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Des réactions mitigées après l'élection du nouveau président algérien


Les réactions se poursuivent après l'élection d'Abdelmadjid Tebboune au premier tour de l'élection présidentielle algérienne. Plutôt enthousiastes au sud de la Méditerranée et très centrée sur les revendications algériennes au nord.


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Des réactions mitigées après l'élection du nouveau président algérien
ALGÉRIE. Les réactions se poursuivent après l'élection d'Abdelmadjid Tebboune, vendredi 13 décembre 2019 suite au scrutin de la vieille, au premier tour de l'élection présidentielle algérienne avec 58,15% des voix et 60% de taux d'abstention. La rue, opposée à ce vote, continue de bouillonner avec une nouvelle manifestation, la quarante-troisième, vendredi 13 décembre 2019.

Alors qu'il sera officiellement intronisé dans la semaine, le nouveau président de soixante-quatorze ans "tend la main au Hirak", ce mouvement de protestation né le 22 février 2019 après l'annonce d'Abdelaziz Bouteflika de briguer un cinquième mandat, avec une offre de "dialogue afin de bâtir une Algérie nouvelle." Dans ce discours, lundi 16 décembre 2016, Abdelmadjid Tebboune évoque également sa volonté de mener des consultations pour établir une nouvelle constitution, précisant qu'elle sera soumise à un référendum.

De son côté, l'homme fort du pays, le chef d'état-major de l'armée algérienne, le général Ahmed Gaïd Sallah, en est allé d'un emphatique "Je tiens à exprimer à tous les fidèles citoyens du peuple algérien (....) les plus hautes marques de considération, de gratitude et de reconnaissance pour leur participation massive dans cette importante échéance électorale et leur choix réussi, en toute transparence, intégrité et conscience de monsieur Abdelmadjid Tebboune." Montrant par là-même le soutien de l'armée au nouvel élu, il rappelle "les efforts que l'Armée Nationale Populaire a consenti et ne cesse de consentir, suivant un plan stratégique étudié qui a pris en considération la préservation des institutions de l’État et la protection des édifices publics et des biens des citoyens, outre l’accompagnement clairvoyant de la justice et la sécurisation des marches pacifiques, dix mois durant, en veillant à ce qu’aucune goutte de sang ne soit versée".

Les chefs d'Etat arabes félicitent le nouvel élu

A l'étranger, les chefs d'Etat arabes ont été les plus enthousiastes, comme l'Egyptien Abdel Fattah al-Sissi le félicitant de "la confiance que met en lui le peuple algérien", le roi Abdallah II de Jordanie l'appelant à "renforcer les relations fraternelles", ou encore Mohamed VI ouvrant la porte à une meilleure entente entre le Maroc et l'Algérie, alors que la frontière entre les deux pays est fermée depuis 1994 et le conflit du Sahara occidental. Le Roi du Maroc "réïtère son précédent appel pour ouvrir une nouvelle page dans les relations entre les deux pays voisins, sur la base de la confiance mutuelle et du dialogue constructif".

Autre voisin de l'Algérie, aux relations plus apaisées, Kaïs Saïed, le nouveau président tunisien a adressé "ses voeux de réussite" et indiquer sa "volonté d'impulser la coopération entre la Tunisie et l'Algérie et d'ouvrir de nouveaux horizons de manière à réaliser les aspirations des deux peuples frères et leur espoir de construire un avenir commun." Dès son élection en octobre 2019, Kaïs Saïed avait préciser que son premier déplacement officiel à l'étranger se déroulerait en Algérie.

Le président algérien refuse de répondre à son homologue français

De l'autre côté de la Méditerranée, le ton reste plus modéré et plus orienté vers les troubles sociaux. Le gouvernement espagnol dit espérer "continuer d'approfondir ses relations avec l'Algérie dans cette nouvelle étape de réformes qui satisferont les aspirations légitimes du peuple algérien et assureront la stabilité du pays". Tandis que Luigi Di Maio, ministre italien des Affaires étrangères, retient "l'engagement (du nouveau président) pour répondre aux attentes du peuple algérien, auquel nous confirmons notre proximité dans une phase importante de son histoire".

Depuis Bruxelles, Emmanuel Macron a "pris note de l'annonce officielle que M.Tebboune a remporté l'élection présidentielle algérienne dès le premier tour". Sans le féliciter, en se contentant de dire "je n'ai pas là où je suis et en ma capacité, à commenter ou à donner des bons ou des mauvais points, ou à faire des pronostics". Le président français indique qu"il appartient aux Algériens de trouver les voies et moyens dans le cadre d'un véritable dialogue démocratique. Je leur dis, avec respect et amitié, que dans ce moment crucial de leur histoire, la France se tient à leurs côtés." Emmanuel Macron ajoute, "je souhaite simplement que ces aspirations exprimées par la peuple algérien trouvent une réponse dans le dialogue qui doit s'ouvrir entre les autorités et la population."

Son désormais homologue algérien a refusé de lui répondre se contentant de déclarer lors d'une conférence de presse, "Je ne le reconnais pas. Moi, j'ai été élu par le peuple algérien et je ne reconnais que le peuple algérien." Durant sa campagne électorale, Abdelmadjid Tebboune s'était plaint d'"une ingérence du chef de la diplomatie française dans la crise algérienne. Je suis Algérien comme ces 45 millions d'Algériens qui n'acceptent pas qu'un Etat s'immisce dans nos affaires internes, car nous ne nous mêlons pas des affaires d'autrui." Et d'enfoncer le clou à l'époque  : "Ne me donnez pas votre avis ! Occupez-vous de votre pays des gilets jaunes ou autres, mais pas de l'Algérie."

Prendre acte sans félicitation

Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian a d'ailleurs "pris acte de la victoire de M.Tebboune". "Nous pensons que l'Algérie vit un moment crucial et qu'elle passe à une nouvelle phase de son histoire (...) la France n'a qu'un souhait, et ce n'est pas du tout un souhait diplomatique, c'est que la poursuite de la transition démocratique puisse se faire, dans le respect de la souveraineté algérienne", poursuit-il.

Même tonalité chez Josep Borreli Fontelles, nouveau Haut-Représentant pour les affaires étrangères et la politique de sécurité de l'Union européenne, a dit "prendre acte des résultats provisoires de l’élection présidentielle en Algérie, ce pays ami et voisin de l’UE. J’espère que cette élection ouvrira une nouvelle page, permettant de répondre à la profonde volonté de changement que les Algériens expriment depuis février dernier." En mai 2019, une résolution du Parlement européen demandait aux autorités algériennes de mettre un terme à la répression du Hirak et à avancer sur le chemin de la démocratie.

Lundi 16 Décembre 2019

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