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Cinecittà dans le décor ?



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Se serrer la ceinture, diète, régime minceur, maigrir...
A force de paraboles diététiques pour dire les cures d’austérité qui s’abattent sur l’Europe du sud, ça devait arriver...

Dans cette hystérie anorexisante, il ne faut pas s’étonner de voir des institutions prendre les injonctions au pied de la lettre.

Prenez l’Italian Entertainment Group (IEG). Le nom de cette société ne vous dit rien ? C’est elle qui gère, depuis 2007, Cinecittà, les studios romains de cinéma où furent tournés quelques uns des plus grands chefs d’œuvre du cinéma transalpin (8 et demi, La dolce vita, Mort à Venise, Les Vitelloni...) et mondiaux (Ben-Hur, Cléopâtre, Le Parrain, Gangs of New York...). 

Confrontée à une baisse de ses activités, cette société dont l’Etat Italien détient 20% des parts a décidé de céder une partie du foncier à des promoteurs privés. Ces fringants investisseurs qui ne font pas de cinéma envisagent de créer un complexe hôtelier haut de gamme avec tout l’arsenal « 5 stelle » à même de cajoler les touristes high cost, notamment un centre de fitness... Un Spa où les clients, non contents de soulager leur portefeuille, pourront en plus alléger leur silhouette...

On imagine déjà le nom des cures proposées : - 8 kg et demi, La dolce vita, Mort aux lipides, Bellissima, le régime Casanova, Et pour quelques grammes de moins, Et vogue la cellulite, Il était un foi dans l’ouest, Il était un foi en Amérique, Le voleur de bicyclette transpire, Les damnés du dîner, Sans pain ni chocolat, Rocco et ses frères de diète, etc...

Ce projet a évidemment suscité une levée de bouclier des cinéastes et des syndicats de techniciens. Alertés par Ettore Scola, les réalisateurs français sont venus au soutien. Dans une pétition, près de 200 auteurs rangés derrière des têtes d’affiche comme Michel Hazanavicius, Costa Gavras, Claude Lelouch, Bertrand Tavernier... rappellent la place patrimoniale du lieu dans la culture mondiale : « Est-il urgent de détruire ce lieu inséparable du cinéma de Fellini, Visconti, Comencini, Lattuada, entre autres, pour construire un centre de fitness ? Maigrir aux dépens du patrimoine et de la culture, tout un symbole : même sous Berlusconi, ils n'avaient pas osé ! ».

Convoquer Silvio Berlusconi n’est pas anodin. L’empire audiovisuel de l’ancien chef du gouvernement fut le grand fossoyeur de l’industrie cinématographique italienne...
Une industrie dont Cinecittà constitue l’un des derniers vestiges. Un vestige qui s’accommode mal du néo-réalisme économique actuel... 

Jeudi 12 Juillet 2012

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