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Au Maroc, le marché de l’art ne connait pas la crise


Rédigé par Christelle Marot, à CASABLANCA, le Mardi 10 Novembre 2009 - Lu 3935 fois

Le marché de l’art au Maroc est estimé à 400 millions de dirhams (35,5 M€). Un placement qui rapporte, malgré des restrictions légales à l'exportation.


Galerie d'art de la CMOOA à Rabat (photo CMOOA)
Galerie d'art de la CMOOA à Rabat (photo CMOOA)
MAROC. Estimé à 400 millions de dirhams par an (environ 35,5 millions d’euros), le marché de l’art au Maroc ne connait pas la crise.

« Il y a un tassement des prix, mais nous n’avons pas ressenti de baisse de la demande », indique Hicham Daoudi, co-fondateur de la Compagnie marocaine des œuvres et objets d’art (CMOOA) à Casablanca, première maison de ventes aux enchères apparue en 2002.

Avec cinq ventes cette année, la CMOOA table sur un chiffre d’affaires de 85 à 90 millions de dirhams (7,5 à 7,9 millions d'euros).

Envolée des prix

En 7 ans, les prix des toiles marocaines ont été facilement multipliés par 6 ou 7, estiment les observateurs.

Le boom de l’art marocain s’explique en grande partie par l’apparition de maisons de ventes aux enchères (cinq aujourd’hui) et le développement des galeries.

Jusqu’alors demandé par les institutionnels, collectionneurs particuliers fortunés, de la génération 50-70 ans, l’art plastique marocain est désormais suivi par un public plus jeune, des cadres âgés de 30 à 40 ans.

Un engouement qui correspond à une période où le Maroc s’est dopé à l’euphorie de la bourse et de l’immobilier.

De 50 000 à 100 000 dirhams (4 430 à 8 860 euros) il y a 7 ans, les œuvres les plus importantes se vendent désormais entre 500 000 et un million.

Le cas du peintre et sculpteur contemporain Mahi Binebine, la star du moment. Etabli à Marrakech après avoir évolué à New-York, il a vu sa cote exploser pour atteindre 1,5 million de dirhams (133 000 euros) lors d’une vente à la CMOOA.

Marché intérieur

« Les Marocains ne sont pas habitués à de tels prix. Jamais un artiste local, de son vivant, n’avait atteint un tel niveau. C’est un phénomène complètement nouveau», indique Tania Bennani Smires, sociologue de l’art et responsable du mécénat à l’ONA.

Parallèlement, le marché reste fort pour l’art moderne et la peinture orientaliste réalisée au Maroc, qui bat, elle, tous les records. « L’artiste le mieux vendu par notre société, c’est Majorelle. Plusieurs résultats de ventes ont atteint les 300 000 euros », confirme Hicham Daoudi.

Pour autant, en raison des barrières douanières et des restrictions à la vente -la sortie d’une œuvre d’art est soumise à l’autorisation du ministère de la culture-, le marché de l’art marocain est essentiellement un marché intérieur.

Sans cela « il pourrait atteindre 1,2 milliard de dirhams (100 millions d'euros) », estime le directeur de la CMOOA. « Le jour où les lois faciliteront son export, l’art marocain connaîtra un grand saut en terme de valeur », selon lui.















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