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Des experts internationaux réunis à Valencia mettent en garde contre l’essor des néofascismes en Europe

Par Jean-François Coustillière, membre-rapporteur du Conseil consultatif de la FACM



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(photo : F.Dubessy)
(photo : F.Dubessy)
La Fondation Assemblée des Citoyens de la Méditerranée (FACM) a réuni vendredi 14 et samedi 15 septembre 2018, à Valencia (Espagne), son Conseil consultatif composé d’experts venant de Syrie, d’Israël, de Palestine, de Grèce, de Turquie, du Maroc, d'Algérie, d'Albanie, de France, d'Italie et d'Espagne afin d'effectuer une évaluation de la situation dans les pays de la région. Au cours de ces travaux, il a été plus particulièrement souligné les problèmes relatifs aux libertés et aux droits humains.


Les analystes ont mis en évidence que le continent européen connaissait une période de régression privilégiant un retour vers des systèmes autoritaires, lesquels ne trouvaient pas, en ce moment, d’opposition suffisante dans les politiques de l’Union européenne.
«  La crise migratoire marque l’agenda européen et alimente les totalitarismes. L’opposition à cette montée du fascisme est uniquement interne. Les partis d’extrême droite, qui s`opposent à la politique communautaire de l’Union européenne et notamment aux dispositions de « frontières ouvertes », ne rencontrent pas d’opposition ferme de la part de l’Union. Même la Turquie, avec trois millions et demi de réfugiés, qui a eu jusqu’à présent une politique de portes ouvertes, est en train de construire un mur à la  frontière avec la Syrie, empêchant l’approvisionnement d’aide humanitaire terrestre à la population, alors que le conflit se poursuit » comme l’indique l’experte en relations internationales de l’université ISTINYE (Istanbul), Aylin Ünver Noi.

La Méditerranée, un cimetière plus qu'une "mer de paix"

Parmi les présents, se trouvait l’écrivain  Michel Warschawski, président du Centre alternatif d’ information (Tel-Aviv) et acteur du pacifisme israélien, qui a déclaré : « face à cette évidente régression dans tout l’espace euro-méditerranéen, nous ne pouvons que réorienter la stratégie vers la résistance citoyenne fondée sur les valeurs du respect de la diversité. »

L’expert franco-syrien, Salam Kawakibi, directeur du centre d’analyses Arab Reform Initiative,  a insisté sur le fait que la crise humanitaire à Idlib, le bastion rebelle où se déroulent les derniers affrontements militaires en Syrie, a des conséquences pour l’Union européenne.  «  L’Union Européenne n'a pas un rôle significatif dans le problème de la Syrie, mais la situation la touche directement. Elle adopte l’attitude de "payer et ne rien faire". Elle devrait plutôt prendre position face à la Russie et intercéder pour éviter la catastrophe humanitaire qui s'abat sur Idlib. C’est comme cela qu’elle pourrait vraiment déjouer une nouvelle crise de réfugiés et sortir du simple rôle de financement de l’aide humanitaire et de la reconstruction. »

« La situation sociopolitique et économique actuelle dans la zone a un dénominateur commun : la crise. Les affrontements militaires en Méditerranée orientale, la montée de l’extrême droite dans les pays occidentaux, les flux migratoires et la crise des réfugiés dans toute la région sont en train de générer un problème de coexistence dans la région euro-méditerranéenne et transforme le Bassin méditerranéen en cimetière plus qu’ en une "mer de paix"», a souligné le président de la Fondation ACM et ex-eurodéputé, Vicent Garcés. Il a insisté sur le fait que « ces graves problèmes doivent être traités à leur origine par des actions de coopération, de développement et de solidarité. »

La Fondation ACM favorise et défend les valeurs démocratiques de liberté, de paix, de respect de la diversité et de l’environnement en Méditerranée.

Mercredi 19 Septembre 2018





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