de crowdfunding pour un montant de 200 K€. En 2013, le but est le développement de la base avec 50 000 bonnes copines à la fin de l'année et la mise en place d'une force commerciale et de nouvelles options sur le site. En 2014, les bonnes copines parleront anglais grâce au lancement d’une version dans cette langue. 2 M€ de chiffre d’affaires sont attendus en 2015.

Une clientèle d'abord francophone

Michaël Chekroun, le fondateur de Carenity.com, suit un parcours parallèle. Comme Florence Haxel, il s’agit de sa première création d’entreprise. Parti seul, avec un appui « friends & family » au capital, il a accueilli un business angel de référence connaissant bien le marché de l’E. santé, qui a investi « un ticket significatif fin 2012. »
« Une autre levée de fonds aura lieu fin 2014 pour accélérer le développement en France et s'ouvrir aux principaux marchés européens : Grande-Bretagne, Allemagne, Espagne et Italie », explique-t-il.

Son métier, pourtant, demeure bien loin de mesbonnescopines.com. Carenity s’adresse aux personnes concernées par une pathologie chronique. Ce site fédère à la fois les patients et leurs proches : famille, conjoint, amis, aidants, etc. « Carenity met gratuitement à la disposition de ses membres une information médicale de qualité, des espaces communautaires sécurisés et des applications personnalisées de suivi de sa maladie », précise-t-il.

À ce jour 41 communautés de patients, -diabètes de type 1 et 2, sclérose en plaques, maladie de Crohn, dépression, troubles bipolaires, fibromyalgie, polyarthrite rhumatoïde, pondylarthrite ankylosante... – existent et l’objectif est de couvrir les 80 maladies chroniques recensées par l’OMS (Organisation mondiale de la santé). Carenity fonctionne pour le moment avec un public francophone : « 10% de nos 15 000 membres proviennent du Québec, de Suisse de Belgique, mais aussi du Maroc, Tunisie, Algérie, Liban ou Israël». Au niveau des ressources, il travaille avec des laboratoires pharmaceutiques pour la réalisation d'études de marché à partir d'enquêtes en vie réelle anonymes. « Nous proposons également nos services à des instituts d'étude et des sociétés spécialisées dans les études cliniques (CROs)», indique Michaël Chekroun. Le sponsoring de rubriques à des acteurs de la santé fait partie du modèle, « notamment aux mutuelles et assurances santé qui souhaitent véhiculer un message de prévention et d'éducation à une cible hautement qualifiée de personnes concernées par des maladies chroniques. » D'autres services se trouvent en cours de développement, notamment des applications mobiles « très innovantes ». L'objectif est de dépasser le million d'euros de CA fin 2014, seuil qui devrait permettre d’atteindre la rentabilité.


Amandine Place


Mardi 19 Mars 2013



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