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Ankara prêt à lancer une attaque en Syrie contre les Kurdes sans attendre le retrait des Américains


Rédigé le Jeudi 10 Janvier 2019 à 17:16 | Lu 1456 commentaire(s)


SYRIE / TURQUIE. Les hésitations américaines commencent à agacer sérieusement la Turquie. Jeudi 10 janvier 2019, Ankara a, une nouvelle fois, réitéré sa volonté de mener une offensive sur le sol syrien (région de Manbij) contre les combattants Kurdes de l'YPG (Unités de protection du peuple). La Turquie considère ces alliés de Washington dans sa guerre contre l'Etat islamique comme une organisation terroriste pour ses liens supposés avec le PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan) jugé lui terroriste aussi par les Américains et les Européens.

Deux jours avant, Recep Tayyip Erdogan avait refusé de rencontrer John Bolton, conseiller américain à la sécurité, venu le voir en Turquie pour discuter de cette question. Ce dernier avait du se contenter de discuter avec Ibrahim Kalin, son porte-parole.

A l'annonce aussi soudaine qu'inattendue, de Donald Trump d'un retrait immédiat des quelque 2 000 soldats américains présents en Syrie le 19 décembre 2018, avait suivi plusieurs démissions dans son entourage, et des déclarations contradictoires. Les dernières en date du 6 et du 7 janvier 2019 laissent entendre que le départ de l'armée de l'Oncle Sam sera finalement plus lent à se déclencher que prévu.

La Turquie cherche le soutien des Russes et des Iraniens

A défaut d'un soutien américain, Mevlut Cavusoglu se tourne vers la Russie et l'Iran (photo : NTV)
A défaut d'un soutien américain, Mevlut Cavusoglu se tourne vers la Russie et l'Iran (photo : NTV)
Face à cette reculade, et alors qu'il avait obtenu le feu vert de Donald Trump pour son intervention, Recep Tayyip Erdogan se voit demander désormais des garanties sur la protection des Kurdes avant d'entamer tout retour. Il cherche donc d'autres soutiens pour son opération et pourrait les trouver chez les Russes et les Iraniens comme l'a précisé mercredi 9 janvier 2019 Mevlut Cavusoglu lors d'une interview à la télévision turque NTV. "Une éventuelle opération turque contre des groupes terroristes PKK/YPG à l'Est de l'Euphrate ne dépend pas du retrait des troupes américaines de Syrie (...) Nous prendrons cette décision, si le retrait est retardé au prétexte ridicule que la Turquie massacre les Kurdes, ce qui ne correspond pas à la réalité", insiste le ministre turc des Affaires étrangères.

Reste que les deux armées présentes en Syrie et avec qui il entend "coordonner son action" sont alliées au régime de Bachar al-Assad. Lequel a répondu à l'appel des Kurdes menacés par un retrait américain en déployant ses troupes dans la région de Manbij. Rien n'est simple dans la région...
Mevlut Cavusoglu s'appuierait pour les convaincre sur le processus de paix d'Astana qui rassemble depuis janvier 2017  Russie, Iran et Turquie mais pas les Etats-Unis.




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