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De l’importance d’une coopération renforcée en santé en Méditerranée

Par Macarena Nuno, chef de projet à l'Ipemed



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De l’importance d’une coopération renforcée en santé en Méditerranée
MÉDITERRANÉE. Améliorer l’accès à des soins de santé de qualité pour tous au moindre coût, dans un contexte de ressources financières, voire humaines, restreint : voilà l’équation que les pays du Nord et du Sud de la Méditerranée sont contraints de résoudre.


Les transitions démographiques, épidémiologiques, organi­sa­tion­nelles et démo­cra­tiques en cours poussent les pays du Maghreb à mettre en place des réformes structurelles importantes. La crise économique et sociale, la lente reprise de la croissance, la diminution du nombre d’actifs couplée avec le vieillissement de la population, obligent les pays du Nord de la Méditerranée (surtout les pays de l’Europe du Sud) à questionner leur modèle également.


Le renforcement des coopérations dans la région, et plus particulièrement en Méditerranée occidentale, peut contribuer à trouver des réponses communes à des défis partagés. C’est tout l’intérêt du Dialogue 5+5, cadre informel de coopération lancé en 1990, qui prend de l’ampleur ces dernières années peut-être en raison de sa souplesse et de l’implication d’un nombre plus restreint des pays (5 pays du Nord : Portugal, Espagne, France, Italie, Malte et 5 du Sud : Mauritanie, Maroc, Algérie, Tunisie, Libye), par rapport à d’autres dynamiques régionales à l’œuvre.


Une santé à deux vitesses

Dans le domaine de la santé, le Dialogue 5+5 n’est pas encore officiel – pas de réunion des ministres sectoriels concernés-, mais cela n’a pas empêché les agents ministériels locaux de se réunir, de partager un diagnostic, d’identifier des sujets d’intérêt commun et de commencer les échanges d’expériences. Histoire de préparer le terrain et être prêts pour le lancement de cette nouvelle coopération ; ce qui ne devrait pas trop tarder.
 

Production et législation du médicament et, plus concrètement, du générique, pharmacovigilance, innovation et biotechnologie médicale, sécurité sanitaire et, bien sûr, financement des systèmes de santé et mise en place d’une couverture sanitaire universelle sont quelques-uns des sujets mis en avant.


Et cela urge, car en attendant la formalisation de cette coopération, les pays cherchent des succes stories ailleurs. Pour preuve, le symposium international sur la couverture sanitaire universelle organisé par le Maroc en mars dernier. Deux jours d’échange pour réfléchir aux améliorations du dispositif Ramed (régime d’assistance médicale pour les populations démunies), trois ans après sa généralisation. Et comme intervenants, aux cotés des organisations internationales (OMS, UE), des experts du Brésil, de la Thaïlande, de la Turquie et du Mexique qui présentent des expériences pouvant amener à une prise en charge des malades différenciée en fonction des ressources, avec un panier de soins restreint. Une santé à deux vitesses en quelque sorte.


Étant donné les défis à relever, les similarités des systèmes de santé maghrébins et les complémentarités qui pourraient être développées en Méditerranée occidentale, une coopération renforcée dans le domaine de la santé couplée avec une volonté politique forte pourrait aboutir à des systèmes de santé refondés, davantage solidaires, permettant une prise en charge de qualité et une égalité dans l’accès aux soins pour tout au moindre coût.


Vendredi 3 Juillet 2015






1.Posté par Haim Dimermanas le 07/07/2015 15:36
Bonjour,

Le partage des données de santé et leur confidentialité est un sujet délicat d'un point de vue de la CNIL, ne serait-ce que pour ce qui concerne les intervenants franco-français. Lorsque des données de santé sortent vers des pays situés en dehors de l'Union Européenne, elles doivent obligatoirement être anonymisées, ce qui est incompatible avec un suivi médical sur plusieurs pays.


Haïm Dimermanas
Directeur des Systèmes d'Information
Cosem Centres de Santé

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