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Au Sud de la Méditerranée, les institutions ne jouent pas leur rôle sur le marché de l'emploi


Dans deux études distinctes, l'Euro-Mediterranean network for economic studies (EMNES) passe au crible l'incidence de l'action des institutions sur le marché du travail. Ces enquêtes révèlent leur inefficacité à juguler le non-emploi tout comme l'économie informelle. English version


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Au Sud de la Méditerranée, les institutions ne jouent pas leur rôle sur le marché de l'emploi

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Le niveau d'éducation, s'il favorise l'emploi, ne se traduit pas par l'obtention de postes plus élevés (photo : F.Dubessy)
Le niveau d'éducation, s'il favorise l'emploi, ne se traduit pas par l'obtention de postes plus élevés (photo : F.Dubessy)
Créer un environnement favorable aux investissements étrangers ou locaux, combattre le non-emploi et les inégalités, passent par une bonne gouvernance économique et politique. Or, comme le constatent deux études* publiée par l'Euro-Mediterranean network for economic studies (Emnes), « la défaillance de l’État est omniprésente dans les pays du Sud de la Méditerranée (…) L'impact sur l'emploi des institutions reste peu clair ». Ces recherches – qui examinent les effets des politiques menées sur le marché du travail en Égypte, Jordanie, Maroc et Tunisie - pointent la faible capacité, voire volonté, de l’État à faire appliquer et « respecter la loi et l'ordre d'une manière équitable et sans discernement ».
 
Le constat demeure sévère dans ces pays où le chômage frappe particulièrement les jeunes de 15 à 24 ans (de 20,4% au Maroc à 36,1% en Tunisie en 2015) et principalement les jeunes femmes (jusqu'à 57,1% en Égypte et 56,7% en Jordanie contre 20,2% au Maroc et 35% en Tunisie) avec des taux supérieurs aux moyennes nationales.
 
Selon les auteurs, le niveau d'éducation, s'il favorise l'emploi, ne se traduit pas par l'obtention de postes plus élevés. Ce qui démontre bien l'inadéquation entre l'offre et la demande. Et renvoie donc bien aux failles des politiques en la matière.

Les institutions ne se formalisent pas de l'informel

Les travaux des économistes méditerranéens mettent en exergue l'importance des emplois informels au Sud de la Méditerranée. « L'évasion fiscale, en réduisant les recettes publiques, affaiblit la capacité du gouvernement à intervenir dans l'économie, à investir dans les biens publics et la sécurité sociale », notent les auteurs. 58,8% des Égyptiennes et 40,1% des Égyptiens sont concernés, près de la moitié des Jordaniens et des Tunisiens, alors qu'au Maroc, l'économie souterraine représenterait 43% du PIB.
 
Des chiffres attribués justement à la mauvaise pertinence ou application des lois sur le travail et des réglementations dans ces quatre pays. Ainsi, beaucoup d'entreprises privées ne signent pas de contrats avec leurs salariés pour éviter les frais de licenciement et ne pas payer les cotisations sociales. Les employés acceptent cette situation pour économiser les cotisations sociales qui grignoteraient une part considérable de leur salaire. Ils ne voient pas de bénéfice à cotiser aux systèmes de santé ou de retraite.
 
Source significative de revenus, les emplois informels sont occupés principalement par des analphabètes (30% en Égypte et en Tunisie, 6% en Jordanie), des personnes sachant juste lire et écrire ((13% en Jordanie, 5% en Égypte et 23% en Tunisie) ou n'ayant reçu qu'une éducation de base (50% en Jordanie, 41% en Tunisie et 21% en Égypte). L'économie parallèle recrute donc peu sur les niveaux de post secondaire et université et pratiquement aucun diplômé (1% en Jordanie, 0% en Égypte et en Tunisie).

Lundi 23 Avril 2018


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