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Cent ans après la Déclaration Balfour, le conflit israélo-palestinien n'est pas réglé


Les bougies du gâteau d'anniversaire de la Déclaration Balfour, pourtant centenaire, ne seront pas soufflées par tous. Certains la considèrent comme le premier pas sur le chemin menant à la création de l'Etat d'Israël. D'autres comme le premier acte du conflit israélo-palestinien. Les deux n'étant pas incompatibles. Cette fameuse lettre du lord britannique préfigurait pourtant, en filigrane, une solution à deux États.


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La déclaration Balfour, premier pas vers un Etat israélien (photo : DR)
La déclaration Balfour, premier pas vers un Etat israélien (photo : DR)
ISRAËL / PALESTINE. "Le Gouvernement de Sa Majesté envisage favorablement l'établissement en Palestine d'un Foyer national pour le peuple juif et emploiera tous ses efforts pour faciliter la réalisation de cet objectif, étant clairement entendu que rien ne sera fait qui puisse porter atteinte soit aux droits civils et religieux des collectivités non juives existant en Palestine, soit aux droits et au statut politiques dont les Juifs disposent dans tout autre pays."

2 novembre 1917, le ministre britannique des Affaires étrangères Lord Arthur Balfour adresse une lettre ouverte à Lord Lionel Walter Rothschild, financier du mouvement sioniste. Elle est entrée dans l'histoire comme la Déclaration Balfour. Publié dans le Times de Londres le 9 novembre 1917, ce courrier marque la première étape de la création de l'État d'Israël. La Palestine se trouvait alors occupée par le Royaume Uni, lequel venait de chasser l'Empire ottoman durant la première guerre mondiale. Le territoire passera sous mandat britannique en 1922 avec des frontières redéfinies.

En 1895, le 7e congrès international sioniste choisissait définitivement la Palestine pour implanter son État, cette lettre venait donc appuyer la revendication.

Cent ans après...

Cent ans après la Déclaration Balfour, la première partie, "l'établissement en Palestine d'un Foyer national pour le peuple juif ", a été traduite dans les faits. L'État d'Israël est né le 14 mai 1948, lors de la proclamation de son indépendance, au dernier jour du mandat britannique. Le 15 mai 1948, il est reconnu par les États-Unis et l'URSS mais pas par les voisins arabes.

En revanche, la seconde partie du texte, "rien ne sera fait qui puisse porter atteinte soit aux droits civils et religieux des collectivités non juives existant en Palestine" est restée ... lettre morte.

En novembre 1947, voici donc soixante-dix ans, l'Assemblée générale des Nations unies détermine pourtant un plan de partage (résolution 181) comprenant un État juif et un État arabe. Jérusalem devient une zone internationale. Quelques mois plus tard, le 23 septembre 1948 à Gaza, le Haut comité arabe palestinien, fondé en 1936 et mis hors la loi en 1937 par les Britanniques, proclame la formation du gouvernement arabe de toute la Palestine.

Deux guerres plus loin (1967 dite des Six Jours et 1973 dite du Kippour) et une paix avec l'Egypte en novembre 1977, victorieux, l'État d'Israël règne sur les territoires prévus par le plan de partage. Plus quelques prises de guerre (désert du Neguev, nord de la Galilée, Jérusalem-Ouest) situées sur les terres dévolues aux Arabes par le même texte. En tout 26 % de surface en plus par rapport à la résolution onusienne. Dans les territoires occupés débute, dès juillet 1967, l'implantation de colonies israéliennes dont l'importance aujourd'hui rend difficile un retour à la situation antérieure.

Réconciliation entre Hamas et Fatah

Cent après, le conflit israélo-palestinien continue d'empoisonner les relations entre voisins dans cette région.

Depuis la fondation en mai 1965 de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP), les Palestiniens ont aussi emporté des batailles. Surtout diplomatiques ces derniers temps. En octobre 2011, la délégation palestinienne acquiert le statut de mission permanente d'observation à l'Unesco. En novembre 2012, l'État de Palestine devient État observateur non membre à l'Onu. En avril 2015, il devient le 123e État membre de la Cour pénale internationale.

La plus grande victoire se joue aujourd'hui avec la réconciliation entre le Fatah et le Hamas intervenue le 12 octobre 2017 après un accord signé au Caire. Ceci permet à l'Autorité palestinienne de reprendre le contrôle de la Bande de Gaza. Le 1er novembre 2017, le Hamas s'est retiré des points de passage vers l'Egypte après dix ans de présence. Ces activistes ont été remplacés par des policiers de l'Autorité palestinienne. Un acte salué par Nikolaï Mladenov, coordinateur spécial des Nations unies pour le processus de paix : "Je profite de l'occasion pour rappeler à toutes les factions à Gaza l'importance de préserver la sécurité et de mettre un terme aux activités militantes qui portent atteinte à la paix et à la sécurité, aussi bien pour les Palestiniens que pour les Israéliens."

Les Palestiniens s'apprêtent enfin à parler d'une seule voix. Le 21 novembre 2017, tous les mouvements palestiniens se réuniront pour préparer la constitution d'un gouvernement d'unité. Des élections devraient se tenir en 2018. Un nouvel interlocuteur, solide, apparaîtra donc.

Deux États pour deux peuples

Cent ans après la Déclaration Balfour, c'est encore un ministre britannique des Affaires étrangères, Boris Johnson qui relance le débat. Egalement par le biais d'un texte publié dimanche 29 octobre 2017, cette fois-ci dans The Telegraph, il indique, "je n'ai aucun doute. La seule solution viable au conflit ressemble à celle qui a été initialement mise sur le papier par un autre Britannique, Lord Peel, dans le rapport de la Commission royale sur la Palestine en 1937, c'est-à-dire la vision de deux États pour deux peuples." L'esprit de Balfour souffle à nouveau à Londres.

En mai 2017, face à Donald Trump à Washington, Mahmoud Abbas a de nouveau plaidé pour "son choix stratégique d'apporter la paix reposant sur une vision à deux États. Un État palestinien avec sa capitale Jérusalem-Est qui vivrait en paix et en stabilité avec l'État d'Israël basé sur les frontières de 1967."  Quelques jours avant, ses rivaux d'alors du Hamas publiait un document politique acceptant "un État palestinien entièrement souverain et indépendant dans les frontières du 4 juin 1967, avec Jérusalem pour capitale". Alors certes, la question de Jérusalem reste posée puisque l'État d'Israël - qui considère cette ville comme sa capitale - refuse de négocier sur ce point. Même pas sur la position plus modérée du Fatah qui lui ne parle que de Jérusalem-Est. Reste que ces deux points de vue marquent une énorme avancée dans le discours palestinien, ne serait-ce que par la reconnaissance de facto d'Israël par le Hamas.

Cent après, en septembre 2017, le président de l'Autorité palestinienne, demandait des excuses officielles aux Britanniques pour avoir promis des terres dont ils n'étaient pas propriétaires. Ils ne le seront qu'en 1922 comme nous l'avons vu plus haut. En réponse, c'est l'opposition au gouvernement britannique qui appelait, quelques jours après mais sans succès, le Royaume-Uni à reconnaître officiellement l'État de Palestine. Un dédouanement en quelque sorte. Au lieu de ça, Theresa May recevra Benjamin Netanyahu à Londres pour fêter cet anniversaire lors d'un diner.

Cent après la Déclaration Balfour, c'est le mystérieux Banksy qui organisait, mercredi 1er novembre 2017, une "cérémonie d'excuses" dans son hôtel "Walled Off" situé en Cisjordanie devant et sur le mur de séparation bâti par Israël. Une cinquantaine d'enfants palestiniens, déguisés, sont venus prendre le thé en compagnie d'une fausse reine d'Angleterre. "Les Britanniques n'ont pas bien géré les choses ici. Quand vous organisez un mariage, il est préférable de s'assurer que la mariée n'est pas déjà mariée", soulignait dans un communiqué l'artiste spécialisé dans l'art urbain.


Jeudi 2 Novembre 2017

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