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Bruxelles fait dérailler le projet de fusion entre Siemens et Alstom


Rédigé le Mercredi 6 Février 2019 à 16:15 | Lu 1435 commentaire(s)


Les arguments de la Commission européenne pour interdire à Siemens de racheter Alstom (graphique : C.E.)
Les arguments de la Commission européenne pour interdire à Siemens de racheter Alstom (graphique : C.E.)
UNION EUROPÉENNE. La décision est tombée officiellement mercredi 6 février 2019 peu avant midi. Et elle vient chambouler les plans stratégiques de deux grands de la construction de transports ferroviaires. La Commission européenne interdit le projet d'acquisition d'Alstom par Siemens. "La concentration aurait porté atteinte à la concurrence sur les marchés des systèmes de signalisation ferroviaire et des trains à très grandes vitesses", conclue-t-elle.

"Des millions de passagers en Europe comptent tous les jours sur des trains modernes et sûrs. Siemens et Alstom sont toutes deux des fers de lance de l'industrie ferroviaire. En l'absence de mesures correctives suffisantes, cette concentration aurait entraîné une hausse des prix pour les systèmes de signalisation qui assurent la sécurité des passagers et pour les futures générations de trains à très grande vitesse. La Commission a interdit la concentration parce que les parties n'étaient pas disposées à remédier aux importants problèmes de concurrence que nous avons relevés", commente Margrethe Vestager, commissaire européenne chargée de la politique de la concurrence.

Confirmant ce refus, Bruno Le Maire, ministre français des Finances, l'a qualifié d'"erreur économique" et pense que ceci "servira les intérêts de la Chine." Son homologue allemand, Peter Altmaier, a lui houspillé la Commission européenne questionnant, "n'y a-t-il pas des domaines tels que l'aviation, les chemins de fer, les banques où vous devez prendre le marché mondial comme référence plutôt que l'européen ?"

Depuis cette annonce en septembre 2017, Paris et Berlin soutiennent en effet ce rapprochement entre leurs deux fleurons qui pourraient ainsi mieux lutter contre le chinois CRRC. Alstom et Siemens avaient déjà tenté de s'allier voici trois ans.

Refus des mesures correctives

Les deux entreprises suggéraient, des transferts d'actifs sur la signalisation ferroviaire et pour le matériel roulant à très grande vitesse, de céder soit un train actuellement incapable de rouler à très grande vitesse (comme le Pendolino d'Alstom), soit une licence portant sur la technologie à grande vitesse Velaro de Siemens. Des propositions jugée insuffisantes par Bruxelles qui constate que "la licence était soumise à de multiples conditions restrictives et exceptions, qui auraient, pour l'essentiel, fait obstacle au développement, par l'acheteur, d'un train à très grande vitesse concurrent, en le privant de la capacité et des incitations nécessaires pour ce faire". En retour, Alstom et Siemens ont refusé les mesures correctives proposées par la Commission européenne.

La décision a été prise après une enquête approfondie menée après cette annonce de rachat. Cette investigation avait permis de récolter plusieurs plaintes de clients, concurrents, associations professionnelles et syndicats. Des autorités nationales de la concurrence dans l'Espace économique européen (EEE) ont fait également part de leurs observations négatives sur ce dossier.

Siemens prévoyait de mettre en commun avec Alstom leurs activités en matière de matériel et de services de transport dans une nouvelle société exclusivement contrôlée par l'industriel allemand. Plus précisément, les deux plus grands fournisseurs de systèmes de signalisation pour lignes ferroviaires et de métros ainsi que de matériel roulant en Europe auraient fusionnés.




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