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Des pistes pour réduire le coût du transfert de l'argent des migrants


Comment « Réduire les coûts de transfert d'argent des migrants et optimiser leur impact sur le développement », était le thème d'un séminaire organisé mardi 21 février 2012 à Bercy, siège du ministère français de l’Économie et des Finances, où se sont retrouvés quelque deux cent représentants du secteur, dont un tiers sont venus du Maghreb et de la Zone Franc.


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Henri de Raincourt, ministre chargé de la Coopération, lors de son propos liminaire. (Photo Alfred Mignot)
Henri de Raincourt, ministre chargé de la Coopération, lors de son propos liminaire. (Photo Alfred Mignot)
EUROPE / MAGHREB. La réduction des coûts des transferts des migrants est un enjeu de taille, car ils se sont élevés à 245 mrds € dans le monde en 2011, soit plus du double que l'aide mondiale au développement (environ 97 mrds € en 2010, source OCDE) et, dans une vingtaine de pays, ils atteignent plus de 10 % du PIB.

D'où l'organisation à Paris, mardi 21 février 2012 au siège du ministère français de l’Économie et des Finances, d'un séminaire avec comme thème «réduire les coûts de transfert d'argent des migrants et optimiser leur impact sur le développement ». Cette réunion a rassemblé deux cent représentants du secteur, dont un tiers sont venus du Maghreb et de la Zone Franc.

Selon les prévisions, les transferts atteindront le niveau de 400 mrds € en 2014. « Ils représentent donc un enjeu et un impact déterminants », souligne Henri de Raincourt, ministre français chargé de la Coopération, lors de son propos liminaire en ouverture du séminaire de restitution des conclusions d'une étude sur le sujet.

Dans les pays de réception, les transferts sont utilisés pour la consommation courante – nourriture, accès aux soins… – mais aussi pour réaliser des investissements. Les transferts contribuent ainsi à ce que les experts du G20 qualifient de « finance inclusive ».

Les vertus contra-cycliques des transferts

Évoquant le cas de l'Afrique, qui, selon les statistiques officielles, a reçu 30 mrds € en 2010, Kamal Elkheshen, vice-président de la Banque africaine de développement, (BAD) pense que « le montant réel des fonds est beaucoup plus important », du fait de l’économie informelle et de la circulation d'argent « dans les valises ». Ainsi, les transferts représenteraient la deuxième source de recettes du continent, et, commente encore Kamal Elkheshen, jouent un rôle contra-cyclique désormais attesté – les transferts émis par les migrants vers leur pays d'origine augmentent en période de difficultés économiques ou politiques.

Driss Farès, secrétaire général de l'Union des banques maghrébines, indique lui aussi « l'importance stratégique des transferts pour nos économies (…) Au Maroc, la vitesse de croisière des transferts représente 7 mrds $ (5,2 mrds €) par an. Et encore faut-il remarquer qu'il s'agit là d'une épargne défiscalisée, prélevée sur les économies riches. De plus, dans le calcul des transferts des migrants, les statistiques n'intègrent pas les billets de banque touristiques. Enfin, les statistiques ne mesurent pas les envois de fonds des Français d'origine marocaine – puisqu'ils ne sont plus des migrants – et la difficulté de quantifier les transferts en provenance d'Allemagne est tout aussi grande, puisque la double nationalité y est interdite ».

On l'a compris : les chiffres officiels ne traduisent que partiellement l'importance considérable des flux. Reste que les flux « formels » ont un coût considéré trop élevé – jusqu'à 10, voire 15 euros pour 100 euros envoyés – et que le Sommet du G20 de novembre 2011, tenu à Cannes sous présidence française, s'est engagé à faire réduire de moitié ou plus (soit à 5 % de la somme envoyée) d'ici à 2014, ce qui générerait un surplus de disponibilité au bénéfice des pays récipiendaires.

Objectif : ramener les coûts à 5 % des sommes transférées

Les séminaires organisés mardi 21 février 2012 à Bercy sur ce thème s'appuyaient sur une étude commanditée par la Banque africaine de développement et l'Agence française de développement. Réalisée par l'association « Épargne sans frontière », l'étude présente des recommandations visant à réduire les coûts des transferts et à renforcer leur impact sur le développement des pays récipiendaires.

Ces recommandations visent en particulier l'amélioration de la bi-bancarisation (par l'action coordonnée des banques entre pays émetteur et pays de destination des fonds du migrant) ; la réduction des envois informels ; la facilitation réglementaire des transferts ; la mise en place de conditions favorables à l'entrée sur le marché de nouveaux acteurs ; le développement de la monétique et de l'e-banking ; la levée des clauses restrictives de concurrence, ou encore le développement des capacités des institutions de microfinance, etc...

L'examen de ces recommandations pourrait être inscrit à l'ordre du jour de la réunion des ministres des Finances de la zone franc, en avril 2012, tandis que les ateliers de clôture de ces travaux sont d'ores et déjà programmés à l'automne 2012.
 

Mercredi 22 Février 2012

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