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COP 21 : les banques décarbonnent leurs portefeuilles


À une vingtaine de jours de la COP 21, le mouvement de désinvestissement des énergies fossiles prend de l’ampleur. Les banques sont également attendues sur l’émission d’obligations vertes et sur le financement de la transition énergétique.


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Les banques attendent la fixation d'un prix carbone (photo F.Dubessy)
Les banques attendent la fixation d'un prix carbone (photo F.Dubessy)
FRANCE. Le changement climatique est un risque pour l’ensemble de la communauté financière, qui attend beaucoup de la prochaine COP 21 à Paris (30 novembre au 11 décembre 2015). En 2014, les acteurs du secteur banque, finance, assurance, ont mobilisé près de 330 mrds$ (301 mrds€) sur des projets bas-carbone. Ces sommes restent toutefois insuffisantes au regard des enjeux. Pour répondre efficacement, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) estime qu’il faudrait mobiliser entre 800 et 1 000 mrds$ par an (730 à 912 mrds€).

« Les conditions sont réunies pour qu’il existe un engagement fort à l’issue de la COP 21, qui trace une trajectoire de réduction des émissions de l’ensemble des principales économies mondiales. Mais avec cela, il faudra l’instauration d’un mécanisme de suivi suffisamment puissant, en termes de monitoring, de reporting, indique Séverin Fischer, responsable environnement et comptabilité extra-financière à BNP Paribas. Plus précisément, nous attendons la fixation d’un prix carbone, s’appuyant sur les marchés expérimentés au Etats-Unis, en Europe et en Chine. Nous souhaitons également un mécanisme efficace du financement de la transition énergétique dans les pays du Sud, de type Fonds vert pour le climat, qui nous permettra de venir garantir les projets d’infrastructures ».

Sortir des énergies fossiles

Lire l'ensemble de notre dossier spécial  COP21

Autre sujet montant à quelques semaines de la COP 21 : le désinvestissement des énergies fossiles. Les opérateurs attendent la suppression progressive des subventions aux énergies fossiles pour favoriser en retour les énergies renouvelables. Les énergies fossiles, charbon en tête, demeurent en effet la première cause du réchauffement climatique et représentent 67 % des émissions de gaz à effet de serre.

Selon Standard & Poor’s, le charbon est un risque pour les investisseurs. Dans un rapport publié fin août 2015, l’agence de notation a noté quinze des vingt et une entreprises minières analysées à travers le monde comme investissements spéculatifs, représentant un risque important. Les placements les plus risqués concernent les centrales les moins propres, ne répondant pas aux normes environnementales en cours ou à venir.

Dans la foulée, le Fonds Ethique et Partage du CCFD-Terre Solidaire a décidé début septembre 2015 d’exclure le secteur des industries fossiles de son fonds commun de placement (FCP) socialement responsable. De son côté, la politique du groupe BNP est de plus en plus restrictive et a conduit, depuis 2011, à refuser le financement de deux centrales à charbon sur trois dans le monde, soit vingt-cinq au total, parce que ces centrales ne recouraient pas aux meilleures technologies.

Au final, le mix électrique des entreprises de production d’électricité financées par BNP Paribas (22% de charbon) est en avance par rapport à la moyenne mondiale (41% de charbon). « Nous évaluons l'impact du projet sur le mix énergétique du pays dans lequel il est implanté et vérifions qu'il n'existe pas d'alternative possible. Les clients dont le modèle économique repose trop sur le charbon sont des clients à risque. Pour des raisons environnementales et car les réglementations vont se durcir », souligne Séverin Fischer.

Depuis mai 2015, le groupe bancaire français a par ailleurs rejoint le Montréal Carbon Pledge s’engageant ainsi à mesurer et publier l’empreinte carbone de l’ensemble de son portefeuille d’investissements.

Green bonds

Les émissions vertes aussi ont le vent en poupe. D’ici fin 2015, elles devraient dépasser les 100 mrds€ (91,2 mrds€) en 2016, selon la Banque mondiale. Sur ce marché, le Crédit Agricole, pionnier, s’est fixé un objectif de 20 mrds€.

De son côté, l’Agence française de développement (AFD) a émis, en septembre 2014, un milliard d’euros d’obligations climat pour développer des projets d’efficacité énergétique, de transports propres, d’énergies renouvelables ou de séquestration de CO2. Après avoir lancé une obligation verte innovante avec la Banque mondiale, dont la performance est liée à un indice éthique sélectionné par Vigeo, BNP Paribas s'apprête, elle, à monter un autre produit avec un fond multilatéral, portant sur la forêt et dont les souscripteurs bénéficieront de rémunération en crédit REDD+ (Réduction des émissions liées à la déforestation et à la dégradation des forêts dans les pays en développement).


Mardi 3 Novembre 2015

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